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Alors que de nouvelles décisions sont attendues pour les régions Île-de-France et Hauts-de-France, le Pr Axel Kahn, invité sur Europe 1, critique la gestion de la crise sanitaire par le gouvernement. Selon lui, les confinements locaux «laisseront des séquelles» et vont impacter la population.

Alors que le variant britannique continue sa progression sur le territoire français, à tel point que le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dû déclarer que «la situation épidémique se dégrade», le Pr Axel Kahn, généticien, médecin et président de la Ligue contre le cancer, qui depuis longtemps insiste sur la nécessité de mesures très strictes, livre ce jeudi une analyse sévère sur la gestion de la crise en France.

«Ce confinement aujourd'hui à la dernière limite, le couteau sous la gorge, est la pire des choses», estime-il au micro d’Europe 1.

Pour lui, si le confinement est imposé aujourd’hui, il sera très difficilement vécu, vue la période printanière qui arrive. Le confinement aurait dû intervenir à Noël ou pendant les vacances scolaires de février, insiste le médecin. Il estime que comme le taux de circulation virale est extrêmement élevé, le confinement devra être plus long, ce qui impactera davantage la population. Les confinements locaux qui s'annoncent «laisseront des séquelles» et «des gens au tapis».

Le médecin livre la stratégie qu’il juge la bonne: «on fait tout pour essayer de diminuer la circulation virale et ensuite lorsqu'elle est basse, on maintient».

Choix politique

Selon lui, les retards dans la prise de décisions sont d’origine «uniquement politique».

«Emmanuel Macron a voulu se présenter comme le sauveur des Français, [celui] qui les protégeait de ce confinement», commente le médecin, en assurant qu'il «aura à gérer l'échec de ce pari».

«Rien de ce qui se passe aujourd'hui n'était imprévu», s’insurge le médecin. D’après lui, les informations sur le variant anglais circulaient depuis décembre 2020, pourtant le gouvernement «a pris le risque de ne pas baisser la circulation virale».

Ce n’est pas la première fois que le généticien fustige les décisions du gouvernement. La semaine dernière, il avait estimé sur BFM TV que l’exécutif avait commis «une erreur politique en faisant une erreur sanitaire».

Situation épidémique

À l'issue d’un conseil de défense qui s’est tenu le 17 mars, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a annoncé que «de nouvelles décisions» vont être prises pour les régions Île-de-France et Hauts-de-France. Elles seront annoncées par le Premier ministre ce jeudi lors d’une conférence de presse.

Le 17 mars, 29.975 nouveaux cas journaliers du Covid-19 ont été détectés, 4.239 patients se trouvent actuellement en réanimation.

Selon les chiffres livrés par Santé publique début mars, le variant britannique représente 65,3% des nouveaux cas recensés dans le pays du 28 février au 6 mars.

D’après le ministère de la Santé, depuis le début de la campagne de vaccination en France, 5,5 millions de personnes ont reçu au moins une injection, soit 10,6 % de la population majeure du pays.

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contamination, virus, vaccin, Covid-19
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