Sci-tech
URL courte
1213
S'abonner

Le lieu le plus toxique sur Terre se trouverait en Inde où les décharges en feu font partie du paysage urbain, d’après une étude américaine.

La fumée qui s'échappe des décharges situées le long des routes en Inde contient une quantité record de substances nocives, a annoncé une équipe de chercheurs dans un article publié par le magazine Atmospheric Environment.

« Si vous mesurez la qualité de l'air aux États-Unis ou mêmes dans d'autres régions de l'Inde, vous ne verrez que des bandes grises indistinctes sur les détecteurs. Mais ces décharges ont transformé nos filtres en "arc-en-ciel" brillant et multicolore. Une collègue a même pensé que j'avais dans les mains une palette de maquillage », a indiqué Heidi Vreeland, de l'Université Duke à Durham (États-Unis).

En une minute, une personne respire autant de substances toxiques et de particules solides dangereuses dans cet « arc-en-ciel » qu'elle en aurait respiré en un an dans une ville polluée par les gaz d'échappement de véhicules et les émissions d'usines, d'après Michael Bergin, un autre membre de l'équipe.

Les scientifiques ont prélevé des échantillons de fumée de 24 décharges à Bangalore pour étudier le taux de pollution de l'air. Selon eux, cette fumée provoque plus de mutations de l'ADN que l'air pollué des autres régions.

La fumée de chaque décharge étudiée produisait un « arc-en-ciel toxique » différent en fonction de sa composition unique de déchets en plastique et en papier.

Dharavi, un bidonville situé dans au cœur de l'agglomération de Mumbai en Inde.
© Flickr / Meena Kadri
Dharavi, un bidonville situé dans au cœur de l'agglomération de Mumbai en Inde.

Les habitants de la Terre et l'industrie produisent près de deux milliards de tonnes de déchets liquides et solides par an. Les pays industrialisés se débarrassent de leurs déchets en les incinérant dans des décharges situées loin des lieux d'habitation et des routes. Mais en Inde, la situation est tout à fait différente, selon Mme Vreeland. Les résidus de mercure, de plomb, de cadmium, de zinc, d'arsenic y sont souvent abandonnés à l'air libre et brûlés sans traitement préalable.

« On voit des tas de déchets sur les bords de presque toutes les rues en Inde. Ces déchets s'amassent jusqu'à ce que quelqu'un décide d'y mettre le feu. Cette stratégie de traitement des déchets est considérée comme normale même dans les grandes villes comme Bangalore et dans les quartiers assez aisés d'autres mégalopoles », note la scientifique.

Les écologistes ont formulé plusieurs conseils qui permettraient aux habitants de Bangalore et d'autres villes indiennes de baisser le taux de pollution de leurs décharges. Il faut incinérer les déchets plus vite et à une plus grande température et veiller à éteindre le feu après que la plupart des déchets auront brulé. Cela doit empêcher la décharge de produire de la fumée toxique, concluent les scientifiques.

Suivez Sputnik sur Telegram pour ne jamais manquer les actualités les plus importantes grâce à nos sélections du matin et du soir. Pour recevoir les actualités de notre chaîne, il suffit de télécharger l'application Telegram sur n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur puis cliquer sur le lien et appuyer sur « Join »

Lire aussi:

La pollution de l’air tuera plus de 200 millions de personnes d'ici 2060
48.000 décès par an liés à la pollution de l’air en France
La pollution marine à son comble: les poissons adorent le plastique
Aux Etats-Unis, la moitié de produits alimentaires finissent à la poubelle
Tags:
air pollué, décharge, matières toxiques, déchets, pollution, science, écologie, Université de Duke, Bangalore, Inde
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook