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Déroutement d'un avion de Ryanair en Biélorussie (26)
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Lors de sa rencontre avec le Président biélorusse vendredi 28 mai, Vladimir Poutine a pour la première fois commenté l’incident de l’avion Ryanair ayant atterri d’urgence à Minsk suite à une alerte à la bombe. Il a rappelé à ce propos celui de l’avion du Président bolivien en 2013.

Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko qui se sont entretenus vendredi 28 mai pendant plus de cinq heures ont abordé les relations de leurs deux pays mais aussi l’atterrissage d’urgence à Minsk de l’avion Ryanair suite à une alerte à la bombe. Le Président russe a livré son premier commentaire sur l’incident.

M.Poutine a rappelé à titre de comparaison l’absence de réactions lorsque l’avion du Président bolivien Evo Morales avait été contraint d’atterrir par les autorités autrichiennes en 2013 sur un soupçon de présence à son bord d’Edward Snowden.

«À l’époque, on a fait atterrir l’avion du Président bolivien. On l’a fait sortir de l’avion. Puis rien, le silence», a constaté Vladimir Poutine.

«C’est cela», a confirmé son homologue biélorusse.

Les événements du 23 mai

Le 23 mai, l’avion de la compagnie aérienne à bas prix irlandaise Ryanair effectuant la liaison entre Athènes et Vilnius s’est posé d’urgence à l’aéroport de Minsk après avoir reçu une alerte à la bombe.

Après l’atterrissage, Roman Protassevitch, ancien rédacteur en chef de la chaîne Telegram Nexta considérée comme extrémiste en Biélorussie, a été arrêté. Visé par plusieurs chefs d’accusation il encourt jusqu’à 15 ans de prison.

Un tollé en Occident

L’incident a soulevé un tollé en Occident. La Première ministre lituanienne et les chefs des diplomaties française et américaine ont utilisé le terme de détournement.

Les représentants de l’UE exigent la libération immédiate de l’opposant biélorusse. Ils ont décidé dans ce contexte de fermer leur espace aérien à la Biélorussie, d’adopter de nouvelles sanctions contre le gouvernement biélorusse et de geler une aide à Minsk.

Après l’arrestation de Protassevitch, l’ancienne candidate à la présidence biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa a annoncé une nouvelle phase de protestations dans le pays.

La décision d’atterrir prise de son plein gré par le pilote

La Biélorussie a répondu que l’alerte sur la présence possible d’une bombe était arrivée par courrier électronique à l'aéroport de Minsk. Igor Goloub, commandant des Forces aériennes et de la défense antiaérienne biélorusses, a précisé que le commandant de bord avait pris de lui-même la décision d'atterrir et qu’il n’avait été en aucun cas question de contrainte.

Le 25 mai, le département de l'aviation du ministère des Transports a publié le décryptage de la conversation entre l’aiguilleur du ciel biélorusse et le pilote de l'avion, lequel ne contenait aucune menace à l’encontre de l’équipage.

Incident du 2 juillet 2013 avec l’avion d’Evo Morales

Le 2 juillet 2013, alors que le Président bolivien Evo Morales revenait de Moscou où il avait participé au Forum des pays exportateurs de gaz, son avion avait été dérouté vers Vienne après que l’Italie, l’Espagne et la France avaient interdit l’accès à leur espace aérien.

Les trois pays avaient officiellement motivé leur refus d'accès à leurs espaces aériens par des raisons techniques. En réalité, il tenait à la crainte que le lanceur d’alerte Edward Snowden, auquel Evo Morales avait promis d’accorder l’asile politique, soit à bord et que les États-Unis leur reprochent de permettre son transfert.

Malgré le statut présidentiel d’Evo Morales, celui-ci avait été évacué de l’avion qui avait été perquisitionné.

L'avion avait redécollé après que les autorités autrichiennes avaient confirmé l’absence d’Edward Snowden à son bord.

Dossier:
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Ryanair, Evo Morales, Vladimir Poutine
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