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La taxe carbone que l’UE prévoit d’introduire progressivement dès 2023 à l’encontre des produits importés comme l'acier, le ciment et l'électricité fait s’indigner plusieurs pays, dont la Russie, qui trouvent qu’elle contredit les normes de l'OMC. Moscou veut recevoir des explications.

La Russie a demandé à l'UE des explications sur l'introduction de la taxe carbone, a déclaré ce 6 septembre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

«L'UE a inventé une nouvelle taxe sur l'empreinte carbone, les biens que l'UE considère avoir une empreinte carbone qui dépasse le niveau établi seront soumis à une taxe supplémentaire», a-t-il indiqué lors d'une conversation avec les élèves d’un pensionnat du ministère russe de la Défense de Saint-Pétersbourg.

Selon lui, des avocats russes ont évalué cette norme et sont arrivés à la conclusion qu'elle contredisait celles de l'OMC.

«Nous avons posé cette question à l'Union européenne, lui avons demandé de fournir des explications. Nous attendons une réaction», a ajouté Sergueï Lavrov.

En juillet, la Commission européenne a présenté son projet de taxe carbone visant à imposer un mécanisme dit d'ajustement carbone aux frontières (MACF). Il concerne les entreprises qui importent au sein de l'UE des produits comme l'acier, le ciment et l'électricité.

Selon le plan de la Commission, il y aura une période de transition de 2023 à 2025, au cours de laquelle les importateurs devront déclarer trimestriellement les émissions réelles associées aux produits importés dans l'UE et tout paiement pour les émissions de carbone à l'étranger.

Les entreprises ne commenceront à payer intégralement la taxe carbone aux frontières de l'Union européenne qu’à compter de 2026, après une mise en place progressive dès 2023.

D’autres pays s’y opposent

La Russie n’est pas le seul pays qui a des doutes puisqu’y figurent également la Chine et le Kazakhstan.

«Le MACF est essentiellement une mesure unilatérale visant à étendre la question du changement climatique au secteur du commerce. Il viole les principes de l'OMC […] et [va] gravement compromettre la confiance mutuelle au sein de la communauté mondiale et les perspectives de croissance économique», a déclaré Liu Youbin, porte-parole du ministère chinois de l'Écologie et de l'Environnement, lors d'un point de presse.

Pour le contrer, le Kazakhstan pourrait augmenter l'approvisionnement en pétrole et en gaz de la Chine et des pays d'Asie du Sud-Est, a indiqué le 5 septembre le vice-ministre kazakh de l'Énergie, Zhoumabaï Karagaïev lors d’un point de presse virtuel.

«Il y a des raisons de croire que l'introduction ultérieure de cette taxe carbone aura un impact négatif sur l'industrie pétrolière et gazière», explique-t-il.

Une mesure similaire pourrait également être prise par la Russie, car pour ses exportateurs d’hydrocarbures les coûts s'élèveront à 500 millions d'euros après l'introduction de la taxe, a noté le 31 août le chef adjoint du ministère russe de l'Industrie et du Commerce, Mikhaïl Ivanov, lors du Forum du gaz, pétrole et pétrochimie du Tatarstan.

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Russie, taxe carbone, Europe
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