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    • La Russie adhérera-t-elle au projet scientifique SKA ?
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    © Photo : www.skatelescope.org

    La Russie s'est vue proposer de participer à l'observatoire radio international SKA (Square Kilometer Array) en construction actuellement en Australie et en Afrique du Sud. Ce projet, qui doit tourner à plein régime au début des années 2020, promet de devenir le plus grand et le plus sensible observatoire radio sur Terre.

    Y adhérer offre tout un spectre de possibilités, aussi bien aux chercheurs qu'à l'industrie. Mais comment cela s'inscrit-il dans les projets actuels de la Russie en matière d’astronomie ?

    La Russie est invitée au projet du radio-interféromètre SKA, a déclaré le chef de laboratoire du Centre astro-spatial de l'Institut de physique Lebedev Iouri Kovalev, au cours d’un débat sur les perspectives de l'astronomie et de l'astrophysique en Russie organisé le 24 mars au ministère de l'Education et de la Science. Le chercheur a souligné qu'avant l'adhésion au projet à titre de membre à part entière (ce qui signifie, sur le plan financier, une cotisation annuelle d'environ un million d'euros), les dirigeants du projet proposaient une participation associée pendant un an pour que la Russie puisse évaluer sa place éventuelle dans le projet. Ce statut permet de participer aux discussions sans avoir d'obligations financières.

    Le projet SKA conçu en 1991 regroupe actuellement 10 pays et un membre associé, l'Inde. Mais, au total, environ 100 organisations de 20 pays, la Russie comprise, participent à ses travaux. Le statut de membre à part entière signifie le droit de définir la politique scientifique, de mener ses propres recherches et de passer des commandes à des entreprises nationales : il a été signalé pendant la réunion qu'aux termes des règles de SKA, les investissements faits par un pays seraient rentabilisés sous forme de contrats à ses entreprises.

    Que peut-on étudier grâce à SKA ? L'objectif du projet consiste dans la création d'un radio-interféromètre fonctionnant sur des longueurs d'onde de 4 m à 3 cm dont les données seront utilisées dans les différents domaines de l'astrophysique, depuis l'étude des corps isolés, notamment des pulsars, jusqu'au suivi radio de l'ensemble du ciel. Il poursuit également une tâche exotique, et plutôt publicitaire : la recherche des signaux de civilisations extraterrestres.

    3 000 antennes de SKA en Australie et en Afrique du Sud fonctionneront comme un seul télescope, le soi-disant interféromètre, équivalent à un télescope radio ayant une surface de miroir de 1 kilomètre carré (d'où le nom du projet). A l'heure actuelle, les travaux d'avant-projet battent leur plein pour tester les technologies qui seront utilisées sur SKA. Ainsi, le 27 mars, la première antenne du télescope MeerKAT a été mise en exploitation en Afrique du Sud. Les travaux de construction proprement dits dans le cadre du projet débuteront en 2018 et les premiers résultats scientifiques pour les fréquences basses et moyennes pourront être reçus après 2023.

    La radioastronomie est une branche dans laquelle la science russe (plutôt soviétique) a été et reste forte. Il suffit de dire que les scientifiques soviétiques étaient parmi les premiers concepteurs de la méthode de radio-interférométrie à de très grande distances (les télescopes radio participant à l'observation se trouvaient à des distances égales à celles entre les continents) et que les premières expériences dans ce domaine, de concert avec les télescopes américains et autres, ont commencé à la fin des années 1960. A l'heure actuelle, trois observatoires situés dans la région de Léningrad, en Karatchaïevo-Tcherkessie (Caucase) et en Bouriatie (Sibérie) font partie d'un tel réseau. Enfin, le télescope radio russe de 10 mètres RadioAstron est opérationnel sur l'orbite circumterrestre depuis deux ans et demi. De cette façon, l'adhésion à SKA est logique et attrayante.

    Abstraction faite du côté financier, cette adhésion ne rencontre pas d'objections, mais il est question des priorités dans les recherches en matière d’astronomie, qui n'ont pas été formulées exactement. Ainsi, outre le projet SKA, l'adhésion à l'Observatoire européen austral (ESO) semble être aussi prometteuse. Cela demandera des sommes d'argent incomparablement plus grandes, mais en revanche le rendement scientifique sera plus rapide car l'ESO est déjà opérationnel. On espère que le programme de développement de l'astronomie en Russie, défini actuellement par l'Académie des sciences, clarifiera la situation. N

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