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Campagne de vaccination contre le Covid-19 en France (147)
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Alors que l’exécutif réfléchit à une imposition vaccinale pour les personnels médicaux, un nouvel argument a été avancé par les opposants à l’idée. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) s’indigne ainsi que cela puisse concerner des médicaments qui sont toujours en phase d’autorisation conditionnelle.

La polémique autour de la vaccination obligatoire se poursuit. Depuis début juillet l’exécutif se penche sur un projet de loi pour forcer les soignants non vaccinés à le faire. La semaine dernière le Premier ministre a annoncé la consultation des élus locaux et présidents de groupes parlementaires. Il est probable que cette contrainte soit imposée avant septembre si la couverture vaccinale de ces professionnels n’atteint pas les 80%.

Nicolas Dupont-Aignan, chef de Debout la France et candidat en lice pour la présidentielle, en est un fervent opposant. Bien qu’il ne soit pas contre elle en générale, il émet l’argument que les vaccins légaux en France sont en phase 3 d’étude et disposent uniquement d’une autorisation conditionnelle.

«On ne peut pas imposer à des personnes, des êtres humains, des vaccins qui sont toujours en phase d'étude», a-t-il lancé sur CNews ce 6 juillet avant d’ajouter qu’il s’agissait de médicaments «dont le fabricant se désengage de toutes responsabilités».

Récemment sur BFM TV l’homme politique s’est exprimé sur la liberté vaccinale et la vaccination des personnes en comorbidités et âgées. Par ailleurs, il est contre la communication aux médecins généralistes des listes des individus vaccinés pour prendre contact avec ceux qui ne le sont pas et les convaincre à s’immuniser.

​Réticence parmi les soignants

Au 17 juin, 72,2% des médecins ont reçu une première injection, contre 58,7% des infirmiers et 50% des aides-soignants, d’après Santé publique France. Selon Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers-CFE-CGC, dont les propos ont été relayés par Le Monde, «traditionnellement, les aides-soignants sont moins vaccinés que les infirmières, elles-mêmes moins vaccinées que les médecins».

Quatre vaccins sont déjà obligatoires pour les personnels des hôpitaux et des Ehpad: diphtérie, tétanos, poliomyélite et hépatite B.

Autorisation de mise sur le marché conditionnelle

Effectivement, les quatre présents au sein de l’UE disposent pour l’instant d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) conditionnelle. Mais d’après un expert, ce statut n’affecte pas la qualité d’évaluation.

«Ce système d’AMM conditionnelle, et donc rapide, ne dégrade pas les standards d’évaluation sur la qualité, la sécurité et l’efficacité du vaccin», a insisté Alban Dhanani, de la direction vaccin à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), auprès du Monde fin décembre 2020, quand le régulateur européen sanitaire se penchait sur les AMM conditionnelles.

Selon les règles en vigueur, ce type d’autorisation est accordée si des besoins médicaux ne sont pas satisfaits, c’est-à-dire sans autres solutions reconnues pour traiter ou prévenir la maladie en question et si le rapport bénéfice/risque du médicament est positif même si les données cliniques sont incomplètes.

Le régulateur sanitaire européen, l’Agence européenne du médicament (EMA), accorde l’AMM conditionnelle pour une durée d’un an. De plus, le fabricant s’engage à fournir les données manquantes selon un calendrier défini.

Les quatre vaccins autorisés d’urgence au sein de l’UE sont ceux de Pfizer/BioNTech, de Moderna, d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson /Janssen.

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Tags:
vaccination, obligation vaccinale, essais cliniques, Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)
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