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Les récentes déclarations de Josep Borrell sur la Russie et la Chine sont une tentative pour «tout pervertir au-delà du méconnaissable», selon le ministère russe des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie de l'UE avait précédemment déclaré que Moscou rejetait conjointement avec Pékin «les valeurs démocratiques».

Alors que Bruxelles considère ses relations avec la Russie comme étant «au point mort», Maria Zakharova, la porte-parole de la diplomatie russe, a insisté sur le fait que c’est l’Union européenne qui restait hostile.

«Dans ces déclarations [de Josep Borrell, ndlr] et dans l’évolution de la politique, nous voyons une tentative de tout pervertir au-delà du méconnaissable», a dit Mme Zakharova lors de son point de presse hebdomadaire du 1er avril.

Fin mars M.Borrell a déclaré que le «rapprochement sino-russe repose avant tout sur un rejet des valeurs démocratiques et une opposition à ce qu’ils considèrent comme une ”ingérence” dans leurs affaires intérieures» au-delà des questions économiques.

«Avec ses dernières déclarations et sanctions illégitimes à la fois contre la Russie et la Chine, c'est précisément l'Union européenne qui poursuit une ligne hostile, s'éloigne de ses voisins sur le continent eurasien, et ramène également les formulations de la guerre froide dans le vocabulaire diplomatique tout en promouvant l'archaïque pensée de blocs», a remarqué Mme Zakharova.

Un «agenda très intense» à l’Est

Ces déclarations de M.Borrell sont survenues alors que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov était en déplacement en Chine les 22 et 23 mars. Il y a prôné l’autonomie technologique des deux pays vis-à-vis de dollar et de l’euro.

M.Lavrov a également indiqué que la détérioration des relations entre la Russie et l’UE «entraîne un développement objectif plus rapide des relations avec la Chine». À l’Est la Russie a donc un «agenda très intense qui s'enrichit chaque année».

«Position de confrontation»

Ce même 22 mars, l’UE a sanctionné six officiels russes de haut rang responsables selon Bruxelles de graves violations et abus des droits de l’Homme. M.Borrell a estimé que «la Russie a pris une position de confrontation vis-à-vis de l’Union européenne».

«La Russie dérive vers un État autoritaire et s'éloigne de l'Europe, et l'Europe doit en tirer les conclusions», a-t-il fait savoir.

«J’ai été agressé» par les Russes

Le chef de la diplomatie ne cesse d’épingler la diplomatie russe. Dans une interview accordée à France24 le 30 mars, Borrell est revenu sur sa visite à Moscou: «Humilié? Je dirais plutôt que j’ai été agressé».

Lors de son déplacement début février, la Russie a annoncé expulser trois diplomates européens pour avoir participé à des manifestations en faveur de l'opposant Alexeï Navalny.

«On invite quelqu'un et on profite de sa visite pour annoncer l'expulsion de diplomates. Ça c'est une agression. C'est une chose qu'on ne fait pas en diplomatie», a-t-il assuré.

En retour l'Allemagne, la Suède et la Pologne ont expulsé des diplomates russes.

Actuellement, «les rapports avec la Russie sont plutôt au point mort», a constaté au cours de cette interview le chef de la diplomatie européenne.

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Tags:
sanctions, Chine, Maria Zakharova, Sergueï Lavrov, Josep Borrell
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