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Depuis le début de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 25.000 décès en Belgique, différents experts en santé publique - virologues, épidémiologistes et immunologistes - ont été propulsés sur le devant de la scène, s'imposant en à peine quelques mois comme de véritables vedettes médiatiques.

Depuis le début de la pandémie de Covid-19 qui a fait plus de 25.000 décès en Belgique, différents experts en santé publique - virologues, épidémiologistes et immunologistes - ont été propulsés sur le devant de la scène, s'imposant en à peine quelques mois comme de véritables vedettes médiatiques.

Sollicités pour s'exprimer sur la situation sanitaire, décrypter les indicateurs épidémiologiques et esquisser des scénarios de sortie de crise, ils sont peu à peu devenus les figures incontournables du paysage médiatique belge.

Dès avril 2020, le "Groupe d'experts en charge de la stratégie de sortie" de crise à été créé avec comme objectif d’élaborer une vision pour guider la période d’assouplissement des mesures prises dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Mais les tensions n'ont pas tardé à surgir entre des experts de plus en plus influents et des autorités déboussolées face à une situation inédite. Les accusations ont commencé à fuser de part et d'autre et les désaccords sur la gestion de la crise sanitaire se sont multipliés.

Les deux camps ont été rarement sur la même longueur d'ondes avec des scientifiques qui réclament encore et toujours de continuer à faire preuve de prudence et des politiciens désirant faire redémarrer l'activité économique sous la pression croissante des citoyens et des secteurs affectés.

Même l'arrivée au pouvoir le 1er octobre 2020 du gouvernement d'Alexander De Croo, suppléant l'exécutif en affaires courantes de Sophie Wilmès n'a pas apaisé les tensions sur les choix à faire pour relever les défis immenses posés par la pandémie.

S'il y a un expert qui symbolise les relations compliquées entre les autorités belges et les scientifiques, c'est bien Marc Van Ranst, professeur de virologie à l'Université catholique de Louvain (UCL). Que ce soit dans les médias ou les réseaux sociaux, les déclarations du virologue flamand et ses positions jugées radicales ne passent jamais inaperçues.

Faisant partie du comité d'experts qui conseille le gouvernement, Marc Van Ranst n'hésite pas à tirer à boulets rouges sur les autorités belges, manifestant sa ferme opposition aux décisions qu'elles prennent.

Adepte d'une ligne dure dans la gestion de la pandémie, le virologue flamand s'est fait connaitre pour son intransigeance et son inflexibilité. Au cœur de plusieurs polémiques et d'échanges houleux avec les politiques sur les réseaux sociaux, il lui est reproché une attitude alarmiste et des prises de position complètement détachées de la réalité.

Pour lui, l'aspect sanitaire doit toujours être prioritaire peu importe les conséquences économiques, sociales ou psychologiques. Réclamant continuellement des restrictions plus strictes, il a souvent jugé trop "imprudents" les assouplissements décrétés par le gouvernement.

Omniprésent sur les plateaux de télévision et de plus en plus suivi sur les réseaux sociaux, son influence s'est amplifiée tout au long de la crise sanitaire et la pression qu'il n'a cessé d'exercer avec d'autres experts sur les autorités a donné parfois ses fruits.

En dehors du monde politique, Marc Van Ranst ne s'est pas fait non plus que des amis au sein de la population. Faisant souvent l'objet de menaces, il est sous protection policière depuis neuf mois. Menacé de mort par un militaire d’extrême droite lourdement armé en cavale, le virologue est depuis plus de deux semaines retranché dans un lieu secret avec sa famille.

Outre Mark Van Ranst, de nombreux experts continuent de se montrer sceptiques face aux décisions des autorités qui viennent d'annoncer un nouveau coup d'accélérateur à l'assouplissement des mesures anti-Covid avec en ligne de mire un été sous le signe d'une liberté retrouvée.

Mettant en garde contre un nouveau rebond épidémique, ils fustigent notamment la décision d'autoriser, dès le 13 août, de grands événements sportifs et culturels rassemblant jusqu'à 75.000 personnes grâce à un "Covid safety ticket" attestant d'une couverture vaccinale complète depuis deux semaines ou de la réalisation d'un test PCR négatif de moins de 72 heures.

Selon Steven Van Gucht, chef du service des maladies virales à l'Institut belge de santé, "cela semble très tôt" d'organiser de tels événements avec une présence massive du public.

Même son de cloche pour Catherine Linard, géographe de la santé à l’université de Namur, qui appelle à adopter une approche progressive pour ce qui est des assouplissements. "Il ne faudrait pas donner l’impression que maintenant, c’est le retour à la vie normale et que l’on peut tout faire", a-t-elle insisté.

Au fil des confinements et des déconfinements, les divergences persistent toujours entre politiques et experts belges, avec des dilemmes cornéliens à trancher et un difficile équilibre à trouver entre santé, vie sociale et économie.

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