«Si on est anti-masque, on est pro-maladie, voire pro-décès»: les manifestations dénoncées par un médecin

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Anti-masques: rassemblement de militants sur la place de la Nation à Paris, 29 août 2020 - Sputnik Afrique
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Un spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble a évoqué pour Franceinfo les recommandations des autorités sur le port obligatoire du masque, les estimant «tout à fait correctes».

Quelque 38.000 manifestants, selon les estimations de la police, se sont réunis à Berlin et entre 200 et 300 personnes à Paris le 29 août pour dénoncer le port obligatoire du masque dans certaines villes dans le cadre de la lutte contre le Covid-19.

Invité de Franceinfo ce 30 août, Jean-Paul Stahl, professeur émérite, spécialiste des maladies infectieuses et tropicales au CHU de Grenoble, a livré son point de vue sur ces manifestations qui se sont également tenues en Suisse et au Royaume-Uni.

«Si on est anti-masque, ça veut dire qu'on est pro-maladie, donc pro-séjour en réanimation, voire pro-décès des personnes infectées. Ça n'est absolument pas rationnel, d'un point de vue médical», a-t-il martelé.

Interrogé au sujet d’un éventuel développement de ce mouvement en cas d’une stricte imposition du port des masques, il l’a estimé tout à fait probable.

«Plus il y a d'obligations, plus il y a de personnes qui sont réfractaires à l'obligation. C'est quelque chose qui est largement répandu […] Si on prend aussi l'exemple des vaccins, on a exactement la même chose. La France est malheureusement le pays record du monde pour la défiance envers les vaccinations, ce qui est là aussi totalement irrationnel.»

«Le même courant de pensée»

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Poursuivant sur le sujet, Jean-Paul Stahl a dit ne pas savoir s’il existait réellement un parallèle entre les anti-vaccins et les anti-masques, mais a estimé que c’était «le même courant de pensée».

«C'est-à-dire qu'on est contre ce qui est recommandé pour le bien des autres. C'est une forme d'égoïsme: pour moi, le masque ou le vaccin est une contrainte, donc je n'en veux pas parce que je ne supporte pas la contrainte. Mais on ne regarde pas ce qui se passe autour de soi et on ne regarde pas l'impact que ça peut avoir pour les autres.»

Les recommandations

En outre, il a fait remarquer que les recommandations formulées aujourd’hui au sujet du Covid-19 avaient été revues «en fonction des connaissances», alors qu’au début c’était le schéma de la grippe qui avait été adopté.

«Pour la grippe, il est parfaitement montré que le port du masque en population générale a très peu d'utilité. Donc, il était tout à fait logique au début de raisonner de cette façon. Et puis après, les connaissances se sont accumulées, montrant que, en particulier, la contamination par les personnes asymptomatiques était beaucoup plus importante que ce que l'on pensait», a expliqué Jean-Paul Stahl.

Revenant sur les conseils des autorités, il a relevé la nécessité de voir «la faisabilité de ce qu'on recommande», tout en soulignant que ces directives était actuellement «tout à fait correctes».

La France a enregistré le 28 août 7.379 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, selon Santé publique France, soit le deuxième bilan journalier le plus élevé depuis le 31 mars, lorsque le nombre de cas avait atteint 7.578.

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