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    BIOS : un système écologique fermé deviendra bientôt réalité

    BIOS : un système écologique fermé deviendra bientôt réalité

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    Un des rêves des pionniers de l'espace peut se réaliser dans un avenir très proche. Les chercheurs russes mettent au point un système écologique fermé. Le travail de l'équipe de Krasnoïarsk, une ville russe de Sibérie, sera utile pour construire des colonies sur d'autres planètes ce qui est aujourd'hui le vecteur numéro un de la conquête de l'espace. Ce travail est d'autant plus d'actualité qu'il existe des projets d'implanter une colonie sur la Lune dès 2020.

    Un système écologique fermé est censé de fournir tout le nécessaire : de l'oxygène, de l'eau, de la nourriture – mais aussi de traiter des déchets. Il n'y a que la lumière et l'électricité qui proviennent de l'extérieur. Le système doit être assez compact, si l'on veut l'utiliser sur d'autres planètes.

    L'élément premier du système écologique fermé est la chlorelle, un genre d'algue verte unicellulaire. Bien étudiée, elle se distingue par sa concentration en chlorophylle. Il faut aussi des bactéries du sol et certains genres de vers pour transformer les déchets en engrais pour les plantes. Les chercheurs travaillent sur la création d'un système écologique fermé partout dans le monde. En Russie c'est dans la ville de Krasnoïarsk que les chercheurs travaillent sur un projet de la sorte intitulé BIOS. Au micro Andreï Deguermendji de l'Institut biophysique de Sibérie :

    Aujourd'hui nos recherches sont tellement avancées qu'on espère d'ici à un an ou deux créer un système écologique à cent pour cent fermé. Les systèmes de la génération précédente affichaient seulement 60 ou 70 pour cent. Le système écologique fermé est nécessaire pour aménager des bases habitées sur la Lune, sur  Mars.

    Dans les années 1990 les chercheurs américains ont mené un projet semblable. Un site expérimental Biosphère II construit dans le désert de l'Arizona, avait la superficie de 1,27 ha et de différents écosystèmes reproduits : une forêt tropicale, une savane, un désert, etc. Une équipe de huit personnes y a travaillé jusqu'en 1996. Le projet russe est non seulement plus compact mais aussi très différent de Biosphère américain, explique Andreï Deguermendji.

    Biosphère II était géré de l'extérieur et les gens qui s'y trouvaient, étaient passifs comme les nourrissons entourés de soins. Cette approche est contraire à nos idées : le système doit être totalement autonome tant en ce qui concerne la gestion que les cycles à l'intérieur du système.

    Pendant un moment, le travail des chercheurs de Krasnoïarsk était tenu secret. Aujourd'hui grâce à des publications dans la presse générale et spécialisée, de plus en plus de chercheurs étrangers s'intéressent à BIOS. Andreï Deguermendji a confié que les Chinois étaient prêts à acheter le laboratoire pour le faire installer chez eux. L'Agence spatiale européenne participe déjà au projet au moins financièrement. Plusieurs équipes de chercheurs travaillent aujourd'hui sur des projets similaires un peu partout dans le monde mais jusqu'aujourd'hui aucune n'a obtenu de résultats tangibles. L'équipe de BIOS a de fortes chances de devenir la première à avoir mis au point un système écologique totalement fermé. Cependant, le temps presse, explique  Andreï Deguermendji, tout doit être prêt avant le début des missions habitées vers la Lune.    

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