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Alors que l’Allemagne est en proie à une troisième vague de coronavirus et que l’UE est en manque de doses, le chef de la Thuringe s’est interrogé sur les raisons pour lesquelles aucun accord-cadre portant sur la production du vaccin russe dans le pays n’avait vu le jour.

Le ministre-président de Thuringe, Bodo Ramelow, a déclaré qu’il ne comprenait pas pourquoi le gouvernement allemand n’avait toujours pas conclu un accord-cadre portant sur la production du vaccin Spoutnik V sur le sol de son pays.

«Je ne comprends pas que le gouvernement n’ait même pas concilié un accord-cadre pour lancer la production du Spoutnik V en Allemagne, au moins sur une base contractuelle», a-t-il déclaré à l’édition Rheinische Post.

Il explique que le Spoutnik V aurait pu être produit à Dessau, dans le cadre d’une production sous licence. «En outre, la Russie veut utiliser l'usine d’Illertissen [en Bavière, ndlr] pour les besoins du Spoutnik V», a-t-il ajouté.

Auparavant, ce même homme politique avait déclaré qu’il fallait exercer des pressions sur les autorités du pays afin d’obtenir plus de vaccins alternatifs. Il a alors jugé que la dépendance au vaccin AstraZeneca affaiblissait la stratégie de vaccination. Toujours d’après Ramelow, la décision sur l’utilisation de tel ou tel vaccin ne doit pas revêtir un caractère politique.

Le vaccin discuté lors d’un entretien Poutine-Merkel-Macron

Mardi, les dirigeants des trois pays ont tenu une visioconférence au cours de laquelle ils ont notamment abordé le sujet du premier vaccin russe. Selon le service de presse du Kremlin, ont été évoquées lors de cet échange les perspectives de l’enregistrement du vaccin russe dans l’UE et d’éventuelles livraisons ou production conjointe du Spoutnik V dans les pays d’Europe. Pour rappel, une possible «production conjointe de vaccins» a déjà été abordée en janvier lors d’une conversation entre Poutine et Merkel.

Suite à la réunion de mardi, le gouvernent allemand a déclaré que le vaccin russe passait une expertise standard que l’Agence européenne des médicaments (EMA) applique à l’égard de tous les autres vaccins. L’UE a pour sa part déclaré que la stratégie européenne de vaccination était réalisée avec succès et que les vaccins commandés via la Commission européenne devaient suffire. Une telle déclaration a été faite par Dana Spinant, porte-parole de la Commission, interrogée par la presse sur le contenu de l’échange des trois dirigeants. Et de conseiller d’adresser de nouveau la question aux protagonistes de la visioconférence.

Divergence d’attitude sur le Vieux Continent

Le vaccin russe est en effet examiné par l’EMA et, alors que la procédure se poursuit, l’attitude à l’égard de sa nécessité varie entre les pays pris séparément d’une part et l’Union européenne d’autre part. Ainsi, deux pays, la Hongrie et la Slovaquie ont commandé cette préparation du centre Gamaleïa sans attendre l’aval de l’UE.

En outre, la possibilité de suivre l’exemple de ces pays n’a pas été exclue par l’Italie et l’Allemagne: le Premier ministre Mario Draghi et la chancelière Angela Merkel ont évoqué le «pragmatisme ordinaire», tout en reconnaissant que l’aval de l’EMA restait tout de même la meilleure option pour l’achat des vaccins.

D’autre part, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur en charge des vaccins, a déjà déclaré que l’Europe n’avait absolument pas besoin du vaccin russe. Dans les jours qui ont suivi cette déclaration -qui a fait réagir la Russie, y compris Poutine en personne- le membre de la Commission européenne a précisé qu’il avait beaucoup de respect pour les scientifiques russes. Cependant, si l’EMA approuvait le vaccin russe, sa production prendrait entre 10 et 14 mois et ne saurait influencer la situation dans les pays de l'Union européenne.

Depuis, plusieurs hommes d’affaires et politiciens européens s’étaient exprimés en faveur de l’accès à ce vaccin.

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Tags:
vaccin, Allemagne, Thuringe
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