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Des médecins mettent en garde contre le relâchement des efforts sanitaires chez les néo-vaccinés. Après la première injection, l’immunité ne se développe qu’au bout de deux à trois semaines, c’est pourquoi il est indispensable de maintenir les gestes barrières.

Avec l’avancement de la campagne vaccinale et une proportion de la population majeure ayant reçu au moins une dose du vaccin qui se rapproche des 47%, le «syndrome du vacciné» fait son apparition. Évoquant souvent leur volonté de retrouver la liberté ou une vie normale, certains négligent, voire abandonnent les gestes barrières une fois la première ou les deux doses reçues.

«Nous avons de plus en plus ce type de patients dans nos services. Ils voient leur première dose comme un totem, alors que les tout premiers anticorps n’apparaissent qu’au bout de quinze jours, puis grimpent peu à peu. J’appelle cela le "syndrome du vacciné"», constate Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital de Garches (Hauts-de-Seine) auprès du Parisien.

«Les gens ont bien intégré les gestes barrières mais certain pensent qu’une fois vacciné, on peut tout oublier», alerte Hubert Fleury, infirmier d’un centre de vaccination à Caen, sur TF1.

«Il n’y a qu’à voir ce qu’il se passe dans les centres de vaccination. Avant une première dose, tout le monde porte son masque et après, les gens l’enlèvent durant les 15 minutes d’observation», regrette Jean-Marc Agostinucci, médecin au Samu 93, toujours auprès du Parisien.

La réponse immunitaire n’est pas immédiate

L’efficacité du vaccin n’est pourtant pas immédiate: il faut de deux à trois semaines après la première injection pour que l’immunité commence à se développer. 

«On reste vulnérable après les 14 jours suivant la première injection du vaccin puisque les défenses immunitaires n'ont pas encore eu le temps de répondre. Comme si nous n'étions pas encore vaccinés finalement», explique Vincent Humbert, médecin responsable d’un centre de vaccination à Caen sur TF1.

«Après la première dose, les anticorps mettent deux à trois semaines à arriver. Mais cette première protection reste insuffisante pour une protection optimale. Après la deuxième dose, la deuxième vague d’anticorps arrive beaucoup plus vite. Quinze jours après cette deuxième, les personnes sont bien protégées», prévient Frédéric Altare, immunologue et directeur de recherche à l’Inserm, dans une interview à Ouest-France.

Certains médecins déplorent l’absence d’une campagne explicative sur le sujet. «Il y a un manque de campagne de santé publique en France, on manque d'informations», déclare Jérôme Marty, médecin généraliste, président de l'Union Française pour une Médecine Libre, sur BFM TV.

En général les vaccins protègent des formes graves du Covid-19 et diminuent mais n’éliminent pas complètement les risques d’infection.

La fin des gestes barrières cet été?

Le 25 avril, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a légèrement assoupli le port du masque pour les personnes vaccinées, mais uniquement dans le cadre familial, dans un lieu fermé et si tous ceux présents sont entièrement vaccinés. Le port du masque, le lavage des mains et la distanciation physique restent d’actualité.

Selon des projections du ministre de la Santé, l’abandon des gestes barrières pourrait être envisagé «cet été» à condition d’une couverture vaccinale suffisante.

«Quand vous avez suffisamment de Français vaccinés, nous pourrions baisser la garde. […] Quand la date qui nous permettra d'envisager sereinement la fin des gestes barrière […] sera arrivée, nous n'attendrons pas 24 heures. Nous le dirons immédiatement. J'espère que ce sera cet été», a dit Olivier Véran le 4 mai sur Europe 1.

Il a rappelé que «la vaccination protège des formes graves. Ce que nous pensons très fortement c'est que la vaccination protège du risque de contamination, donc de diffusion du virus et donc du risque d'épidémie».

Le lendemain du jour de la réouverture des terrasses Emmanuel Macron a fait savoir que le port du masque allait être maintenu au moins jusqu’à la fin juin. «Jusqu'à la fin du mois de juin de toute façon il faut garder le masque, et après on verra», a répondu le Président interrogé à ce sujet lors d'un déplacement à Blois le 20 mai.

«La seule bonne nouvelle de cette pandémie»

L’effet bénéfique des gestes barrières est en revanche la diminution des cas de gastro-entérite et de grippe.

«J'espère que le lavage des mains va perdurer parce que la seule bonne nouvelle de cette pandémie, c'est que les gastro-entérites ont quasiment disparu des cabinets médicaux», a confié à Franceinfo Jean-Paul Hamon, médecin généraliste à Clamart et président d'honneur de la Fédération des médecins de France.

Il a assuré qu’il y avait «beaucoup moins de grippes cette année, et ce n'est sans doute pas étranger au port du masque».

Couverture vaccinale

Au 27 mai, environ 25 millions de Français (24.564.418) ont reçu au moins une injection (46,8% de la population majeure) contre le Covid-19, et plus de 10 millions (10.321.847) ont reçu les deux (19,7% de la population majeure).

Pour atteindre l’immunité collective, l’exécutif table sur 80-90% d’entièrement vaccinés. Afin d’augmenter le rythme et de s’en rapprocher plus vite, à partir du 31 mai la vaccination en France sera ouverte à tous les adultes.

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Tags:
situation sanitaire, masques, immunité, vaccination, Covid-19
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