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L’Agence européenne des médicaments teste l’anti-inflammatoire RoActemra qui pourra être utilisé pour traiter dans les hôpitaux les patients adultes atteints de formes sévères du Covid. Bien que le coût de la molécule soit assez élevé, «trop de vies sont en jeu», prévient Médecins sans frontières.

Un médicament récemment qualifié par l’OMS de «porteurs d’espoir» pour les patients atteints de formes graves du Covid est en train d’être évalué par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Il s’agit du RoActemra, anti-inflammatoire et antagoniste de l’interleukine 6, déjà connu et autorisé pour des maladies rhumatologiques.

«RoActemra est considéré comme un traitement potentiel pour le Covid-19 en raison de sa capacité à bloquer l’action de l’interleukine-6, une substance produite par le système immunitaire du corps en réponse à l’inflammation, qui joue un rôle important dans le Covid-19», explique l’EMA dans un communiqué du 16 août.

En cas d’autorisation, le RoActemra pourra être utilisé au sein des hôpitaux pour traiter des patients adultes atteints de formes graves du Covid qui ont déjà reçu un traitement de corticoïdes et ont été placés sous oxygène.

L’EMA procède actuellement à une évaluation accélérée du produit, dont les résultats seront communiqués «d’ici la mi-octobre, à moins que des informations supplémentaires ne soient nécessaires».

Le médicament

Le tocilizumab, substance active du RoActemra, appartient à la classe des médicaments appelés anticorps monoclonaux, utilisés dans le traitement de diverses maladies, y compris les cancers. En ce qui concerne le RoActemra, il est autorisé au sein de l’Union européenne depuis 2009 pour le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

En juillet 2021 l’Organisation mondiale de Santé a officiellement recommandé de recourir au tocilizumab pour «sauver la vie» des patients atteints de formes sévères du Covid. Ce médicament est le deuxième à être préconisé par l'OMS pour le traitement du Covid-19, après la dexaméthasone en septembre 2020.

D’après l’organisation, chez les patients atteints d’une forme grave ou critique du Covid-19, l’administration de tocilizumab réduit de 13% le risque de décès par rapport aux traitements standards. Et la probabilité de devoir procéder à une ventilation mécanique est réduite de 28%.

Les prix inabordables

Pour l’instant, le groupe pharmaceutique suisse Roche reste le seul producteur mondial du RoActemra, et le prix du médicament est élevé. Selon l’association Médecins sans frontières (MSF), le laboratoire suisse maintient le prix du RoActemra à 410 dollars en Australie, 646 dollars en Inde, à 3.625 dollars aux États-Unis par dose de 600 mg pour le Covid-19.

«Ces médicaments [le tocilizumab, le sarilumab] sont porteurs d’espoir pour les patients et leur famille, qui sont confrontés aux conséquences dramatiques des formes graves et critiques de Covid-19. Mais les antagonistes de l’interleukine 6 restent inaccessibles et inabordables pour la majeure partie de la population mondiale», soulignait en juillet Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS.

L’organisation a appelé les entreprises à conclure des accords de licences non exclusifs ou à renoncer aux droits d’exclusivité.

Un message que partage MSF, qui exhorte Roche à «mettre fin à son monopole» pour que d’autres fabricants puissent produire le RoActemra.

«Ce médicament pourrait devenir essentiel pour traiter les personnes atteintes de cas critiques et sévères de Covid-19 et réduire le besoin de ventilateurs et d'oxygène médical qui sont des ressources rares dans de nombreux endroits. Roche doit cesser de suivre une approche de business-as-usual et prendre des mesures urgentes pour rendre ce médicament accessible et abordable pour tous ceux qui en ont besoin, en réduisant le prix et en transférant la technologie, le savoir-faire et les lignées cellulaires à d'autres fabricants. Trop de vies sont en jeu», a déclaré l’association le 7 juillet réagissant à la recommandation de l’OMS.

Traitement autorisé dans l’UE

Outre le RoActemra, l’autre antagoniste de l’interleukine 6, le Kineret (qui contient la substance active anakira), est actuellement à l’étude au sein de l’EMA en vue d’une autorisation commerciale. Le Veklury (remdesivir) est déjà autorisé dans l’UE.

Parmi les molécules anti-Covid soumises auprès de l’EMA à un examen continu figurent deux nouveaux anticorps monoclonaux antiviraux, le casivirimab et l'imdevimab, ainsi que quatre autres médicaments.

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Tags:
Covid-19, anticorps, médicaments, OMS, Roche, Médecins sans frontières (MSF)
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