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Alors que les débats autour de l’inoculation des vaccins contre le Covid-19 aux femmes enceintes font toujours rage, la Russie vient d’autoriser le Spoutnik V à cette catégorie de la population à l’issue de «résultats positifs d'études précliniques».

Les contre-indications à l'utilisation du vaccin contre le Covid-19 Spoutnik V chez les femmes enceintes sont levées, a déclaré ce 25 juin le ministre russe de la Santé, Mikhaïl Mourachko.

«Compte tenu des résultats positifs d'études précliniques sur la sécurité des vaccins et d'autres données sur l'efficacité et la sécurité dans les essais cliniques et pendant la période suivant l’enregistrement, la communauté des experts a pris la décision de lever les contre-indications pour l'utilisation du vaccin GamCovidVac [Spoutnik V, ndlr] pour les femmes enceintes», a-t-il indiqué lors d'une réunion du conseil de coordination pour la lutte contre le Covid-19.

«S’ouvre ainsi la possibilité de vacciner les femmes enceintes présentant un risque élevé d'une évolution grave de la maladie», a-t-il ajouté.

Le ministre avait déclaré le 17 juin que la décision sur une éventuelle utilisation du Spoutnik V chez les femmes enceintes pourrait être prise dans sept à dix jours. Le nombre de femmes enceintes contaminées par le coronavirus approchait alors, selon lui, des 10.000 et des cas d’une évolution grave avaient été recensés.

La campagne de vaccination se déroule dans toutes les régions de Russie. En août 2020, le ministère russe de la Santé a enregistré le premier vaccin contre le Covid-19 mis au point par le Centre Gamaleïa, le Spoutnik V. Depuis, la Russie a enregistré trois autres vaccins: l’EpiVacCorona du Centre Vector, le CoviVac du Centre Tchoumakov et le Spoutnik Light, le «petit dernier» de la série, homologué début mai.

Recommandations en France

La question de la vaccination des femmes enceintes a surgi dès l’apparition des premiers vaccins. La Haute autorité de santé a déclaré le 2 mars 2021 dans sa Stratégie de vaccination que l’administration de vaccins «chez la femme enceinte n’[était]est pas contre-indiquée» et devait être envisagée «si les bénéfices potentiels l’emportent sur les risques pour la mère et le fœtus». Cette recommandation était notamment valable pour les femmes enceintes de plus de 35 ans, celles présentant des comorbidités comme l’obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires ou encore celles susceptibles d’être en contact avec des personnes infectées.

Le 3 avril dernier, la Direction générale de la santé (DGS) a élargi l'accès à la vaccination aux femmes enceintes, avec ou sans comorbidités, à partir du quatrième mois de grossesse, avec les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna.

Pour ce qui est des craintes autour de la vaccination à ARN messager (ARNm), comme dans les vaccins de Pfizer et de Moderna, «l'ARNm délivré par le vaccin reste à l'intérieur des cellules musculaires situées à proximité du point d'injection, il y sera rapidement dégradé et ne peut pas migrer», avait expliqué à LCI à la mi-avril Marie-Ghislaine de Goër, ingénieure à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

Dans un avis du 6 avril, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale avait évoqué de son côté le surrisque représenté par la grossesse pour les formes sévères de Covid-19.

«Les vaccins contre le Covid-19 actuellement disponibles en France ne sont pas contre-indiqués chez les femmes enceintes», avait noté le conseil.

Il recommandait la vaccination de toutes les femmes enceintes, avec ou sans comorbidités. D’ailleurs, une étude publiée en mai dans la revue Obstetrics & Gynecology affirme qu’il n’existe aucun lien entre le vaccin contre le Covid-19 et d'éventuelles lésions placentaires.

Avis de l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’était montrée plus prudente dans ses recommandations concernant le déploiement du premier vaccin anti-Covid commercialisé en France et dans l'Union européenne, celui de Pfizer/BioNTech.

«Les femmes enceintes peuvent recevoir le vaccin si les avantages de la vaccination chez elles l’emportent sur les éventuels risques», notait-elle.

Étude de l’université d’Oxford

La grossesse et la contamination au coronavirus augmentent considérablement le risque de décès de la future mère, concluent pour leur part des scientifiques de l’université d’Oxford qui ont réalisé une étude auprès de plus de 2.100 femmes enceintes de 43 maternités dans 18 pays.

Qui plus est, ils constatent que le risque de décès pendant la grossesse et la période postnatale soit 22 fois plus élevé chez les patientes ayant été infectées par le coronavirus.

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Tags:
Covid-19, Spoutnik V, enceinte, femmes
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