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Le premier homme a marché sur la Lune il y a presque 50 ans. Cependant, elle a cessé d'être un sujet prioritaire des recherches astronautiques. Maintenant, après un demi-siècle, l'humanité espère conquérir le satellite naturel de la Terre. Mais est-ce possible?

La Lune a toujours attiré l'attention des hommes, tout en restant un mystère pour eux. Cependant, en 1969, l'humanité a réalisé un rêve longtemps caressé. Dans le cadre du programme Apollo, les astronautes américains ont atterri sur la Lune avec succès et sont retournés sur Terre en un seul morceau.

Cette mission impressionnante a été suivie attentivement à la fois par la Nasa et par l'agence spatiale soviétique. Il ne fait aucun doute que les Américains ont foulé le sol de la lune, puisque des véhicules de recherche sans pilote détectent toujours les traces de leur présence sur le satellite de la Terre.

Toutefois, au cours des 50 dernières années, l’exploration de la lune a cessé d'être une priorité pour l'humanité. Le vulgarisateur de science spatiale et blogueur Vitaly Egorov, alias Zelenyi kot (le chat vert), parle des causes possibles de cette tendance et de l'avenir de l'homme sur la lune dans un entretien exclusif avec Sputnik.

En général, la raison principale pour laquelle l’humanité n’est pas très enthousiaste à lancer des programmes lunaires habités et de construire des bases de recherche sur le satellite naturel de notre planète est le fait que les humains n’en ont pas besoin pour le moment.

Un autre obstacle principal, selon M. Egorov, c’est l’argent. Un programme scientifique de cette envergure est tout simplement trop cher et trop dangereux.

"Le coût du programme lunaire habité exige d'immenses ressources. Avec le même budget, il est possible de lancer une dizaine où une vingtaine de drones et de rovers qui exploreraient la Lune plus efficacement", explique-t-il.

Par exemple, la Russie a son propre programme sans pilotes de recherche lunaire. La mission la plus intéressante faisant partie de ce programme est le projet commun avec l'Europe qui vise à forer le sol lunaire aux pôles dans les régions avec une teneur élevée en eau.

"Le fait que leur (des Américains) programme s’est passé relativement calmement, malgré la mort du premier équipage, est plutôt une merveille d'ingénierie. Personne ne veut plus prendre un tel risque " ajoute Vitaly Egorov.

Cependant, les technologies existantes permettent de mettre en œuvre un projet visant à envoyer de nouveau un homme sur la Lune, aussi bien que de construire une base de recherche sur le satellite de la Terre.

"La construction d'une base lunaire est possible en gros. Ils (la NASA, ndlr) construisent maintenant la fusée SLS et le vaisseau Orion, qui ont presque les mêmes caractéristiques que les appareils conçus pour le programme Apollo. La fusée moderne est un peu plus légère, quand même", fait savoir M. Egorov.

L’Orion est un vaisseau habité, conçu par l’entreprise américaine Lockheed Martin, capable de parcourir de longues distances dans l'espace. Le SLS (Space Launch System) est un lanceur lourd qui sera la plus puissante fusée du monde, conçu tout d’abord pour le programme martien.

D’après Zelenyï kot, l’humanité parviendra quand même à une mise en œuvre du programme de construction de la base lunaire dans les prochaines décennies.

"Je pense que dans les 20 prochaines années les agences spatiales mondiales se rendront à l'idée de la construction d'une base lunaire. On a toutes les technologies nécessaires pour cela", estime l’interlocuteur de Sputnik.

Néanmoins, un projet aussi important nécessite une participation internationale à grande échelle sur le modèle de l’ISS (Station spatiale internationale).

"Je crois que la solution la plus raisonnable serait la construction d’une base commune, par analogie avec l'ISS, puisque un tel projet nécessite des fonds colossaux et qu'aucun pays ne peut le faire seul", explique Vitaliy Egorov.

La surface martienne
© REUTERS / NASA/JPL-Caltech/Univ. of Arizona
Selon lui, l’objectif principal d'une telle base serait l’exploration immédiate du satellite naturel de la Terre. La base lunaire ferrait office de plate-forme pour des instruments astrophysiques tels que les télescopes, les télescopes radio et divers capteurs et scanners, car depuis la Lune il est possible d'explorer l'espace plus efficacement en raison du manque d'atmosphère.

"Pourtant, cette base lunaire permettra de développer les technologies nécessaires pour des missions d’exploration de Mars et du système solaire en général", ajoute le Chat Vert.

En conclusion, le blogueur déclare que pour le moment tout intérêt économique humain lié à l’espace est limité de 36.000 kilomètres, autrement dit par l'orbite géostationnaire où on lance de nombreux satellites.

"Aujourd’hui, l’humanité n’est pas prête à aller plus loin. Mais si on veut devenir une espèce interplanétaire, si on espère aller de l’avant dans l'espace, la Lune, bien sûr, est la première étape nécessaire", fait savoir M. Egorov.


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Tags:
modules spatiaux, coopération spatiale, espace, Orion, Space Launch System (SLS), NASA, Holding spatial russe Roscosmos, Vitaliy Egorov, Terre, Lune, Europe, États-Unis, Russie
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