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    La Russie relance sa production d'aimants haut de gamme

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    Sci-tech
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    Technologies Made in Russia (151)
    1974

    Une équipe de spécialistes de l'Institut technologique de Seversk (Sibérie), succursale de l'Institut du génie physique de Moscou (MIFI), va fonder une petite entreprise pour la production d'aimants à partir d'alliages de métaux extraits des terres rares.

    Ce genre d'aimants est sollicité dans plusieurs secteurs industriels: pour la production de tomographes par résonance magnétique, pour les serrures et les systèmes de démarrage des voitures, les moteurs électriques équipant les grues industrielles, les moteurs électriques de locomotives et les tombereaux rigides. Les moteurs électriques à bas voltage à courant continu, équipés d'aimants miniatures à haute énergie, mettent en mouvement les jouets d'enfant et sont également installés dans le matériel informatique et bureautique.

    En dépit de cette large sollicitation, la Russie produisait jusque-là extrêmement peu d'aimants à haute énergie — seulement 120 tonnes par an — et à partir des matières premières chinoises. Le producteur d'aimants numéro un mondial, la Chine, fabrique 20.000 tonnes d'aimants par an, soit 170 fois plus. Ainsi, les chercheurs de Seversk avaient deux objectifs prioritaires: lancer la production des matières premières nationales pour concevoir les aimants, ainsi que relancer et mettre au point la technologie soviétique de production des aimants, qui a été pratiquement oubliée depuis vingt ans.

    Le premier but a été atteint: les chercheurs ont déjà mis en service un dispositif de laboratoire pour obtenir des alliages nanostructurés à partir des métaux de terres rares. Sachant que la technologie russe d'obtention des alliages est différente de ses analogues chinois et européens. L'énergie tirée de ressources extérieures n'est pas utilisée pour chauffer et faire fondre le système dans le procédé métallothermique. Ce processus se réalise grâce à l'énergie interne confinée dans le matériau lui-même. Les chercheurs pensent que cette solution sera moins coûteuse.

    Désormais, la filiale de l'Institut MIFI se penche sur la seconde tâche — les chercheurs mettent en place une parcelle expérimentale pour la production d'essai des aimants. Sachant que de par leurs propriétés, les aimants russes n'auront rien à envier à leurs concurrents mondiaux.

    "Aujourd'hui, sur la base de notre institut, nous voudrions créer une petite entreprise de production d'aimants pour différents usages et trouver à terme des partenaires industriels pour mettre en place des technologies de substitution des importations par une chaîne russe "alliages-aimants-ouvrage concret", explique Alexandre Bouïnovski, professeur à la chaire de chimie et de technologie des matériaux du secteur énergétique à l'Institut technologique de Seversk.

    Ces projets sont étalés sur trois ans.

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    Tags:
    technologies russes, terres rares, aimants, Université nationale de recherche nucléaire (MEPhI), Institut technologique de Seversk, Alexandre Bouïnovski, Chine, Russie
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