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    Des cyclotrons pour la Russie et l'étranger / Nouveau microscope à sonde locale / Mise en évidence d'un marqueur de l'état des vaisseaux / Dans cinq ans, un médicament russe contre le vieillissement

    Des cyclotrons pour la Russie et l'étranger

    Des cyclotrons fabriqués à Saint-Pétersbourg sont très demandés, tant en Russie qu'à l'étranger, rapporte le site rian.ru.

    La compagnie étatique "Institut de recherche d'appareils électrophysiques Efremov" (NIIEFA, Saint-Pétersbourg) est en pourparlers avec des pays européens et la Chine pour leur livrer des cyclotrons destinés à fabriquer des isotopes. Mais son objectif premier est tout de même de produire de tels appareils pour la Russie, souligne le directeur adjoint du NIIEFA, Andreï Strokatch.

    "Nous sommes actuellement en discussion avec la Slovaquie et la République tchèque, ainsi qu'avec la Chine. Mais les besoins les plus importants sont en Russie. Nous avons dans notre pays un programme gouvernemental de médecine nucléaire, conformément auquel il doit être construit en Russie environ 80 centres de tomographie par émission de positrons d'ici 2020, chacun d'entre eux devant être équipé d'un cyclotron, explique Andreï Strokatch.

    Selon le directeur adjoint du NIIEFA, pour pouvoir construire 5 à 7 cyclotrons par an, sa société a besoin de moderniser ses équipements, et notamment de renouveler son parc de machines-outils. "La fabrication en série diminuera considérablement le coût de fabrication d'un cyclotron. Dès à présent, nos cyclotrons sont compétitifs avec les appareils étrangers analogues. Plus de 80 % des pièces du cyclotron sont fabriquées en Russie, ajoute-t-il."

    La Russie a inauguré à la mi-novembre à Jyvaskyla (Finlande) un complexe expérimental destiné à fabriquer des radionucléides utilisés pour diagnostiquer des affections cardiologiques et oncologiques et les soigner. Ce complexe repose sur un cyclotron, ou accélérateur de particules, MSS-30/15. Ces cyclotrons fabriquent des radionucléides, utilisés pour produire des préparations radiopharmaceutiques pour la tomographie par émission de positrons.

    Ce cyclotron est la première installation russe permettant d'obtenir des flux de protons d'une énergie modulable de 30 à 18 MeV et des flux de neutrons de 15 à 9 MeV. Sa conception a débuté en 2007 et les équipements destinés au cyclotron ont été expédiés en Finlande en 2009.

    Au total, une trentaine de cyclotrons a été fabriquée selon des projets du NIIEFA. Ils sont en service à Tomsk, Ekaterinbourg, Doubna, Saint-Pétersbourg et Moscou, ainsi qu'en Chine, Ukraine, Tchéquie, Roumanie, Pologne, Egypte, Corée et Arménie.

    La Finlande possède sur son sol plusieurs cyclotrons russes. Ainsi, à Turku, est exploité depuis 1975 un cyclotron MGTs-20, créé par le NIIEFA. Et depuis 2006 est en service dans la même ville un cyclotron SS-18/9.

    Rappelons que le premier cyclotron au monde a été créé aux Etats-Unis, à l'Université de Berkley, en 1930, tandis que la première machine européenne de ce type a vu le jour en 1937 à Leningrad (URSS), à l'Institut du Radium.
     
    Nouveau microscope à sonde locale

    Le nouveau microscope à sonde locale qu'une société russe entend produire pourrait s'avérer d'une grande aide dans les nanotechnologies, rapporte le site rian.ru.

    La compagnie "Centre de technologies prometteuses", qui fabrique des microscopes FemtoScan à sonde locale, également appelés à balayage ou à champ proche (appellation en anglais : scanning probe microscope - SPM), entend lancer la production de nouveaux microscopes SPM multifonctions, a déclaré son directeur général, Igor Yaminski.

    Les microscopes à sonde constituent une classe de microscopes permettant d'obtenir une image de la surface étudiée en la scannant au moyen d'une sonde. Ces appareils sont devenus l'un des instruments de base du travail dans le secteur des nanotechnologies.

    "Nous sommes prêts à créer des microscopes tout autres (que ceux existants - NdlR), des "appareils combinés" multifonctions, à cibles multiples, qui permettent de travailler, notamment, dans les régimes de la microscopie optique et du balayage haute résolution, a expliqué Igor Yaminski."

    "Ce sera, a-t-il dit, un microscope à sonde locale fondamentalement nouveau". Les équipes du Centre de technologies prometteuses ont toutes les raisons de croire au succès de cette entreprise.

    "Nous avons la possibilité d'élaborer un nouveau microscope sur de nouvelles plateformes technologiques. Ce qu'il faut, avant tout, c'est imaginer, calculer et créer un modèle virtuel complet de ce nouvel appareil. C'est cela, la partie la plus complexe de la production. Nous avons, par ailleurs, une chaîne de production parfaitement rodée, dotée d'un système de contrôle de qualité de la production, a ajouté Igor Yaminski."

    La création de ce nouveau microscope, poursuit le directeur général, prendra un an. "Pour toute une série de raisons, la création du microscope à sonde locale Femtoscan avait été, en son temps, étalée sur huit années. Aujourd'hui, nous avons prévu un délai d'un an pour créer un produit bien en prise avec la réalité et en lancer la production. Je pense que ce nouveau microscope sera achevé d'ici la fin novembre 2011."

    Le Centre de technologies prometteuses est une entreprise russe créée en 1990, qui travaille dans le secteur des nanotechnologies. Elle est spécialisée dans la fabrication des microscopes à sonde locale FemtoScan, de balances atomiques et des logiciels adaptés. Elle a été la première à proposer une solution logicielle pour piloter un microscope SPM par le biais d'Internet.

     
    Mise en évidence d'un marqueur de l'état des vaisseaux

    Selon des chercheurs russes, on a tendance à surestimer le rôle protecteur du zinc et à sous-estimer celui du manganèse dans l'évaluation des tests de l'athérosclérose, rapporte le site nauka.izvestia.ru.

    Des chercheurs de Kazan ont analysé la composition chimique des plaques d'athérosclérose et établi que le niveau des dégâts occasionnés sur les vaisseaux est en corrélation avec le nombre des métaux se trouvant sur sa paroi. Ils estiment que le rôle protecteur du zinc a pu être surévalué, et celui du manganèse, au contraire, sous-évalué.

    L'athérosclérose est une affection chronique des artères, qui voit la structure de leur enveloppe interne (l'intima) se modifier. Dans les foyers de l'affection, il s'opère une accumulation de lipides, de polysaccharides, de caillots sanguins. Il se produit une augmentation du tissu conjonctif, tandis que des sels de potassium se déposent. Tous ces processus conduisent à un rétrécissement du vaisseau et peuvent déboucher sur de graves perturbations de la circulation sanguine, telles que l'infarctus ou la congestion cérébrale.

    Il existe plusieurs théories pour expliquer l'apparition du premier foyer pathologique sur la paroi d'un vaisseau. Selon l'une d'elles, les lipoprotéines de faible densité interagissent avec les atomes des métaux contenus dans le plasma sanguin et se déposent avec eux sur la paroi du vaisseau. Cette théorie est confortée par les données selon lesquelles, avec la progression de la maladie, le niveau des métaux dans la paroi des vaisseaux se modifie.

    Des vaisseaux frappés par l'athérosclérose contiennent plus de calcium, de fer, de cuivre et de zinc que les vaisseaux d'un sujet en bonne santé. Le calcium, le fer et le cuivre ont, à l'évidence, un effet athérogène. Autrement dit, ils favorisent le développement de l'athérosclérose alors que le zinc, au contraire, exerce une action anti-inflammatoire et protège la paroi des vaisseaux des agressions.

    Restait en suspens, jusqu'à présent, le rôle joué par le manganèse dans les processus de dépôt des lipoprotéines sur la paroi des vaisseaux. On savait simplement que ce métal était indispensable pour la synthèse d'une importante enzyme antioxydante (le manganèse-superoxydismutase). En effet, un manque de manganèse perturbe le fonctionnement des mitochondries dans les cellules des parois des vaisseaux, ce qui constitue un signe caractéristique des étapes précoces de l'athérosclérose.

    Les chercheurs de l'Université d'Etat de Kazan ont, avec leurs collègues du Centre clinique de diagnostic interrégional de Kazan, évalué la teneur en manganèse, zinc, cuivre et fer d'échantillons de plaques d'athérosclérose en fonction du niveau de calcification, déterminé par rapport au calcium et au phosphore. Ces travaux ont été publiés dans la revue "Rapports de biochimie et de biophysique".

    Pour cette étude, on a utilisé 10 échantillons de tissu aortique humain attaqué par l'athérosclérose. Ces matériaux ont été soigneusement épurés par des moyens chimiques, ainsi que sous vide, sous température négative. Les chercheurs ont obtenu des données sur la teneur en métaux à l'aide d'un spectromètre de masse. Ces travaux ont permis de dégager de nouvelles lois de répartition des métaux en fonction du stade des modifications pathologiques dans l'aorte.

    Il s'avère qu'il existe une corrélation entre la quantité de zinc et de calcium dans les plaques, ce qui va partiellement à l'encontre des idées généralement admises sur le rôle antiathérogène du zinc. Par ailleurs, les chercheurs ont mis en évidence une forte corrélation négative entre le niveau de calcification et la quantité de manganèse dans la paroi du vaisseau. En d'autres termes, le niveau des dégâts athérosclérotiques augmente en cas d'insuffisance du manganèse. Les chercheurs estiment donc que le niveau de manganèse peut être un marqueur important pour évaluer les dégâts athérosclérotiques, rapporte le site informnauka.ru, cité par nauka.izvestia.ru.

     
    Dans cinq ans, un médicament russe contre le vieillissement

    Une molécule contre le vieillissement mise au point par l'académicien Vladimir Skoulatchev sera mise en vente dans les pharmacies dans environ cinq ans, rapporte le site rian.ru, citant les propos du chercheur russe.

    Une nouvelle molécule, destinée à contrecarrer les modifications de l'organisme dues au vieillissement ainsi que les maladies liées à la vieillesse pourrait faire son apparition sur les rayons des pharmacies russes d'ici cinq ans. C'est ce qu'a déclaré à RIA Novosti le concepteur de ce médicament, l'académicien Vladimir Skoulatchev, doyen de la Faculté de bioingénierie et bioinformatique de l'Université d'Etat de Moscou.

    L'académicien pense que "d'ici environ cinq ans" débutera la fabrication de ses molécules contre les affections liées au vieillissement. Ces molécules sont basées sur les "ions Skoulatchev".

    L'académicien a déjà créé avec ses collègues la société Mitotekh, qui s'occupe d'élaborer des médicaments sur la base de l'antioxydant mitochondrial SkQ1, qu'il a découvert. Cette substance est capable de s'accumuler dans les centres énergétiques des cellules, les mitochondries, et de neutraliser les formes actives de combinaisons de l'oxygène, qui détruisent les tissus et sont responsables de nombreux types de changements dus à l'âge.

    Les autres antioxydants connus ne peuvent s'accumuler dans les mitochondries. Pour avoir un effet curatif, ils doivent être utilisés à des doses importantes. Ils ont alors des effets secondaires. Les nombreuses expériences réalisées sur l'animal ont montré que le SkQ1 accroît la durée de vie, est efficace pour la prévention et le traitement de maladies liées à l'âge telles que certaines affections cardio-vasculaires, l'ostéoporose et l'arthrite rhumatoïde, certaines formes de cancer.

    La compagnie Mitotekh avait aussi annoncé, il y a quelques temps, le début de la seconde phase des tests cliniques de son premier médicament réalisé sur la base des "ions Skoulatchev" - des gouttes oculaires pour traiter le glaucome. Si l'élaboration de cette molécule a pu se faire rapidement, celle des suivantes prendra plus de temps, fait observer Vladimir Skoulatchev.

    "L'un des problèmes est d'obtenir une substance stable, facilement utilisable comme médicament, explique l'académicien. Les pharmacologues exigent que le médicament soit stable pendant un an, ce qui constitue un problème, car cette substance est assez active. Nous avons déjà, concrètement, résolu ce problème, et je pense que nous brevetterons prochainement ces travaux, et cette partie du travail sera réglée."

    Les tests cliniques de cette nouvelle molécule à action systémique dureront beaucoup plus longtemps que pour le médicament pour les yeux, relève Vladimir Skoulatchev. En effet, les tests ont montré que si la substance introduite dans l'œil ne va pas plus loin dans l'organisme, la molécule, sous forme de cachets, se répand partout, et il faut effectuer de nombreux tests pour bien en étudier les effets secondaires.

    "Nous allons faire des statistiques sur les effets secondaires et si les résultats sont positifs, je pense que dans quelques années cette molécule pourra être vendue comme moyen de lutte contre les affections chroniques de la vieillesse et contre le vieillissement en général", poursuit le chercheur.

    Vladimir Skoulatchev a également indiqué qu'il était parvenu récemment à établir que les préparations reposant sur ses antioxydants étaient capables de prévenir le développement du syndrome de la mort subite, qui peut frapper au cours d'un processus de rétablissement.

    "Il s'agit là d'un phénomène terrible, souligne l'académicien. Alors que la crise est passée, le patient décède soudain. Dans bien des cas, cette molécule pourrait aider à sauver des vies. Le second objectif de cette molécule est de traiter les maladies chroniques de la vieillesse, certains lymphomes - lors des expériences sur l'animal, la durée de vie avec cette forme de cancer a été multipliée par trois. La molécule agit également dans les cas d'arthrite et de diabète de type deux."

    Les tests sur l'animal ont également donné toute une série d'indications sur l'effet des ions Skoulatchev sur 27 signes de vieillissement, "des moins importants, tels le blanchiment des cheveux ou leur chute, à des signes beaucoup plus dangereux, tels que le vieillissement du système sanguin", ajoute l'académicien.

    Pour ce qui concerne sa mise sur le marché, souligne Vladimir Skoulatchev, soit le médicament sera fabriqué en Russie, soit il sera fait appel, à un stade ou à un autre, à de grands groupes pharmaceutiques étrangers. A la fin février, la société russe Rosnano avait annoncé qu'elle investirait 710 millions de roubles dans la production de médicaments novateurs reposant sur les ions Skoulatchev et destinés à traiter des affections liées au vieillissement. Le budget total du projet se monte à quelque 1,8 milliard de roubles. En 2016, les revenus tirés de ce projet pourraient avoisiner 8,5 milliards de roubles.

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