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Alors que les flammes ravageaient leur hôpital, les chirurgiens continuaient leur opération à cœur ouvert: les actions de ces médecins de l’Extrême-Orient russe sont dignes d’un thriller. En tant que cardiologues, ceux-ci se disent habitués aux urgences de toute sorte. Le patient opéré a été très étonné de cette tournure des événements.

Le 2 avril au matin, les médecins de la clinique de chirurgie cardiaque de Blagovechtchensk, dans l’Extrême-Orient russe, entament deux opérations, quand soudain un incendie se déclare. Les pompiers arrivent et évacuent 128 personnes.

Alors qu’une opération a pu être interrompue et le patient transféré en ambulance vers un autre hôpital, le deuxième cas nécessitait que l’opération soit terminée. Il n’était pas question d’interrompre le pontage coronarien, explique Natalia Zaloguina, responsable administrative de la clinique, contactée par Sputnik.

«À ce stade de l'opération, il était impossible d'arrêter. Et bien sûr, tous les chirurgiens ont pris la décision de rester dans la salle d'opération et de poursuivre l'intervention. Il était impossible de partir», indique-t-elle.

Selon Vladimir Korotkih, médecin en chef de la clinique, lorsque l'incendie s'est déclaré, «le patient était déjà sur la table d'opération, la poitrine était ouverte, ainsi l'opération ne pouvait être arrêtée».

L’opération menée par l’équipe de huit soignants dure plusieurs heures. À l’extérieur de la clinique, les brigades de pompiers installent des ventilateurs pour évacuer la fumée. Selon les services de secours, un câble électrique a été posé jusque dans la salle d'opération car l'électricité avait été coupée dans le bâtiment.

D’après la responsable de la clinique, durant toute l’opération, le médecin en chef est resté en contact avec les chirurgiens.

Une fois l’intervention chirurgicale terminée, le patient ainsi que les médecins ont été évacués du bâtiment encore en proie aux flammes.

Entrainés aux situations extrêmes

Désormais, alors que leur travail est accompli, les médecins reviennent sur le déroulé des événements.

Selon Victor Nikitine, chef de réanimation et d’anesthésiologie de la clinique, la cardiologie faisant partie de la médecine de soins critiques, les chirurgiens vasculaires ont «le cerveau entraîné pendant des années» ce qui les aide à travailler dans des conditions extrêmes.

«Lorsqu'une urgence survient, le cerveau passe en mode de calcul froid, de concentration maximale et de pensée claire», explique ce médecin lors d’un point de presse le 6 avril à Blagovechtchensk.

Le chirurgien cardiovasculaire Alexandre Filippov, qui était dans la salle d’opération le jour des faits, a déclaré quant à lui qu'il n’avait pas imaginé l'ampleur de l'incendie.

«En étant à l'intérieur, nous n'avions aucune idée de l'ampleur du danger, ce n'est qu'alors que nous avons vu la vidéo sur Instagram et partout. Alors oui, les sensations étaient confuses», décrit Filippov sur ses émotions, ajoutant qu’au moment de l’opération il était resté totalement concentré sur le patient.

Le 4 avril, l’anesthésiste Georgui Kondratov, présent dans la salle d’opération, a rendu publique une courte vidéo.

«On travaille», dit-il dans l’enregistrement.

Un plan B

Selon le chef de réanimation, un autre plan digne d'un scénario de thriller avait été imaginé en parallèle: évacuer le patient par la fenêtre avec le cœur ouvert.

«Si tout va vraiment mal, alors nous arrêterons son cœur, nous le déconnecterons de l’assistance circulatoire artificielle, couvrirons la plaie d'un film stérile sans recoudre le cœur, l'envelopperons dans un drap et l'évacuerons par la fenêtre», a détaillé Victor Nikitine aux journalistes.

Selon lui, pour ce plan, une autre salle opératoire aurait été apprêtée dans un autre hôpital, mais «tout s'est plus ou moins bien passé grâce au travail d’orfèvre des pompiers».

Il explique par ailleurs pourquoi la deuxième opération avait pu être interrompue: «Dans la deuxième salle d'opération, le patient était conscient, son cœur battait, il était possible d'arrêter l’intervention chirurgicale afin de la reprendre plus tard, et cela a été fait».

Le patient étonné

Quant au patient resté inconscient au moment des faits, il est désormais en période post-opératoire. L’homme a été très étonné de se réveiller dans un autre hôpital.

«Le patient, comme d'habitude, s'est réveillé selon les normes, le tube respiratoire a été retiré. Il était conscient, on lui a parlé, il a été très surpris de s'endormir dans un hôpital et de se réveiller dans un autre. […] Il était infiniment heureux que tout se soit bien terminé», a raconté le chef de réanimation.

Actuellement, selon Mme Zaloguina, l’équipe chirurgicale se porte bien et travaille normalement. Comme les dégâts causés par l’incendie sont importants, l’hôpital n’effectue pas d’interventions chirurgicales, mais les médecins accueillent des patients sur rendez-vous.

L’incendie, dû à un problème électrique selon les premières conclusions, a été maitrisé, il n’a fait aucune victime. D’après les pompiers, le feu a été actif sur 1.600 mètres carrés. Les autorités locales ont déjà promis de décorer les médecins et les pompiers en charge de l’opération.

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Tags:
incendie, chirurgie, interventions chirurgicales, opération, médecine
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