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Avec l’arrivée du vaccin contre le Covid-19, le débat public est saturé d’angoisses, d’espoirs et de fake news, qui cachent souvent des bras de fer géoéconomiques entre grandes puissances. Pour le Désordre mondial, Anne Sénéquier, médecin, chercheuse et codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’IRIS, aide à y voir plus clair.

Alors qu’une grande partie du monde souffre encore des restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, les discussions se tournent maintenant vers l’avenir, à savoir les questions liées aux vaccins.

Il est clair que les choix que les gouvernements du monde entier ont imposés à leurs citoyens pendant la crise sanitaire n’ont pas seulement un impact sur le présent, mais détermineront dans une certaine mesure l’avenir. Certains gouvernements et entreprises devront passer plus de temps que d’autres à sortir des décombres une fois que la crise sanitaire sera passée. Qu’avons-nous appris jusqu’à présent sur la pertinence de ces politiques que nous ont imposées nos dirigeants?

Et alors que le débat se focalise maintenant sur les vaccins, quels sont les potentiels angles morts de leur déploiement? Anne Sénéquier, médecin, chercheuse et codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS), commente la méfiance générale que suscitent les vaccins contre le Covid-19:

«Ça fait un an qu’on répète haut et fort qu’un vaccin, ça met dix ans à se construire et nous voilà aujourd’hui en train de convaincre les gens qu’il n’y a pas de danger. On a nous-mêmes créé le doute. C’est allé vite, c’est vrai, mais il faut aussi comprendre que le contexte est différent que d’habitude.
Pourquoi cette vaccination n’est-elle pas si douteuse que ça? On a eu une crise sanitaire mondiale qui a impliqué des financements rapides et très importants, des associations innovantes entre des biotechs dans la spécificité et la recherche et développement, et les Big Pharma qui ont, elles, les capacités de fabrication et logistique pour de gros volumes.»

Anne Sénéquier revient sur certains mythes et inquiétudes répandus:

«Dire que le vaccin RMN [acide ribonucléique messager, ndlr] n’a jamais été autorisé avant la Covid, ça ne veut pas dire qu’on ne savait rien avant. C’est une technique que l’on connaît malgré tout depuis de nombreuses années, qui a été utilisée sur un vaccin en médecine vétérinaire, et dont les études ont été lancées aussi sur l’humain après les épidémies de SARS, MERS, Zika, et Ebola.»

La codirectrice de l’Observatoire de la santé mondiale à l’IRIS commente aussi la lutte économique et géopolitique mondiale liée à au vaccin:

«Au début de l’année, tout le monde était d’accord pour dire que le vaccin était un bien commun pour l’humanité et dès que les laboratoires ont commencé à parler de résultats, toutes les grandes puissances occidentales ont passé des accords bilatéraux [avec les laboratoires, ndlr].»

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