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Alors que le cancer est devenu dans les pays riches la première raison de décès, devant les maladies cardiovasculaires, les experts signalent que le radon, un gaz présent dans toutes les maisons, est la deuxième cause de cancer du poumon, derrière le tabac.

Le radon, un gaz cancérigène, peut, après une exposition prolongée, provoquer un cancer des poumons et le télétravail augmente les risques, prévient Santé Canada.

Ce gaz inodore et incolore, qui peut s'infiltrer par une ouverture en contact avec le sol, se retrouve partout et provient des éléments radioactifs de la terre, explique le médecin pathologiste Christian Couture, de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ), cité par Radio-Canada.

Or, il est la cause de quelque 10% des cancers du poumon, en plus d'être la principale source chez les non-fumeurs, constate pour sa part la directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec, Dominique Massie. Dans ce contexte, Santé Canada a lancé une campagne de sensibilisation durant la pandémie qui prévoit des mesures de confinement, car le fait de passer plus de temps à la maison augmente le risque d'exposition.

Quelque 1,6 million de messages appropriés ont été distribués dans le pays, notamment dans les résidences situées «dans les secteurs où environ 10% à 15% des habitations ont une concentration de radon supérieure à la directive canadienne», précise Santé Canada.

Le ministère propose notamment d'acheter en ligne un test de mesure du radon qui doit être installé au même endroit pendant trois mois avant d'être envoyé en laboratoire.

«C'est rare que vous ayez un bureau au rez-de-chaussée ou à l'étage, c'est souvent au sous-sol», souligne la directrice générale de l'Association pulmonaire du Québec.

Elle rappelle notamment que le radon a tendance à s'accumuler dans le sous-sol des maisons.

«À Québec, il y a beaucoup de radon. Je dirais qu’il y a probablement entre 15% et 20% des maisons qui sont affligées par un taux de radon supérieur à la limite», affirme à Radio-Canada Robert Lacombe, ingénieur et propriétaire, qui regrette que ce gaz radioactif reste toujours peu connu.

Mêmes chiffres en France

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) français, dans certaines régions, l’exposition des populations au radon dans les habitations peut atteindre des niveaux d’exposition proches de ceux qui ont été observés dans les mines d'uranium en France.

«Le radon est classé par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérigène certain pour le poumon depuis 1987», rappelle l’IRSN.

En France, 31 départements font l’objet d’une surveillance particulière pour le radon, indique la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

Une évaluation publiée en 2018 par l’IRSN et Santé publique France permet de conclure que le radon pourrait jouer un rôle dans la survenue de certains décès par cancer du poumon dans une proportion qui serait d'environ 10%. Chaque année, 3.000 décès lui seraient ainsi attribuables et il serait la deuxième cause de mortalité par cancer du poumon après le tabac.

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Tags:
confinement, gaz, poumons, cancer
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