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À l’heure où une nouvelle mutation permettant au coronavirus de passer de l’animal à l’humain a été identifiée, des chercheurs mettent en garde contre ce qui pourrait relancer l’épidémie: la contamination d’une nouvelle population animale, ce qui risque de causer une contamination inversée.

Plusieurs animaux ont été suspectés de transmettre le SARS-CoV-2, dont la chauve-souris ou le blaireau-furet. Aujourd’hui, c’est la contamination d’une nouvelle espèce animalière, qui pourrait à son tour redonner le virus à l’homme, qui présente des risques, met en garde Anna Fagre, microbiologiste vétérinaire à l'université d'État du Colorado.

Dans un rapport sur les origines de la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu que l’une des hypothèses les plus probables était la transmission du virus à l’homme par un animal intermédiaire. Mais si le SARS-CoV-2 pénètre dans une nouvelle population animale, il pourrait perpétuer indéfiniment la pandémie, le virus se déplaçant de manière intermittente entre son nouvel hôte et les humains, indique Wired.

Dans les cas de fièvre jaune, d'Ebola, de chikungunya et de tuberculose, la maladie a été autrefois maîtrisée avant de se propager aux animaux, rappelle le magazine.

«Il y a deux raisons expliquant pourquoi nous [les scientifiques, ndlr] sommes préoccupés par la transmission [de pathogènes, ndlr] de l’humain à l’animal: la conservation des espèces et la santé publique», pointe Anna Fagre à Wired.

De l’humain à l’animal

Des cas de transmission des humains aux animaux ont été constatés lors des épidémies d’Ebola, du virus H1N1 et d’autres virus respiratoires. Ebola a été contracté par les grands singes au début des années 2000, H1N1 par les phoques et lions de mer entre 2009 et 2011, précise Wired. Des virus respiratoires ont infecté les gorilles de montagne.

Entre mars 2020 et janvier 2021, le SARS-CoV-2 a été détecté dans 400 élevages de visons dans huit pays de l'UE. En novembre 2020, les animaux ont transmis un nouveau variant du virus à des agriculteurs au Danemark, a indiqué l’OMS.

Suite aux recommandations du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) de tester activement les animaux et le personnel, le Danemark ainsi que les Pays-Bas ont abattu tous leurs visons d'élevage, soit plusieurs millions d'animaux, les Pays-Bas fermant l'ensemble de leur élevage de visons.

«La prévalence des infections canines par les coronavirus canins en Europe pourrait favoriser la recombinaison avec le SARS-CoV-2 si un animal était infecté par les deux virus. Un tel événement, s'il devait se produire, pourrait conduire à l’émergence d'un nouveau coronavirus aux caractéristiques phénotypiques imprévisibles (transmissibilité et virulence)», indique Éric Leroy, chercheur à l'Institut du développement durable (IRD) à Montpellier.

Nouvelle mutation

Une autre grande inquiétude est que le virus, s’étant installé dans une nouvelle espèce, pourrait muter en conséquence.

En fait, une récente étude, sur plus de 180.000 séquences génétiques au total, constate avoir identifié une mutation qui permet au coronavirus de passer rapidement de l’animal à l’humain. Les auteurs de l’étude concluent que la mutation a pu contribuer à la transmission du SARS-CoV-2 des «réservoirs animaux», mais aussi à celle interhumaine.

Vacciner les animaux?

L’idée a été soutenue, par exemple, par des scientifiques britanniques comme moyen d’éviter la contamination inversée, en janvier 2021.

La Russie a lancé fin mai une campagne vaccinale des animaux domestiques par le vaccin Carnivac-Cov. Selon le directeur scientifique de l’équipe qui a mis au point la préparation Carnivac-Cov, il n’est pas nécessaire de vacciner tous les représentants du monde animal.

La vaccination se focalise ainsi sur deux groupes: les animaux domestiques, en contact quotidien avec le propriétaire, et les animaux situés en grand nombre dans une zone limitée, dans des centres d’élevage ou dans des zoos.

Aux États-Unis, le zoo d’Oakland en Californie a entamé l’administration des vaccins expérimentaux, une campagne qui perdurera durant l’été, affirme le New York Times.

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Tags:
pandémie, chercheurs, organisme humain, espèces animales, Covid-19
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