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    Réchauffement climatiqueSmog dans la région de Kemerovo

    La science et les technologies russes au jour le jour

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    Merzlota/Changement de climat/Gaz à effet de serre/ Réchauffement climatique et hibernation

    Le recul de la merzlota

    Les écologues (*) russes ont préparé un rapport sur les cataclysmes naturels et économiques qui s'annoncent avec la fonte de la merzlota, en liaison avec le réchauffement climatique, rapportent les sites rian.ru et nkj.ru.

    On constate partout, depuis les années 70, un accroissement de la température annuelle moyenne de la couche supérieure de la merzlota (sol éternellement gelé) de 1,2 à 2,8 ° sur le territoire européen de la Russie, et de 1 à 1,5 ° en Sibérie, relèvent les écologues dans leur rapport. Ces modifications sont dues à des processus climatiques globaux. En témoigne le fait que dans le Nord de l'Alaska et dans le Canada du Nord-Ouest, la température des sols gelés a, là aussi, augmenté de 2 à 4 ° au cours des deux dernières décennies.

    Ces modifications climatiques, estiment les auteurs du rapport, favorisent le développement de processus géocryologiques défavorables, qui influent sur la stabilité de l'infrastructure de villes entières. Il s'agit d'un sérieux problème, car environ 65 % du territoire de la Russie se trouvent dans la zone de la merzlota. Il faut également tenir compte du fait que dans les limites de la cryolithozone du pays sont concentrées plus de 30 % des réserves prospectées de pétrole, environ 60 % de celles de gaz naturel, d'énormes gisements de houille et de tourbe, une grande partie des ressources hydrauliques, des réserves de métaux précieux, d'or, de diamants, de bois et d'eau douce. Sur ces territoires se trouvent des villes, des voies ferrées, des gazoducs, des oléoducs, des routes. C'est tout cela qui est menacé d'être endommagé, voire détruit.

    Le vice-recteur de l'Université de Tomsk, le docteur en biologie Sergueï Kirpotine, a noté, lors d'une conférence de presse donnée dans les locaux de  RIA Novosti, qu'au cours des dernières décennies, la fonte de la merzlota avait été à l'origine de la multiplication de plusieurs fois de l'érosion côtière sur le littoral arctique russe. Ce processus emporte chaque année environ 30 kilomètres carrés du territoire russe.

    La menace provenant du méthane se fait de plus en plus précise - il s'agit, en l'occurrence, de la libération en grandes quantités d'un gaz de serre encore plus "puissant" que le CO2. Dans les lacs qui fondent, en Sibérie Occidentale, il y a des endroits de dégagement concentré de ce gaz, où ce dernier frappe en quelque sorte à la surface sous forme de bulles. Plus la fonte de la merzlota sera intense, et plus importante sera la quantité de méthane rejetée dans l'atmosphère.

    Cependant, les informations sur le nombre d'accidents et les pertes entraînés par la dégradation de la merzlota sont présentées dans le rapport de manière assez imprécise. Il est indiqué qu'il se produit environ 1.900 accidents par an. Mais il est extrêmement difficile de déterminer dans quels cas concrets les conditions climatiques ont joué un rôle dans la destruction de tel ou tel ouvrage, relève Fedor Romanenko, un expert en géomorphologie et géocryologie. Il souligne également que certaines photos illustrant des destructions consécutives à la fonte de la merzlota ne sont pas précises. Par exemple, un bâtiment détruit avait été construit au milieu du siècle dernier et était chancelant. Ou bien encore, une voie ferrée ayant été endommagée avait été édifiée dans un secteur difficile. Mais ce chercheur assure toutefois que le problème de la merzlota existe, incontestablement, et qu'il faut absolument continuer de l'étudier.

    Le principal auteur de ce rapport, le docteur en géographie Oleg Anissimov, de l'Institut de l'hydrologie de Saint-Pétersbourg, estime qu'il est difficile de chiffrer exactement les dommages économiques causés par la fonte de la merzlota, car en Russie les estimations quantitatives manquent et les méthodes de calcul adéquates font défaut.

    Les écologues assurent qu'il est dès à présent indispensable d'élaborer des mécanismes d'adaptation aux modifications climatiques. Pour savoir dans quels secteurs il faut conserver la merzlota, et dans quels autres il faut, au contraire, partiellement dégeler pour assurer la stabilité des bâtiments. Des méthodes modernes de construction sont nécessaires pour édifier les nouveaux ouvrages et rénover en profondeur ceux existant déjà. Les écologues devaient  remettre leur rapport, accompagné de cartes mentionnant les zones à risques, aux responsables des différentes entités de la Fédération et des grosses entreprises industrielles.

    (*) L'écologie est une science qui s'occupe des relations entre les êtres vivants et l'environnement. Elle ne doit pas être confondue (comme c'est très souvent le cas) avec l'écologisme, qui est un courant de pensée, rappelle en substance le site wikipedia.fr. Il convient donc d'opérer une distinction entre écologues et écologistes.

    Personne ne profiterait d'un changement de climat

    Les économies d'énergie et le rétablissement des forêts sont des mesures-clés dans la lutte contre le changement climatique et pour la diminution des risques liés au réchauffement global, estime Viktor Danilov-Danilian, un chercheur russe bien connu, dont les propos sont rapportés sur le site rian.ru. Des modifications climatiques ne seraient utiles à personne, a-t-il souligné lors d'un chat mené de front avec Alexeï Kokorine, responsable du programme climatique russe du WWF.

    "La meilleure chose que l'homme puisse faire pour diminuer les risques liés au réchauffement global et contrecarrer les changements climatiques est de réaliser des économies d'énergie et de replanter les forêts, a déclaré Viktor Danilov-Danilian, membre correspondant de l'Académie des sciences russe, à la veille de la conférence de Copenhague. Il s'exprimait dans le cadre d'un chat organisé par RIA Novosti, après la loi adoptée en Russie sur les économies d'énergie et l'efficacité énergétique.

    Le chercheur s'est félicité de l'adoption de cette loi. Elle implique, par exemple, le retrait progressif de la vente des ampoules à incandescence (à compter du 1er janvier 2011, pour celles de 100 watts et plus, de 2013 pour celles de 75 watts et plus, et de 2014 pour celles de 25 watts et plus). "Toute économie d'énergie, au final, débouche sur une baisse des rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère, favorise la diminution de sa concentration dans l'atmosphère et, par voie de conséquence, la diminution aussi de l'effet de serre et le ralentissement du réchauffement, estime Viktor Danilov-Danilian."

    Pour Alexeï Kokorine, il existe un lien direct entre la diminution des conséquences négatives de la modification du climat et les économies d'énergie. "Le lien est des plus directs entre l'utilisation de technologies économes en énergie et la diminution des conséquences du changement climatique. Et non pas tant les conséquences du changement climatique que la modification du climat en tant que telle, a-t-il dit. Cette modification est provoquée actuellement, pour l'essentiel, par les rejets de gaz à effet de serre, principalement le CO2. Or, la principale source d'émission du CO2 est la combustion des combustibles fossiles."

    Un changement climatique ne serait utile à personne, a souligné lors de ce chat Viktor Danilov-Danilian. Selon lui, des prévisions faisant état d'une montée du niveau de la mer d'ici la fin du siècle d'au moins 1,40 m semblent très plausibles. Sans parler d'autres grosses conséquences climatiques que l'humanité peut en quelque sorte s'infliger à elle-même. C'est la raison pour laquelle les dépenses que les analystes, même les plus audacieux, proposent pour faire barrage à ces changements apparaissent comme infimes, comparées aux possibles pertes que pourraient entraîner les changements climatiques, écologiques et autres, estime le chercheur.

    Pour Alexeï Kokorine, l'hypothèse la plus plausible est une montée de l'océan mondial de l'ordre de "seulement un mètre". Mais pour bien des pays et villes côtières, ce serait déjà beaucoup. D'autant plus que cette élévation du niveau des eaux ne manquerait pas de s'accompagner d'un accroissement des tempêtes, vents et autres inondations.

    Par ailleurs, deux degrés représentent pour Alexeï Kokorine la limite au-delà de laquelle le déficit en eau douce risque de nettement s'aggraver. Une élévation de la température moyenne de deux degrés signifierait déjà une pénurie d'eau pour un demi-milliard d'habitants de notre planète, mais une augmentation de trois degrés et demi toucherait carrément 3,5 milliards d'entre eux (sur les 9 milliards que pourrait compter la Terre au milieu du XXIe siècle).

    Gaz à effet de serre : dérèglement oui, réchauffement non, selon un chercheur russe

    L'accumulation de CO2 dans l'atmosphère peut conduire à des variations climatiques marquées, mais en aucun cas à un réchauffement de la planète. Telle est, brièvement résumée, l'opinion défendue par un chercheur russe, le professeur Oleg Sorokhtine (*), dont l'opinion est rapportée sur le site ng.ru. Les lois régissant l'effet de serre, estime-t-il, ne peuvent en aucun cas s'appliquer à l'atmosphère.

    Les gaz ressemblant au gaz carbonique (CO2) et susceptibles d'être réchauffés par le rayonnement infrarouge ont été baptisés gaz à effet de serre, bien que cette appellation soit totalement inappropriée, explique Oleg Sorokhtine. Dans une serre, il fait chaud non pas parce que le verre ne laisse pas passer le rayonnement infrarouge et que la serre s'emplit elle-même de gaz à effet de serre, mais parce que celle-ci constitue un système fermé, coupé par le verre de l'air extérieur. L'atmosphère, en revanche, forme un système totalement ouvert allant jusqu'au cosmos. C'est la raison pour laquelle les lois applicables à des serres de jardin ne sauraient lui être appliquées.

    Il n'en demeure pas moins que le principal argument des écologistes réside dans le réchauffement du climat observé ces dernières années, lié à l'accumulation simultanée dans l'atmosphère du gaz carbonique produit par l'homme. C'est pourquoi cette hypothèse des gaz de serre est considérée comme évidente, pratiquement sans preuves ni vérifications. Ce point de vue, regrette Oleg Sorokhtine, est l'opinion qui prévaut dans tous les grands forums internationaux. Il a été totalement confirmé par les décisions prises lors des conférences écologiques internationales de Rio de Janeiro (1992) et Kyoto (1997).

    Si l'on en croit ces prévisions, poursuit le chercheur, d'ici 2100 le réchauffement climatique pourrait être de l'ordre de 2,5 à 5 °, et la fonte des glaciers polaires induite par celui-ci pourrait engendrer une élévation du niveau des océans de 0,6 à 1 m. Sans compter bien d'autres prévisions catastrophiques pour la nature découlant de ce réchauffement (extension des déserts, disparition de la merzlota, érosion des sols, etc.).

    Bien des spécialistes des sciences physiques défendent un autre point de vue. Ainsi, la théorie du climat de la Terre élaborée à l'Institut d'océanologie de l'Académie des sciences russe montre que la température de la troposphère (la couche inférieure de l'atmosphère terrestre), de même que celle de la surface du globe, dépendent non pas d'un, mais de plusieurs facteurs.

    Il importe de noter que cette théorie fournit des données chiffrées et permet de mesurer l'influence sur le climat de chacun des facteurs énumérés, pris ensemble ou séparément. Il s'avère que le processus dominant, celui qui régit les transferts de chaleur et la répartition de la température dans la troposphère, est la convection des masses d'air.

    Qui plus est, cette théorie a permis de déterminer et de vérifier d'après des données géologiques l'évolution du climat terrestre tout au long des quatre derniers milliards d'années. Il s'avère que durant cette période, dans un contexte de luminosité croissante du Soleil, il s'est produit un refroidissement régulier du climat, la température étant passée d'environ +70 ° à l'époque archéenne à +15 ° (température annuelle actuelle moyenne à la surface du globe). Le principal facteur de ce refroidissement a été la baisse de la pression atmosphérique, qui est passée de 4 à 5 atmosphères à l'époque archéenne à 1 atmosphère aujourd'hui. Ce refroidissement continuera de se produire à l'avenir.

    Cette théorie montre clairement que l'accumulation du gaz carbonique dans l'atmosphère ne conduit en aucune manière à un réchauffement du climat. Bien au contraire, à des concentrations élevées, elle ne fait que favoriser son refroidissement. Comment cela s'explique-t-il ? En absorbant le rayonnement infrarouge, l'air chaud se dilate, devient plus léger et s'élève rapidement vers les couches supérieures de l'atmosphère. Il est alors remplacé par de l'air froid qui descend de la stratosphère. Si bien que la température au sol de l'air ne bouge pratiquement pas, ou baisse même légèrement.

    A la différence de ce que fait l'approche classique, il faut tenir compte du fait que sur les planètes ayant une atmosphère dense (une pression de plus de 0,2 atmosphère), le principal mécanisme de transfert de chaleur à partir de leur surface est le transfert par convection de masses d'air dans la troposphère.

    Les calculs montrent que l'apport de la composante convection dans le transfert de chaleur est de 66,5 %, celui des processus de condensation de 25 % et celui des gaz à effet de serre de seulement 8,5 %.

    Dans une troposphère ayant une teneur élevée en gaz carbonique, les échanges de masse de gaz atmosphériques par convection doivent s'accélérer sensiblement. C'est pourquoi il n'est pas exclu que l'intensification des processus synoptiques (mais pas l'élévation de la température) observée ces dernières années dans la troposphère puisse être liée précisément à l'accumulation en son sein du gaz carbonique produit par l'homme.

    Il s'avère donc, conclut Oleg Sorokhtine, que les idées communément admises sur le réchauffement du climat de la Terre en raison de l'accumulation dans l'atmosphère du CO2 produit par l'homme relèvent du mythe. Ce qui est beaucoup plus réaliste, c'est d'envisager que l'accumulation de gaz carbonique puisse conduire, toutes choses égales par ailleurs, à un refroidissement du climat et à un certain renforcement de l'activité synoptique dans la troposphère de la Terre.

    Quant au réchauffement climatique de ces dernières années, il revêt, à l'évidence, une origine naturelle. Le professeur Sorokhtine en veut notamment pour preuve les travaux menés aux Etats-Unis par une équipe de chercheurs sous la direction de A. Robinson. Ces travaux ont montré qu'il existait une corrélation assez marquée, au cours des 120 dernières années, entre les variations de température dans l'Arctique et l'activité solaire, alors qu'il n'y a pratiquement pas de lien avec l'accumulation de CO2 produit par l'homme.

    Ces travaux, ajoute enfin le chercheur russe, ont démontré sans équivoque que la concentration de gaz carbonique dans l'atmosphère terrestre n'influe aucunement sur le climat de la Terre. Bien plus : si l'on tient compte des cycles d'environ 60 ans de l'activité solaire, et du fait que le dernier cycle d'oscillation a débuté approximativement en 1970, on peut s'attendre, dans les 20 ou 30 prochaines années, à de nouveaux refroidissements climatiques.

    (*) Le professeur Oleg Sorokhtine, géologue-physicien et docteur ès sciences physiques et mathématiques, est chef du Laboratoire de géodynamique théorique de l'Institut océanographique Chirchov, relevant de l'Académie des sciences russe. Cette opinion du professeur Sorokhtine est tirée de la livraison du 02/12/2009 de la Nezavissimaïa Gazeta.

    Réchauffement climatique et hibernation ne font pas bon ménage

    Le temps anormalement clément a retardé cette année encore le début de l'hibernation des ours du zoo de Moscou, rapporte le site rian.ru.

    Les trois ours bruns et les quatre ours himalayens du zoo de Moscou n'étaient toujours pas entrés en hibernation début décembre, a annoncé la porte-parole du zoo de Moscou, Elena Mendossa. Le même scénario se reproduit depuis plusieurs saisons.

    Il y a une dizaine d'années, les ours commençaient à hiberner début décembre. Mais l'an dernier, par exemple, l'hibernation n'a commencé pour eux qu'au milieu de l'hiver. "Au cours des dernières années, commente Elena Mendossa, il n'est pas arrivé une seule fois que les ours hibernent normalement. Pour cela, il leur faut une température basse et stable et, surtout, une couverture neigeuse importante."

    "Il n'y a rien de tragique à ce que les ours ne dorment pas, poursuit Elena Mendossa. Dans la nature, si les ours ne dorment pas, ils risquent de mourir de faim. Ici, au zoo, ils sont bien nourris.'"

    Les ours hibernent selon leur horloge biologique. Tous n'hibernent pas, à l'instar de l'ours blanc, de l'ours à lunettes et de l'ours lippu. L'hibernation constitue pour les ours un mécanisme de protection important. Elle est indispensable pour que l'animal puisse supporter les conditions climatiques défavorables et l'absence de nourriture pendant la saison froide.

    Outre les ours, hibernent également des animaux tels que les ratons, les blaireaux, ou les hamsters. Durant cette période, la respiration et le métabolisme de ces animaux ralentissent, tandis que la température de leur corps baisse. Cependant, même durant cette hibernation, les animaux contrôlent leur état. Par exemple, si leur tanière vient d'être inondée, ils sont capables de se réveiller et de rechercher un nouvel abri pour hiberner.

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