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Comment la politique a-t-elle parfois pris le pas sur la science dans les mesures adoptées face au Covid-19 par les autorités à travers le monde? Analyse de Philippe Lemoine, doctorant en logique et philosophie des sciences à l’université Cornell, aux États-Unis, au micro de Rachel Marsden.

Si vous voulez passer des vacances d’été tranquilles, vous n’avez guère le choix: il faut passer par la case piqûre. Et pourtant les tests PCR sont toujours requis notamment en France pour les voyageurs en provenance d’autres pays où le Covid-19 circule encore malgré la vaccination, ce qui laisse à penser que des inquiétudes persistent concernant la contagiosité des personnes vaccinées. Mais les gouvernements persistent à utiliser l’argument des vacances pour pousser les gens vers un choix potentiellement différent de celui qu’ils auraient autrement pu faire.

Philippe Lemoine, doctorant en logique et philosophie des sciences à l’université Cornell, aux États-Unis, réagit à l’hypothèse que certaines restrictions semblent plus fondées sur des considérations politiques que scientifiques:

«Ça n’existe pas vraiment, la science. Les scientifiques sont en désaccord. C’est une sorte de simplification que les gens utilisent, ils se servent de ça comme une sorte d’arme pour critiquer les opinions avec lesquels ils sont en désaccord, pour des raisons qui ne sont en général pas très scientifiques.»

Alors que la France allège les restrictions sanitaires, le spécialiste craint qu’il ne s’agisse que d’une pause.

«Ce qui m’inquiète, c’est que sous la pression d’un certain nombre de gens, le gouvernement décide de remettre en place des restrictions avec comme objectif plus ou moins implicite d’empêcher la circulation du virus, alors qu’on sait que ce n’est pas un problème,» avance-t-il.

Et pourtant au moment où les systèmes étatiques de santé n’arrivent plus à maîtriser la propagation du virus, cela pourrait devenir un problème. Les nouveaux variants Delta et Lambda, jugés plus contagieux que les précédents, risquent d’accélérer ce processus. Cela pousse en effet certains pays à miser sur de nouvelles mesures restrictives. Mais ce n’est pas le choix de tous. Le fameux exemple ou plutôt un contre-exemple que représente la Suède en témoigne alors qu’il reste très critiqué à l’étranger.

«Les Suédois, par rapport aux Français notamment, ont été beaucoup plus libres pendant un an et demi: le bien être des habitants était beaucoup mieux assuré en Suède qu’ailleurs. Le résultat sur le plan sanitaire a été tout à fait comparable à ce que l’on a observé dans le reste de l’Europe. Et je pense que si on faisait une analyse coût-bénéfice des mesures sanitaires qui ont été mises en place en France et dans d’autres pays qui étaient plus durs qu’en Suède, on verrait que l’approche suédoise a été largement supérieure,» analyse Philippe Lemoine.

Les vaccins restent néanmoins la solution privilégiée à tous les rebonds épidémiques. L’OMS insiste sur le fait que les vaccins contre le Covid approuvés par l’organisation permettent d’éviter les formes graves de la maladie.

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Covid-19, Suède
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