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Dans une interview à Sputnik, l’immunologiste israélien Yackov Berkun a annoncé que la réaction indésirable développée chez un des patients ayant participé aux essais du vaccin d'AstraZeneca était une myélite transverse. Le professeur n’exclut pas cependant que cette maladie ait pu se développer indépendamment du vaccin.

La maladie développée chez un des participants aux essais du vaccin d'AstraZeneca, suspendus depuis que celui-ci a présenté une réaction indésirable et inexpliquée, est une myélite transverse aiguë, a déclaré à Sputnik l’immunologiste israélien Yackov Berkun.

«Il s'agit d'un processus inflammatoire des segments de la moelle épinière qui peut surgir à différents niveaux, mais généralement au niveau de la poitrine. Si cela se produit, tout ce qui se trouve en dessous peut être paralysé. Et un patient qui a reçu ce vaccin a subi ce phénomène. Cela pourrait bien être dû à la vaccination, car une telle inflammation est un processus inflammatoire auto-immun qui peut se produire après une infection ou faire partie d'une maladie auto-immune. Cela provoque des inquiétudes», a expliqué Yackov Berkun.

Néanmoins, l’immunologiste indique que la maladie peut se développer sans lien avec le vaccin, car seul un cas de ce type a été enregistré parmi les participants à l'étude. Mais, selon lui, cet exemple prouve à quel point les normes de sécurité sont élevées dans le développement des vaccins.

La responsabilité du vaccin en cause

Auparavant, le professeur d’immunologie à l’ULB et président de la fondation AstraZeneca de soutien à la recherche Michel Goldman, évoquant un cas de myélite transverse (démenti ultérieurement par la firme), avait rappelé qu’à ce stade rien ne démontrait la responsabilité du vaccin dans le déclenchement de la maladie.

Il s’agit maintenant de s’assurer que le vaccin n’a pas déclenché la production d’anticorps toxiques pour des cellules nerveuses», avait déclaré Michel Goldman cité par l’Echo.

Une suspension qui fera date

C'est la première suspension connue d'essais cliniques concernant un vaccin expérimental contre le Covid-19.

Selon la durée des investigations, cela pourrait avoir un impact sur le calendrier serré du développement. Le ministre de la Santé britannique avait dit le 7 septembre espérer des résultats des essais d'AstraZeneca d'ici la fin de l'année ou début 2021.

AstraZeneca est le partenaire industriel de l'université britannique d’Oxford, et leur vaccin est testé sur des dizaines de milliers de volontaires au Royaume-Uni, au Brésil, en Afrique du Sud et, depuis le 31 août, aux États-Unis, dans ce qu'on appelle la phase trois des essais, la dernière, devant vérifier sécurité et efficacité.

Le laboratoire a déjà pré-vendu des centaines de millions de doses à de multiples pays, au cas où son vaccin prouverait son efficacité, indique l'AFP.

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Covid-19, vaccin
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