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    Solar Impulse 2

    Vers les voyages aériens à l'énergie solaire?

    © REUTERS / Solar Impulse/Revillard/Rezo.ch
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    40 000 kilomètres dans les airs sans la moindre goutte de carburant! Cette aventure incroyable a été rendue possible grâce à l'équipe des développeurs suisses de l'École polytechnique fédérale de Lausanne. De quoi s'agit-il au juste? Sputnik a posé la question au chef opérateur du projet Yoann Le Gruiec.

    Le 26 juillet, l'avion Solar Impulse 2 a atterri après avoir effectué un tour du monde. L'avion solaire s'est posé sans encombre à l'aéroport Al-Batten, près de la capitale des Emirats arabes unis, d'où il était parti le 9 mars 2015 pour un périple de plus de 42 000 kilomètres, à travers quatre continents.

    Pour l'aviation, c'est plus qu'un record, c'est un exploit. Et pas seulement dans l'histoire de l'aviation.

    "Plus qu'un exploit dans l'histoire de l'aviation, c'est un exploit dans l'histoire des énergies renouvelables", a déclaré, fier, le pilote et développeur Bertrand Piccard en débarquant de l'avion impressionnant avec ses 72 m d'envergure et 2.3 tonnes de masse. "C'est maintenant à votre tour d'aller plus loin!"

    Cet avion capable de voler toute la nuit après avoir stocké suffisamment d'énergie solaire durant la journée fait couler beaucoup d'encre. Pour éviter les spéculations, Sputnik donne la parole au chef opérateur du projet Solar Impulse, Yoann Le Gruiec.

    Il s'agit d'un projet scientifique proposé par deux Suisses, Bertrand Piccard et André Borschberg, qui ont fait le pari fou d'effectuer un tour du monde à bord d'un avion fonctionnant à l'énergie solaire, un projet tout à fait différent de tout ce qui avait été fait avant, raconte M. Le Gruiec.

    Lui, il a suivi le vol depuis le sol, dans une tour de contrôle, un travail qui est sans doute aussi difficile que celui d'être dans les airs, vu que l'avion ne peut pas voler sans le soleil.

    "Il fallait trouver une chose qui s'appelle une bonne fenêtre météorologique", explique-t-il, ajoutant que pour cela quelque 50 personnes ont travaillé devant les ordinateurs, au sol. "Je dirais qu'à peu près deux semaines avant le départ, toute l'équipe, les ingénieurs et météorologues se mettent en route et travaillent ensemble pour trouver une bonne fenêtre".

    Qu'est-ce que c'est, une bonne fenêtre météorologique? C'est un ciel complètement bleu, un vent dans le dos qui pousse l'avion, sans éclairs ni tornades. Le facteur clé était donc la météo, ce qui n'est pas facile à gérer…

    Solar Impulse 2 descends to land in Muscat March 9, 2015. Two pilots attempting the first flight around the world in a solar-powered plane began the maiden leg of their voyage on Monday, the mission's official website said. Solar Impulse 2 took off from Abu Dhabi in the United Arab Emirates en route to the Omani capital Muscat at the start of a five-month journey of 35,000 km (22,000 miles) organised to focus the world's attention on sustainable energy.
    © REUTERS / Jean Revillard/Handout via Reuters

    "Au Japon par exemple, on est resté au sol pendant trois semaines, et l'équipe qui était avec l'avion là-bas est restée au sol, a dormi dans l'aéroport, etc", partage M. Le Gruiec. C'était selon lui l'étape la plus difficile de l'aventure, étant donné que le Pacifique est une zone très turbulente.

    Pendant ces trois semaines, l'équipe a fait de son mieux pour trouver la meilleure fenêtre météo. Un véritable travail d'équipe. Un ingénieur seul ne pourrait rien faire dans cette situation, ni un mathématicien, ni un météorologue.

    "C'est vraiment un jeu d'équipe, c'est là qu'on a vu la force de l'équipe de Solar Impulse", confie l'interlocuteur de Sputnik.

    Est-ce qu'on peut s'attendre à ce que Solar Impulse vole un jour pour l'aviation civile? Oui et non, car le principal but n'est pas de développer les vols commerciaux, mais plutôt de montrer avant tout qu'on peut utiliser ce type d'énergie de manière beaucoup plus intensive, beaucoup plus fréquemment et un peu partout.

    "Ça capte du soleil, c'est simple finalement, ça fait de l'énergie pour toute une maison, pour toute une ville. Et puis oui, je pense que pour les vols court courriers, pour quelques dizaines de passagers, ça devrait être possible", conclut-t-il. "Ils ont montré avec Solar Impulse qu'on pouvait faire un tour du monde à l'énergie solaire. Oui, j'aimerais beaucoup voir l'énergie solaire entrer dans l'aviation de façon plus générale".

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    ciel, avion solaire, énergie solaire, météo, aviation, Solar Impulse 2, Lausanne, Suisse, Émirats Arabes Unis
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