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    Tal Golesworthy

    Un ingénieur britannique répare son propre cœur à l’aide d’une imprimante 3D

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    L'«automédication» n’est pas recommandée par les médecins, mais l’histoire du Britannique Tal Golesworthy, qui a négligé les conseils des docteurs et a réparé lui-même son cœur, montre qu’elle peut avoir du bon.

    L'ingénieur britannique Tal Golesworthy a le syndrome de Marfan, une maladie héréditaire qui se caractérise généralement par un dysfonctionnement de l'aorte ascendante.

    Ainsi, son aorte s'est dilatée progressivement jusqu'à ce que l'opération devienne inévitable.

    ​Or, la chirurgie disponible n'est pas particulièrement attrayante. On vous anesthésie, on vous ouvre la poitrine, on vous branche à une machine cœur-poumon, on fait descendre votre température corporelle à environ 18°C, on arrête votre cœur, on coupe l'aorte, on la remplace par une valve en plastique et une aorte en plastique, et, surtout, on vous condamne à une vie entière de traitement anticoagulant, généralement de la warfarine.

    Mais M. Golesworthy est un ingénieur plein de ressources qui travaille dans la recherche et le développement, et il ne s'est pas laissé plomber. Après tout, ce n'est justement qu'un problème de plomberie, s'est-il dit.

    Selon les médecins, le seul vrai problème avec l'aorte ascendante chez les personnes atteintes du syndrome de Marfan est qu'elle manque de résistance à la traction. Donc, la possibilité existe de simplement envelopper le tuyau à l'extérieur. Et elle resterait stable et fonctionnerait tout à fait bien.

    Le concept est simple, mais l'exécution hasardeuse. Le grand avantage d'un soutien externe pour le patient, c'est de pouvoir conserver la totalité de ses propres tissus, tout son endothélium et ses valves, sans avoir besoin de traitement anticoagulant.

    L'aorte ascendante qui se dilate peut finalement éclater, ce qui est fatal. Dans le cas de Tal, on a commencé par organiser l'acquisition d'images grâce à des machines IRM (imagerie par résonance magnétique) et des scanners à partir desquelles on a pu réaliser un modèle de son aorte.

    Il s'agit en fait d'une structure assez difficile à fabriquer, en utilisant une technique de prototypage rapide, une autre technique d'ingénierie. On utilise ensuite ce premier modèle pour en fabriquer un en maille textile poreuse, parfaitement sur mesure, qui prend la forme du premier et s'adapte parfaitement à l'aorte.

    C'est de la médecine absolument personnalisée. Chaque patient sur qui on intervient a un implant parfaitement sur mesure.

    Rappelons que le traitement chirurgical classique exige l'utilisation d'un appareil cœur-poumon et nécessite un refroidissement corporel total. Dans le cas de Tal, on n'a pas eu besoin de tout cela, on a travaillé sur un cœur qui bat.

    « Le chirurgien vous ouvre, accède à l'aorte alors que votre cœur bat, le tout à la bonne température. Pas de rupture dans votre système circulatoire. Donc, c'est vraiment génial, et la meilleure des choses est qu'il n'y a pas besoin de traitement anticoagulant (…) Mon aorte est réparée, je n'ai pas à m'en inquiéter, c'est une renaissance pour moi», raconte l'ingénieur enthousiasmé.

    ​Il fait remarquer que la prise à long terme d'un traitement anticoagulant nuit gravement à la qualité de vie.

    « Et pire encore, cela raccourcit inévitablement votre vie », prévient Tal.

    L'ingénieur britannique a même créé sa propre société pour promouvoir la méthode de traitement à l'aide de modèles numériques de CAO (conception assistée par ordinateur) en 3D.

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    Tags:
    maladies, imprimante 3D, chirurgie, Tal Golesworthy, Royaume-Uni
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