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    Lactoferrine transgénique/ Tomographie mammouth/ Ours blanc/ Hygrostats

    Des chevreaux transgéniques porteurs du gène de la lactoferrine humaine 

    Travaillant sur un programme de l'Etat de l'Union Russie-Biélorussie, des chercheurs de ces deux pays sont parvenus, pour la première fois au monde, à obtenir des chevreaux transgéniques dont chaque cellule comporte un gène codant la lactoferrine, une protéine contenue dans le lait maternel de la femme. Ils espèrent pouvoir disposer, d'ici quelques années, d'un troupeau de chèvres transgéniques dont le lait servira à la création de préparations médicales d'un type nouveau, efficaces et biologiquement sans danger, indique le site informnauka.ru.

    L'homme ingère de la lactoferrine dès sa naissance, avec le lait maternel. Cette substance protègera le bébé des bactéries et des virus jusqu'au moment où il aura développé son propre mécanisme de défense immunologique. Toutes les mères ne produisant pas systématiquement de lait pour nourrir leur enfant, l'ajout de lactoferrine humaine dans une alimentation artificielle aiderait à préserver la santé des nouveaux-nés. Le taux de mortalité de ces derniers, résultant de diverses infections gastro-intestinales, diminuerait considérablement. La lactoferrine possède par ailleurs de multiples propriétés qui en font une substance extrêmement utile, notamment pour encourager l'activité antitumorale.

    Le lait maternel ne contient que 4 ou 5 grammes de lactoferrine par litre. On ne peut guère compter sur la collecte de lait sans prendre le risque que les mères ne soient infectées, par exemple, par le virus du sida ou d'autres encore. La lactoferrine ne pouvant être obtenue à l'aide de microorganismes transgéniques (principal procédé de fabrication de la plupart des préparations protéiniques), il reste la possibilité de créer un animal transgénique produisant de la lactoferrine humaine en même temps que son propre lait.

    "L'idée d'obtenir de la lactoferrine à partir du lait d'animaux transgéniques nous intéresse depuis une dizaine d'années. Nous avons commencé nos expériences par la reconstitution du gène. Ce que nous avons réussi. Nous avons obtenu ensuite des souris transgéniques", explique l'initiateur de ces travaux, Igor Goldman, directeur du Transgenbank de l'Institut de biologie du gène (IBG) de l'Académie des sciences russe.

    Il a été établi que le transgène se transmet à la descendance, et que la concentration en lactoferrine dans le lait est de plusieurs fois supérieure chez la souris que chez la femme. Le taux record de lactoferrine humaine enregistré chez une souris est de 40 grammes par litre! Et la qualité de cette lactoferrine issue du lait de souris s'est avérée en tout point identique à celle se trouvant dans le lait de la femme. "Sur la base de la lactoferrine humaine, nous élaborerons, avec des collègues appartenant à d'autres organisations, des préparations médicinales ainsi que des soins cosmétiques", ajoute Igor Goldman.

    Les scientifiques prévoient désormais de produire de la lactoferrine humaine à partir de chèvres transgéniques. Rappelons qu'une bonne chèvre donne autant de lait qu'une mauvaise vache: un millier de litres par période de lactation. C'est la raison pour laquelle des travaux sont menés avec succès dans le monde entier pour créer des chèvres transgéniques, dont le lait contiendrait telle ou telle protéine utile. "Les travaux sur les chèvres sont compliqués à cause de trois facteurs, note Elena Sadtchikova, chef du laboratoire de transgenèse de l'IBG: la reproduction de type saisonnier chez cet animal; la gestation, qui dure près de six mois; et enfin l'absence d'élevage de chèvres laitières en tant que branche d'élevage en Russie et en Biélorussie."

    Les chercheurs de l'IBG ont tenté d'obtenir le financement de leurs travaux par le gouvernement russe. Sans succès. Mais ils sont parvenus à créer un programme spécial de l'Etat de l'Union Russie-Biélorussie nommé "BelRosTransgen". C'est dans le cadre de ce programme qu'a été créé, en 2003, un Centre biotechnologique dans une ferme du Centre scientifique et pratique de l'Académie des sciences biélorusse de Jodino (Biélorussie). En quatre ans, les chercheurs ont réalisé un nombre important d'expériences visant à créer des chèvres transgéniques en leur "greffant" le gène de la lactoferrine humaine. Après plusieurs échecs, la ferme biotechnologique de Jodino a salué la naissance, à l'automne dernier, des deux premiers chevreaux transgéniques, baptisés Lak1 et Lak2.

    Malheureusement, les recherches sont perturbées depuis l'arrêt, au 1er janvier 2007, du financement du programme BelRosTransgen. C'est le Centre scientifique et pratique qui a pris en charge le financement des travaux pour l'entretien des chèvres. La première descendance est attendue lorsque les chèvres seront parvenues à l'âge adulte.

    Les chercheurs travailleront alors sur le programme BelRosTransgen2, qui consistera à développer le troupeau de chèvres transgéniques, à élaborer et tester des préparations contenant de la lactoferrine et assurer leur protection par des brevets. C'est seulement ensuite que ces chèvres pourront "gagner leur vie" en fournissant par le biais de leur lait ces précieuses protéines et confirmer ainsi une nouvelle avancée dans le domaine des hautes technologies.

    Tomographie au japon pour le bébé mammouth Liouba

    Le bébé mammouth Liouba, découvert l'an dernier en Sibérie dans un état de conservation exceptionnel, vient d'être envoyé au Japon pour y subir une étude tomographique.

    Liouba était accompagnée dans son voyage par des spécialistes du Complexe Musée-exposition Chenovski, de Salekhard. Ce bébé mammouth, âgé de moins d'un an et mesurant 90 cm sur 130, a été mis au jour, remarquablement bien conservé, dans l'arrondissement autonome des Iamalo-Nénets en mai dernier. Le conteneur renfermant ce véritable trésor a pris le chemin de Moscou. Mais le but final de son voyage était Tokyo. Plus précisément, l'Institut d'imagerie médicale de haute résolution et l'Ecole de médecine de l'Université de Jikei, où les spécialistes procéderont à des études tomographiques.

    Cette tomographie permettra d'étudier soigneusement la structure de l'organisme du bébé mammouth à la fois sur un plan général et au niveau de chaque organe. Le corps du mammouth sera scanné en trois dimensions. "Nous pensons obtenir des résultats remarquables de l'étude du tissu musculaire et des organes internes", a confié le professeur Suzuki, de Jikei, qui attendait depuis plus de vingt ans une pareille opportunité.

    La température optimale de conservation du mammouth est de moins 18 degrés. C'est pourquoi, pour ce déplacement, un conteneur thermo-isolant spécial a été fabriqué, dans lequel de la glace sèche a été incorporée. Celle-ci, même en petite quantité, crée le froid requis, et en cas de fonte, ne s'évapore pas et ne forme pas d'eau. Le mammouth a été placé dans un emballage hermétique de polyéthylène, et soigneusement empaqueté de manière à éviter que son intégrité ne puisse être mise à mal.

    L'animal, qui pèse une cinquantaine de kilos, avait dans un premier temps été conservé dans une chambre froide souterraine du village de Novy Port, avant d'être transféré au Complexe Chenovski, où il est conservé dans une chambre froide à une température de moins 7 degrés. La découverte de Liouba a constitué un événement exceptionnel. Il s'agit de la trouvaille de ce type la plus complète effectuée à ce jour dans le monde. Son niveau de conservation est largement supérieur à celui de ses "collègues", puisque la trompe, les yeux et des restes de poils attachés au corps ont été préservés. La mort de Liouba - le cinquième bébé mammouth découvert - remonte, selon les calculs des spécialistes russes et étrangers, à 37.000 ans, a révélé l'Agence Itar-Tass.

    Réchauffement climatique: la Tchoukotka perd ses ours blancs

    En comparaison avec les années précédentes, les patrouilles du WWF chargées d'observer le littoral arctique de la Tchoukotka notent un important retard dans l'apparition des ours blancs sur le littoral, rapporte le site informnauka.ru.

    Lors du premier jour de l'hiver, la Tchoukotka a connu un fort dégel et des pluies. La température anormalement clémente et un fort vent du sud-est ont empêché la formation d'une couche de glace dans la mer des Tchouktches ainsi que l'installation des ours sur le littoral. Des mouettes et des eiders à lunettes ont fait leur apparition, phénomène inhabituel fin décembre.

    "Le réchauffement climatique global conduit à ce que les ours blancs gagnent de plus en plus tard le littoral tchouktche chaque année, note Viktor Nikiforov, directeur des programmes régionaux du WWF Russie. Il est probable que les ourses qui attendent des petits iront sur l'île de Wrangel, et que le nombre de tanières sur le littoral de la Tchoukotka diminuera sensiblement."

    La situation des ours blancs préoccupe la population des localités tchouktches situées sur le littoral: les ours se font de plus en rares dans les régions orientales de la Tchoukotka, tandis qu'à l'ouest, leur apparition et leur nombre deviennent de moins en moins prévisibles.

    "Pendant des siècles, les ours et les hommes ont vécu ensemble sur cette terre, rappelle l'artisan chasseur Vladilène Kavry, coordinateur du projet "Patrouille des ours" en Tchoukotka. En maintes circonstances, l'ours blanc a aidé l'homme à survivre. Mais nous constatons aujourd'hui que les ours se font de plus en plus rares d'année en année et des temps difficiles les attendent. Le moment est venu de réfléchir à différentes manières d'aider l'ours blanc."

    La "Patrouille des ours" du WWF a pour mission de surveiller le territoire pendant la période de migration (septembre-janvier), de procéder à un monitoring des ours, de protéger les lieux de stationnement des morses sur la terre ferme, et de délivrer des informations écologiques à la population.

    En Russie, l'ours blanc vit en permanence dans un espace compris entre la Terre François-Joseph et la Nouvelle Zemble, et s'étendant jusqu'à la Tchoukotka. Sur les glaces flottantes, il atteint parfois le Kamtchatka, le littoral de la mer d'Okhotsk et les îles Kouriles. On l'a également rencontré profondément à l'intérieur des terres (jusqu'à 500 km en remontant le fleuve Iénisséï). La frontière méridionale de sa zone d'habitation coïncide avec les débris des glaces dérivantes. Lors de la fonte et de la destruction des glaces, les ours se déplacent vers la frontière septentrionale du Bassin arctique. Avec le début de la formation solide des glaces, ils font le chemin inverse et migrent vers le sud.

    On dénombre actuellement quelque 20 à 25.000 ours blancs dans le monde. Mais d'ici 2050, cette population pourrait être amputée des 2/3 de ses effectifs en raison du réchauffement global, du braconnage et de la pollution du milieu naturel arctique.

    Selon les scientifiques, la surface de la couverture glaciaire de l'Arctique a diminué de 25% ces dernières années. Mais les spécialistes du WWF estiment que ce sont là des évaluations trop prudentes et optimistes. La fonte des glaciers, affirment-ils, s'effectue beaucoup plus vite. Selon le Bureau géologique des Etats-Unis, la superficie des glaciers arctiques, qui constituent l'espace de vie naturel des ours blancs, pourrait diminuer de 42% dans les prochaines décennies.

    La chasse à l'ours blanc est interdite par la loi dans l'Arctique russe depuis 1956. En 1973, les pays du Bassin arctique ont conclu un Accord sur la préservation des ours blancs qui, depuis sa ratification et son entrée en vigueur (1976), constitue le fondement juridique international pour la protection, l'étude et l'utilisation de cette espèce. Mais le prix de la peau de l'ours blanc et de certains autres de ses attributs demeure très élevé sur le marché noir.

    La pollution du milieu arctique vient s'ajouter à tout cela. Le plan d'eau et les écosystèmes littoraux sont pollués par les pesticides, les radionucléides, les déchets des combustibles, les métaux lourds, les graisses et huiles, le pétrole, etc. L'ours blanc est un carnassier à longue durée de vie, et son organisme ressent l'effet de ces concentrations élevées de substances toxiques.

    (L'ours blanc (ursus maritimus) est le plus gros carnassier du monde animal. Il vit de 25 à 30 ans. Il mesure de 1,6 à 3,3 m de long. Le mâle pèse généralement entre 400 et 500 kg (parfois jusqu'à 750 kg), et la femelle 380 kg. L'ours blanc nage et plonge à merveille. Il est capable de nager des dizaines de kilomètres en pleine mer. Il sait se déplacer rapidement sur la glace. L'ours blanc vit en solitaire, mais on peut parfois rencontrer de petits groupes de 2 à 5 individus.)

    Des hygrostats plus performants pour les musées

    Des hygrostats d'un type nouveau proposés par des chercheurs de l'Institut de catalyse de Novossibirsk intéressent les responsables de musées et bibliothèques, tant en Russie qu'à l'étranger, annonce le site njk.ru.

    Pour la bonne conversation des pièces d'exposition des musées et des livres anciens des bibliothèques, un taux d'humidité compris entre 40 et 65% est requis. Un taux qu'il n'est pas toujours possible de maintenir, notamment lors du transport, du stockage provisoire et de l'exposition de manuscrits, tableaux et autres pièces de musée. Ce problème est réglé d'ordinaire à l'aide de systèmes d'air conditionné, lesquels présentent pour principaux inconvénients d'être bruyants, d'avoir une productivité (vitesse de dessèchement de l'air) peu élevée et d'utiliser des fréons et autres gaz considérés comme partiellement responsables de la formation de l'effet de serre.

    On utilise également, pour réguler l'humidité de l'air dans les locaux, des hygrostats, faits d'une matière composée d'un mélange de sels incluant obligatoirement des hydrates cristallins. Ainsi, des mélanges des sels NaBr et NaBr 10h2O assurent, à une température intérieure normale, une humidité relative de 34-36 %. Les chimistes connaissent toute une palette de mélanges de sels permettant de maintenir concrètement n'importe quel taux d'humidité.

    Des chercheurs de l'Institut de catalyse de la Section sibérienne de l'Académie des sciences russe (SSASR) ont élaboré un hygrostat d'un type nouveau, possédant plusieurs avantages par rapport à ses prédécesseurs. Ce nouvel hygrostat se présente lui aussi sous la forme d'un absorbeur d'eau fait de deux composants de sel. Mais, à la différence des hygrostats traditionnels, il est réalisé à partir de nanoparticules, et non de gros cristaux. La nature des deux sels le composant est tenue secrète par ses concepteurs. Le responsable du projet, le docteur en chimie Iouri Aristov, a toutefois confié que cette matière rappelait une éponge, mais une éponge que l'on ne peut presser.

    L'hygrostat est placé dans la même vitrine transparente que les pièces d'exposition ou les livres conservés. La principale qualité d'exploitation de cet hygrostat, due à la structure nanométrique de l'absorbeur, est la capacité de son tampon d'absorption, de plusieurs fois supérieure à celle de ses analogues en cristaux. C'est la raison pour laquelle, pour parvenir aux taux d'humidité de l'air requis, une quantité de matière absorbante considérablement inférieure à celle nécessaire habituellement suffit. Par ailleurs, son conditionnement (ajout ou pompage de l'eau) peut être effectué beaucoup moins fréquemment. Par conséquent, les vitrines contenant des objets précieux n'ont pas besoin d'être constamment ouvertes.

    La Bibliothèque scientifique et technique publique d'Etat de la SSASR et le Musée d'histoire des peuples de Sibérie de l'Institut d'archéologie et d'ethnographie de la SSASR, où sont conservées des momies de l'époque du premier âge du fer, en provenance du plateau d'Oukok, dans l'Altaï, ont été les premiers à apprécier cette découverte des chercheurs de l'Institut de catalyse.

    Le musée de l'Ermitage et le British Museum ont fait part de leur intérêt pour cette invention. Selon Boris Elepov, directeur de la Bibliothèque scientifique et technique, une énorme niche commerciale existe pour l'utilisation de cette découverte.

    Nikolaï Dobretsov, président de la SSASR, considère quant à lui que cette invention doit rapporter de l'argent, naturellement, mais pas sur le dos des musées russes, auxquels elle doit être fournie à titre d'aide.

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