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Une récente étude singapourienne suggère que certaines personnes bénéficierait d’une immunité préexistante contre le Covid-19, laquelle se manifesterait par la présence de cellules immunitaires chez des personnes jamais infectées par les SRAS. Le corps aurait pu les développer grâce à de précédents contacts avec des coronavirus inconnus.

Une immunité préexistante contre le Covid-19 existe-t-elle? Pour des chercheurs singapouriens qui ont récemment mené une étude sur le sujet, acceptée pour publication dans la revue Nature, la réponse est «oui». Selon eux, en réponse à tous les coronavirus, le corps déclenche deux types de sujets réactifs: des anticorps et des cellules immunitaires connues sous le nom de lymphocytes T. Ces derniers ont été trouvés chez plus de la moitié des 37 patients sains n’ayant jamais été exposés ni au SRAS-CoV-1 ni au SRAS-CoV-2 qui ont été examinés dans le cadre de l’étude.

Les chercheurs ont également analysé les résultats d’examens de 36 malades atteints du Covid-19 ainsi que ceux de 23 patients qui ont été infectés par le SRAS-CoV-1 pour ensuite comparer la proportion de ces sujets réactifs dans leurs corps.

«Étonnamment, nous avons également fréquemment détecté des cellules T spécifiques du SRAS-CoV-2 chez des personnes sans antécédents de SRAS, de COVID-19 ou de contact avec des patients SRAS /COVID-19», indique l’étude. 

Ils suggèrent alors qu'environ 50% de ces patients disposent d’une immunité contre le coronavirus.

Alors que les raisons exactes de ce comportement des cellules ne sont pas connues, les chercheurs supposent qu’il s’agit du mécanisme d’une «immunité croisée» qui pourrait être associé à de précédents contacts du corps à des coronavirus d’origine animale encore «inconnus»des scientifiques, mais déjà mémorisés par le système immunitaire et donc capable à répondre à d’autres coronavirus d’origine animale, dont le Covid-19.

«Immunité cellulaire de longue durée»

L’étude tire une autre conclusion importante concernant la longévité des mécanismes immunitaires contre les coronavirus: tandis que les anticorps spécifiques aux SRAS-CoV restaient détectables de 2 à 3 ans après l’infection, la mémoire spécifique des cellules T a été prouvée 11 ans après la contamination. Cette fois-ci, des personnes atteintes par un SRAS il y a 17 ans sont aujourd’hui en mesure de répondre non seulement au SRAS-CoV-1 mais aussi à un coronavirus proche, le SRAS-CoV-2. La longévité des cellules immunitaires a de nouveau été prouvée et étendue.

«Ce résultat est encourageant dans la mesure où il laisse penser que les patients ayant développé la Covid-19 ont la capacité, à l’instar des patients anciennement atteints de SARS, de développer une immunité cellulaire mémoire spécifique du SARS-CoV-2 de longue durée», a commenté le Pr Benjamin Terrier (hôpital Cochin, Paris), cité par Le Monde.

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Tags:
immunité, science, Covid-19
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