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Plusieurs pays proposent désormais la vaccination contre le Covid-19 aux femmes enceintes. Mais la formulation utilisée par certaines autorités sanitaires du Royaume-Uni et du Canada pour promouvoir ces campagnes a suscité l’étonnement.

Alors qu’en France la vaccination contre le Covid-19 a été élargie à certaines catégories professionnelles, d’autres pays se penchent sur le cas des femmes enceintes.

Aux États-Unis, les autorités sanitaires encouragent ainsi les futures mères à se faire vacciner. Les vaccins ne comportent pas de risques pour les enfants à venir, a récemment déclaré Rochelle Walensky, directrice des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), en conférence de presse à la Maison-Blanche. La responsable s’est appuyée sur une étude des CDC menée auprès de 35.000 femmes enceintes, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine.

«Les personnes enceintes ont ressenti les mêmes effets secondaires que les autres après la vaccination […]. Surtout, nous n’avons observé aucun problème pour les personnes vaccinées au troisième trimestre de grossesse, ni aucun problème pour leurs bébés», a-t-elle déclaré.

Au Royaume-Uni, les femmes enceintes peuvent également être vaccinées, bien que certains vaccins comme l’AstraZeneca leur soient déconseillés, comme l’avait statué le Joint Committee on Vaccination and Immunisation (JCVI), ce 16 avril. En France, les vaccinations ne sont possibles qu’après le second trimestre de grossesse, selon les directives de la direction générale de la Santé (DGS).

Le gouvernement brésilien a quant à lui choisi une autre approche, demandant aux femmes de reporter «si possible» leur grossesse en cette période de pandémie.

«Personnes enceintes»

Mais au-delà de l’aspect sanitaire, c’est la formulation utilisée pour promouvoir le vaccin auprès de ces publics qui a interpellé les observateurs. Plusieurs autorités sanitaires ont ainsi employé l’expression de «personnes enceintes» plutôt que de «femme enceintes» pour informer les patients.

Une tournure moquée sur Twitter par George Galloway, journaliste et ancien membre du parlement britannique, qui l’avait repérée sur l’affiche d'un hôpital anglais. «Qu’est-ce que des "personnes enceintes"? Quelle est cette folie?», s’est-il ainsi demandé.

L’élément de langage a également été repris par le ministère de la Santé de l’Ontario, ont fait remarqué plusieurs internautes. Celui-ci a en effet annoncé que toutes les «personnes enceintes peuvent s'inscrire aux rendez-vous de vaccination Covid-19».

D’aucuns se sont émus qu’on puisse ainsi faire ces entorses au langage et à la science. «C'est absolument ridicule. On ignore la science simplement parce que cela offense certaines personnes! Les femmes tombent enceintes, les hommes ne peuvent pas tomber enceintes!», a rappelé un internaute.

Un débat qui rappelle celui sur les «personnes ayant leurs règles», provoqué par JK Rowling en juin dernier. L’auteure d’Harry Potter avait en effet critiqué cette expression, utilisée par la plateforme médiatique Devex. L’écrivaine avait alors été accusée de colporter des idées transphobes.

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Tags:
accouchement, transgenre, grossesse, vaccin, Covid-19
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