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Des chercheurs américains affirment ne plus trouver deux souches grippales, le H3N2 résistant au vaccin et le B Yamagata, depuis l’arrivée du Sars-CoV-2. Ce alors que des cas sporadiques ont été repérés en Europe et que l’absence d’épidémie de grippe saisonnière s’avère mondiale.

L’absence d’épidémie de grippe saisonnière a été observée à travers le monde pendant la pandémie de Covid-19, sauf quelques cas sporadiques. Certaines souches virales semblent même avoir disparu, indiquent des chercheurs américains du Fred Hutchinson Cancer Research Center et de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai, auprès de Stat News.

En effet, seul 0,13% des échantillons prélevés entre fin septembre 2020 et fin février 2021 sont revenus positifs au virus de la grippe, tandis qu’un taux moyen de positivité annuel était estimé à 38% au cours des années précédentes, indique un article publié le 18 mars dans la revue Eurosurveillance sous l’égide du Réseau européen de surveillance de la grippe.

Plus d’une trentaine de pays et territoires de la Région européenne de l’OMS ont été impliqués dans la campagne de dépistage. Près de 26.000 échantillons ont été collectés.

La situation est identique dans l’Hexagone. Dans un bilan préliminaire de surveillance de la grippe saisonnière 2020-2021, Santé publique France a annoncé le 21 avril l’absence de circulation active des virus grippaux.

Le taux hebdomadaire de consultations de SOS Médecins pour les syndromes grippaux est resté inférieur à 1% toute la saison, pour environ 16% la saison précédente et 24% pour la saison 2018-2019.

En outre, aucun virus grippal n’a été détecté entre fin octobre et fin avril aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte, indique l’agence sanitaire.

Le H3N2 a-t-il disparu?

Parmi les virus découverts en Europe pendant cette période parmi les 646.359 prélèvements réalisés en milieu institutionnel (hôpitaux, établissements pour personnes âgées), 49.7% concernent le virus de type A, et 50.3% de type B. Quant à sa répartition pour le lignage A, il y a 41.4% du fameux H1N1 et 58.6% du H3N2 considéré comme assez résistant au vaccin, explique Santé publique France.

En effet, les trois quarts des personnes vaccinées contre la grippe aux États-Unis durant la saison 2017-2018 n’ont pas été protégées contre cette souche, a rapporté Stat News en se référant à des données des Centers for Disease Control and Prevention.

L’efficacité insuffisante du vaccin antigrippal contre le H3N2 a été mise en valeur par la docteure Danuta Skowronski, auteure d’une étude canadienne publiée dans Eurosurveillance. La protection a été estimée à 17%, alors que celle contre le H1N1 était à l’époque de 67%.

Trois ans plus tard, au plus fort de la pandémie, cette souche semble disparaître, suggèrent les chercheurs cités par Stat News.

«Je pense qu’il y a de fortes chances pour que le virus H3N2 ait disparu. Mais le monde est grand», avance Trevor Bedford, biologiste informatique au Fred Hutchinson Cancer Research Center à Seattle.

La même question pour un lignage B

Une hypothèse identique au sujet de la lignée B Yamagata dont les traces seraient perdues a été émise par un spécialiste américain de la grippe:

«Ce n'est pas parce que personne ne l'a vue qu'elle a complètement disparu, n'est-ce pas? Mais effectivement elle pourrait l’être», a déclaré Florian Krammer de l’Icahn School of Medicine at Mount Sinai Medical School à New York.

En Europe, sur 14 virus grippaux découverts en milieu hospitalier et pour lesquels le lignage était disponible, seuls trois étaient liés à la souche B Yamagata, ajoute l’agence sanitaire française.

En conclusion, elle rapporte l’absence de circulation épidémique du virus tant dans les pays de l’hémisphère nord que dans ceux de l’hémisphère sud.

Éventuelles causes

Cette tendance a été repérée au début de la saison hivernale. Les autorités sanitaires s’interrogeaient alors sur la raison du recul de la grippe. Celle-ci est jugée plus sensible aux mesures de prévention comme la distanciation sociale, le port du masque et le lavage des mains, adoptées massivement, a expliqué Sibylle Bernard Stoecklim, épidémiologiste pour Santé publique France citée par Franceinfo.

Une autre hypothèse porte sur le refoulement des virus grippaux par le Sars-CoV-2: «Quand vous avez un virus qui est très installé d’un point de vue épidémique, comme le SARS-CoV-2, il n’y a pas la place pour qu’un deuxième virus vienne co-circuler en même temps de façon aussi abondante».

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Tags:
épidémie, chercheurs, Covid-19, grippe
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