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    La Russie enverra sur Mars trois expéditions non pilotées avant 2015

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    Entre 2009 et 2011, la Russie enverra sur Mars trois expéditions non pilotées, a annoncé le constructeur général du Programme spatial russe et directeur du Centre aérospatial Lavotchkine, Gueorgui Polichtchouk.

    MOSCOU, 13 avril - RIA Novosti. Entre 2009 et 2011, la Russie enverra sur Mars trois expéditions non pilotées, a annoncé le constructeur général du Programme spatial russe et directeur du Centre aérospatial Lavotchkine, Gueorgui Polichtchouk.

    "Avant 2015, nous devons envoyer trois missions vers la planète mystérieuse. Lors de la première, en 2009, qui partira de Baïkonour, un appareil volera vers un satellite de Mars, Phobos, dans le cadre du projet Phobos-Grunt. Un autre qui partira en 2012 survolera la Planète rouge. La mission de la troisième expédition - à peu près trois ans après la deuxième - sera purement pratique: débarquer et étudier la surface martienne à l'aide d'un véhicule automatique ("marsokhod")", a-t-il précisé dans un entretien publié sur le site web de l'Agence spatiale russe (Roskosmos) vendredi.

    "L'appareil, dans les grandes lignes, est déjà prêt. La date de son lancement - automne 2009 - a été choisie pour des raisons "astronomiques". La distance entre la Terre et Mars sera alors minimale. La "fenêtre" suivante ne s'ouvrira qu'en 2011", a expliqué le constructeur général.

    Pour l'instant, le programme spatial russe ne prévoit aucune mission habitée vers Mars car, selon Gueorgui Polichtchouk, "ce sont justement les robots qui ouvrent la route à l'homme dans l'Espace, et non l'inverse".

    "Les possibilités des robots ont déjà fait leurs preuves sur la Lune. On a établi que nos appareils ont recueilli sur la Lune non moins d'information que les astronautes américains. Les Américains ont passé sur la Lune 75 heures au maximum. Alors que deux robots soviétiques ("lunokhod") y ont fonctionné de longs mois, envoyant sur Terre une immense quantité de précieuses informations. A noter également que ces recherches et l'acheminement d'échantillons de sol lunaire sur Terre par nos stations automatiques a coûté bien moins cher que les expéditions pilotées américaines. Sans parler de l'absence de risques pour des vies humaines", a noté le constructeur général du programme spatial russe.

    La station automatique Phobos-Grunt aura pour mission de rapporter sur Terre des échantillons de sol prélevés sur le satellite martien Phobos et d'étudier ce dernier en tant que corps céleste: établir une carte de sa surface, étudier sa structure intérieure, préciser ses dimensions, sa forme, sa masse et sa densité, a indiqué M. Polichtchouk. Selon lui, le lieu "d'atterrissage" a déjà été défini: "Diverses propositions ont été passées en revue. Le lieu le plus intéressant, qui a été choisi, se trouve dans la zone équatoriale du satellite qui est tournée constamment vers Mars, pour pouvoir étudier, depuis Phobos, la Planète rouge", a-t-il expliqué.

    Le constructeur général du Programme spatial russe a précisé que le robot Phobos-Grunt ne se déplacerait pas sur la surface de Phobos: "Nos efforts tendent à permettre à notre station de s'ancrer sur la surface et de prélever des échantillons de sol. On a longtemps discuté sur la manière dont ce prélèvement pourra être effectué: à même la surface ou par un forage. La décision a été prise de le prendre à même la surface".

    "Mais il faut bien comprendre pourquoi cette mission doit être effectuée. D'abord, ce satellite de Mars est un corps céleste de dimensions très faibles et, pour cette raison, il pourrait receler le matériau à partir duquel se sont formées les planètes du Système solaire. Nous aurons donc une chance formidable de nous rapprocher de la solution de l'énigme des origines de la vie. Ensuite, le système restera sur orbite pour poursuivre des études", a indiqué le directeur général du Centre aérospatial Lavotchkine.

    S'agissant du programme spatial russe, il a noté que "ces trois dernières années la Russie dépasse les Etats-Unis quant au nombre de lancements. Pour ce qui est des boosters russes Fregat, toutes les orbites spatiales leur sont accessibles. Nous sommes donc au niveau sur ce plan, et nous nous en approcherons en termes de navigation spatiale. A l'opposé de la Chine, de l'Inde et du Japon, qui, à l'instar des Etats-Unis, ont opté pour la Lune, la Russie, de nos jours, "couvre" tous les grands axes de la recherche spatiale: études astrophysiques, de planètes, du Soleil, des liens Soleil-Terre, etc.".

    En outre, selon lui, la Russie reviendra obligatoirement sur la question d'une mission sur Vénus (des appareils soviétiques ont été les premiers à avoir effectué, dans les années 1960-1980, des missions sur Vénus). "Le Programme spatial fédéral échelonné jusqu'en 2015 prévoit des ressources pour une telle mission", a noté le responsable.

    Pourtant, la Russie estime que "les programmes planétaires géants doivent être réalisés conjointement". "Notre degré d'intégration avec l'Europe est important, et il est notable avec l'Inde et la Chine. Les Etats-Unis comptent sur leurs propres forces, mais c'est là une erreur stratégique. Répéter ce qui a été réalisé par d'autres n'a pas de sens. Roskosmos élabore actuellement un programme d'études spatiales pour les 30 ou 40 années à venir, il y a donc matière à réfléchir", a conclu Gueorgui Polichtchouk.

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