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Alors que la pandémie met une fois encore en évidence la fragilité de l’existence humaine, des scientifiques canadiens ont développé un outil capable de calculer assez précisément la date de la mort des personnes âgées. Ils précisent que cela peut être utile dans l’Hexagone.

«Êtes-vous sûr de vouloir commencer?». C’est une question que les développeurs de l’outil en ligne RESPECT adressent à toute personne souhaitant l’utiliser. Et ce pour une bonne raison: après avoir rempli un questionnaire, elle saura la date approximative de sa mort, de celle d’un proche ou d’un patient.

Pourtant les chercheurs canadiens préviennent que «ce calculateur ne prédit l’avenir d’aucune personne», mais évalue une espérance de vie et cela surtout pour les personnes âgées dont l’état de santé est fragile.

La méthode comprend des algorithmes basés sur les données de plus de 574.000 individus de 50 ans et plus qui ont été observés entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2012 en Ontario, précise l’étude publiée dans le Canadian Medical Association Journal.

L’outil évalue notamment le risque de mortalité après que son utilisateur a répondu à un nombre de questions sur l’âge, le niveau d’éducation, les maladies chroniques, les récentes hospitalisations, la capacité à maintenir son hygiène personnelle ou de manger sans assistance, etc.

Le but est donc d’aider à faire évoluer la santé des plus fragiles afin que leurs proches puissent mieux adapter les soins.

Et quid de la France?

Interrogé par Le Parisien, le Dr Amy Hsu, chercheur au Bruyère Research Institute et professeure au département de médecine familiale de l’Université d’Ottawa, a expliqué que RESPECT pourrait être pertinent pour des personnes qui habitent en France même malgré «une petite différence d’espérance de vie».

«Lorsque nous parlons d’une population de patients plus âgés et fragiles avec des types de maladies et des limitations fonctionnelles similaires, les facteurs de risque et l’espérance de vie ne diffèrent pas beaucoup selon les pays et les populations», a-t-elle précisé.

Des outils similaires

Outre RESPECT, les chercheurs du Project Big Life ont développé un calculateur de l’espérance de vie qui prend en compte des habitudes contrôlables dont le tabagisme, la consommation d'alcool, la sédentarité, la mauvaise alimentation et le stress ainsi que des calculateurs qui évaluent les risques de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou de démence.

Mais les Canadiens n’ont pas été les premiers à créer des programmes de ce genre. En septembre 2020, des scientifiques de l'université d'East Anglia, en Angleterre, ont mis au point une application permettant de savoir à quel âge environ une personne allait mourir. Pour cet outil baptisé Mylongevity, ils ont utilisé les données de plus de 100.000 individus âgés de plus de 60 ans. Leurs signes vitaux ont été suivis tous les six mois. Sur la base des informations reçues, ils ont créé 648 «profils de risque».

Les scientifiques ont alors précisé que ce calculateur avait surtout pour but d’aider les gens à se demander comment augmenter leur espérance de vie.

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Tags:
France, décès, espérance de vie, vie
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