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L’une des causes principales du développement de la maladie d’Alzheimer est le blocage de conduits spéciaux dans les capillaires du cerveau, responsables de l’évacuation des "déchets protéiques". Leur "réouverture" et le "lavage" du cerveau pourraient contribuer à la guérison des patients, écrivent des scientifiques dans la revue Science Advances.

On estime que la maladie d'Alzheimer est provoquée par l'amassement d'une substance pathogène, la protéine bêta-amyloïde, dans les neurones. Elle provient de la protéine précurseur de l'amyloïde (APP), assurant la régénération des neurones endommagés et la formation de nouveaux liens entre eux. La biosynthèse de l'APP étant déséquilibrée, des plaques de bêta-amyloïde obstruent les capillaires entraînant la destruction des cellules nerveuses.

Après avoir étudié la structure du cerveau de plusieurs patients mort de la maladie d'Alzheimer et avoir mené des recherches sur des souris de laboratoires, l'équipe de James Keaney du Trinity collège de Dublin a réussi à trouver une autre cause potentielle du développement de la maladie ainsi qu'un nouveau moyen d'en guérir.

Le cerveau humain est isolé du reste du corps par la barrière hémato-encéphalique (BHE), une couche compacte de cellules spéciales, les astrocytes, entourant tous les vaisseaux sanguins du cerveau. La BHE protège le cerveau des agents pathogènes, des toxines et des hormones circulant dans le sang. Elle représente un filtre extrêmement sélectif, à travers lequel les aliments nécessaires au cerveau sont transmis, et les déchets éliminés.

Selon les chercheurs, cette barrière ne représente pas un mur monolithe, mais est composée au contraire de "cellules-briques" séparées par de petits conduits, appelés "jonctions serrées".

A l'état normal, ces conduits sont bloqués et ne laissent pas passer les molécules, même les plus petites, à l'intérieur des neurones. D'après les résultats des recherches, ils jouent un rôle-clé dans la lutte des neurones contre la bêta-amyloïde.

A titre d'exemple, quand une solution contenant les molécules de cette protéine est injectée dans le cerveau d'un rongeur en bonne santé, les "jonctions serrées" s'élargissent tout en évinçant les plaques protéiques dans le sang, où les cellules immunitaires les attaquent immédiatement.

Ainsi la présence des fragments d'APP incite-t-elle les cellules de la BHE à arrêter la biosynthèse des protéines membranaires tout en provoquant l'ouverture des conduits et l'élimination des "déchets protéiques" des neurones.

Un tel "lavage" du cerveau ne se réalise pas dans les vaisseaux sanguins des humains atteint de la maladie d'Alzheimer. Aussi, la bêta-amyloïde s'amasse progressivement dans les tissus nerveux et détruit les neurones, causant l'amnésie et la mort du patient.

Les scientifiques espèrent qu'à l'avenir, le "lavage" du cerveau pourrait servir à "propulser" les anticorps neutralisant les plaques de bêta-amyloïde à travers la BHE, ce qui permettrait de "nettoyer" le cerveau d'un patient des "déchets protéiques". En outre, l'activation forcée de ces conduits serait en mesure de guérir les patients atteints de la maladie d'Alzheimer ou au moins d'en ralentir la progression, concluent les scientifiques.

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Tags:
maladie Alzheimer, médecine, cerveau, Irlande
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