Sci-tech
URL courte
1130
S'abonner

Incroyable mais vrai : des microbiologistes de l’institut Max-Planck (Allemagne) ont découvert les mécanismes moléculaires qui permettent à la bactérie Pseudomonas Syringae de changer la température de congélation de l’eau.

Pseudomonas syringae
© Wikipedia / Howard F. Schwartz
Pseudomonas syringae

Les résultats de cette recherche sensationnelle ont été publiés dans la revue Science Advance.

C'est un fait avéré: l'eau distillée gèle à 0° C, du moins c'est ce qu'on nous apprend à l'école. Cependant, on devrait se méfier des vérités trop générales: aussi incroyable que cela puisse paraître, l'eau peut, dans certaines conditions, rester à l'état liquide à des températures au-dessous de zéro (jusqu'à —36 °C). Ce phénomène est connu sous le nom de surfusion de l'eau, expliquent les scientifiques.

D'après les chercheurs, certains micro-organismes, pour la plupart des bactéries, sont capables de générer une protéine très particulière, soluble dans la membrane plasmique et susceptible de déclencher une surfusion spontanée. Ce mécanisme, estiment les chercheurs, permet au micro-organisme de protéger sa cellule contre les cristaux de glace, qui se forment en l'occurrence à une certaine distance sans contact direct avec sa membrane plasmique.

De tels micro-organismes, dont la bactérie Pseudomonas syringae fait partie, sont largement utilisés pour fabriquer de la neige artificielle pour des usages très divers, par exemple pour créer une patinoire dans une cour. Ladite bactérie joue également un rôle majeur dans le cycle de l'eau à l'échelle mondiale, ce qui la rend très attrayante pour les chercheurs.

Jusqu'alors, les scientifiques ne disposaient que de données éparses sur les mécanismes moléculaires qui confèrent aux bactéries de tels "super-pouvoirs". Or, les microbiologistes allemands estiment avoir trouvé une explication plausible à ce phénomène naturel hors du commun.

Selon eux, la membrane plasmique de Pseudomonas syringae contient une protéine "antigel", inaZ, dont les parties hydrophiles et hydrophobes sont capables de contrôler la température du milieu liquide qui les entoure, en changeant leur orientation par rapport aux molécules de l'eau.

Les recherches ne font que commencer. Les scientifiques affirment que le mécanisme découvert ne serait pas universel: d'autres micro-organismes pourraient utiliser d'autres procédés biologiques pour y parvenir.

Lire aussi:

La plus petite bactérie connue à ce jour
Découverte d'une bactérie susceptible de sauver notre planète
Une bactérie pour éliminer la pollution pétrolière en Colombie
Tags:
super-pouvoirs, recherche, bactérie, institut Max-Planck, Allemagne
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook