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    Valery Spiridonov

    Ce chirurgien italien qui nous fait perdre la tête

    © Sputnik . Kirill Kallinikov
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    Le projet incroyable d’un chirurgien italien de transplanter la tête d’un homme sur le corps d’un autre progresse, et maintenant cette initiative inimaginable est annoncée dans le monde entier.

    Cette opération peut devenir un tournant décisif pour la science et pour la transplantologie en particulier parce qu'elle fait littéralement perdre la tête.

    Le neurochirurgien italien de l'université de Turin, spécialiste de la stimulation cérébrale, Sergio Canavero, et ses collègues continuent leurs recherches en ayant réalisé en Corée du Sud, récemment, avec succès l'étape la plus difficile de l'opération en "connectant" la tête d'un rat à la moelle épinière.

    L'informaticien russe Valeri Spiridonov, âgé de 31 ans et souffrant de la maladie de Werdnig-Hoffmann qui se caractérise par une dégénérescence de la moelle épinière entraînant l'atrophie de tous les muscles, est le premier patient à pouvoir subir une greffe de tête. Il souffre d'une amyotrophie spinale et passe sa vie bloqué sur un fauteuil roulant.

    Sergio Canavero a raconté dans un entretien à Sputnik les détails de son projet sensationnel.

    Premièrement, M. Canavero a montré que son projet progressé et il a parlé des nouvelles découvertes faites par son équipe de recherche, en soulignant qu'ils ont pu surmonter avec succès le problème médical le plus important. C'est le rattachement de la moelle épinière coupée qui est considérée comme l'obstacle numéro un dans ce type d'opération.

    "L'obstacle numéro un pour cette opération est considérée comme étant l'incapacité de combiner la moelle épinière coupée. Pendant ces derniers mois, nous avons effectué une série d'expériences en Chine et en Corée du Sud lors desquelles nous avons disséqué et rattaché la moelle épinière de rats tout en manipulant la technologie que nous avons l'intention d'utiliser pour les opérations sur l'homme. La vidéo, que nous avons envoyée à New Scientist, montre clairement que nos rats après une opération peuvent se déplacer. Ainsi, nous avons prouvé que nous avions raison, et ceux qui nous ont critiqués avaient tort ", a raconté M.Canavero.

    Un autre objectif important qu'il faut atteindre pour réaliser cette opération est de prévenir des dommages au cerveau lors de la transplantation. Pour cela le collègue chinois de M. Canavero Xiaoping Ren, a effectué une expérience sur des singes, en ayant utilisé une technologie vieille de 50 ans du scientifique américain Robert White.

    "Il a connecté la tête du singe avec le système sanguin d'un autre singe — donc lors de l'opération le sang circulait dans la tête et nourrissait le cerveau avec de l'oxygène Après l'opération, l'histologie a montré que l'animal ne souffrait pas de dommages. Voilà, nous avons maintenant une nouvelle méthode qui permettra de protéger le système nerveux humain dans ce type d'opération", a expliqué le chirurgien italien.

    Les problèmes "techniques" résolus, les chercheurs ont fait face aux défis hors du contrôle des expériences scientifiques.

    Tout d'abord, c'est la question de la possibilité de l'opération, elle-même. Malgré la volonté des médecins, il est impossible de l'exécuter dans la plupart des pays. Aux États-Unis et en Europe une telle opération sur un homme, ainsi que des expériences sur les animaux sont interdites pour des raisons éthiques.

    Ce sont des pays d'Asie qui nous sont venus en aide. En Chine et en Corée du Sud, les médecins de l'équipe de M. Canavero ont effectué avec succès des expériences sur les animaux, et c'est le Vietnam qui a proposé soudainement sa candidature pour une opération sur l'homme. Selon le scientifique, "c'est tout simplement merveilleux, car c'est la preuve que beaucoup de pays dans le monde ont compris l'importance de notre expérience".

    Deuxièmement, c'est une question de financement. Cette opération complexe sans précédent exige beaucoup de fonds. Les autorités chinoises ont déjà refusé de subventionner M. Canavero, maintenant il cherche des donateurs en Russie. Il a également "contacté plusieurs milliardaires, y compris Mark Zuckerberg avec la demande de financer l'opération pour Valeri".

    Quant aux accusations adressées contre lui, M. Canavero a déclaré: "ça ne me dérange pas quand on me qualifie d'antagonique ou de fou". Selon lui, "c'est le seul moyen de faire aller ce projet de l'avant".

    Sergio Canavero affirme que la première transplantation de tête humaine est prévue pour décembre 2017, s'il y a un lieu et un financement suffisant pour l'opération. Ce sont des spécialistes venus de différents pays, notamment de Russie, d'Italie et de Chine, qui vont assister M. Canavero dans cette opération.

    Le chirurgien Sergio Canavero avec le professeur Xiaoping Ren
    © Photo. fornita da Sergio Canavero
    Le chirurgien Sergio Canavero avec le professeur Xiaoping Ren

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    Tags:
    médecine, opération, expérience, transplantation, science, santé, Sputnik, Sergio Canavero, Valeri Spiridonov, Vietnam, Asie, Italie, Corée du Sud, Europe, Chine, États-Unis, Russie
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