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Les fans de science-fiction et d'épopées spatiales fêtent la "Journée de Star Wars" tous les 4 mai. C'en est même devenu une blague: la célèbre phrase "May the Force be with you" (Que la Force soit avec toi) du film de George Lucas est souvent transformée en "May the fourth be with you".

Les films du genre ont plus d'une fois montré comment les extraterrestres étaient imaginés par les scénaristes, les cinéastes et les graphistes. Mais qu'en est-il des scientifiques? Des universitaires du monde entier, qui donnent des cours dans les plus grands établissements, sont reconnus et ont emmagasiné des connaissances considérables, se penchent aujourd'hui sur les formes possibles de vie extraterrestre. La dernière vague de réflexions a été déclenchée par les propos de Stephen Hawking, qui a affirmé en avril dernier que la découverte si attendue pourrait s'avérer fatale pour l'humanité: "Si nous recevons un jour un signal d'une autre planète, il nous faudra y répondre d'une manière très délicate. Notre rencontre avec une civilisation plus développée pourrait rappeler celle des Américains autochtones avec Colomb. Elle ne s'est pas bien terminée".

Sur cette question, on peut diviser les scientifiques en trois camps: le premier estime que notre modèle de vie se basant sur l'eau et le carbone n'a pas d'équivalent dans l'univers, le deuxième rejette son caractère unique, alors que le troisième souligne que nous nous trompons en affirmant que des êtres vivants ne peuvent se composer que des éléments qui nous constituent nous-mêmes. Cette position a même été baptisée, dans la littérature scientifique, "le chauvinisme du carbone". Le célèbre astrophysicien américain Carl Sagan, auteur de ce terme, affirme que la seule chose qui explique le fait de rechercher la vie en se basant sur l'eau et le carbone est que les partisans de cette approche sont composés de ces matières.

A vrai dire, d'autres éléments chimiques tels que silicium peuvent former des molécules très complexes. Ces réflexions peuvent aller encore plus loin: l'astronome américain Victor Stenger affirme notamment que la vie ne doit pas nécessairement être composée de molécules. On a donc créé une liste approximative d'êtres imaginaires qui pourraient, en théorie, exister dans différentes conditions atmosphériques (voire non-atmosphériques).

Les plasmoïdes habitent l'atmosphère des étoiles. Ils sont formés par les forces magnétiques liées à des groupes de charges électriques mobiles.

Les radiobes sont les habitants des nuages interstellaires. Ils sont des agrégations complexes d'atomes en état agité.

Les lavobes sont des structures organisées siliciques habitant des lacs de magma sur des planètes très chaudes.

Les hydrorobes rappellent des amibes flottants en méthane liquide et produisent de l'énergie en transformant l'ortho-hydrogène en para-hydrogène.

Les thermophages sont des êtres spatiaux qui produisent de l'énergie à partir des gradients de température dans l'atmosphère ou dans les océans d'une planète.

Toutes ces formes de vie théoriquement possibles ont des caractéristiques communes: elles peuvent extraire et transmettre l'énergie, conserver leur forme et se reproduire. Ensuite, on peut examiner des substituts possibles de l'eau, de l'oxygène et du carbone.

L'eau, dissolvant universel, peut théoriquement être remplacée par l'acide sulfurique, l'ammoniaque, le fluorure d'hydrogène ou le cyanure d'hydrogène. L'essentiel est que le dissolvant reste liquide dans une fourchette considérable de températures. L'eau, comme on le sait, reste liquide dans une fourchette de températures de 0 °C à 100 °C. L'acide sulfurique peut quant à lui conserver cette forme jusqu'à 200 °C voire plus. L'ammoniaque pourrait être un solvant efficace sur des planètes froides car il est liquide dans une fourchette de températures de —78 °C à —33 °C. Quoi qu'il en soit, l'ammoniaque gelé solide coule au lieu de rester sur la surface contrairement à l'eau (si la glace avait les même propriétés, cela rendrait inhabitables tous les rivières et les lacs, ainsi que les littoraux des mers et des océans).

Les atomes d'oxygène peuvent être remplacés par les atomes de soufre. Un tel remplacement pourrait créer des "organismes sulfuriques" capables d'exister à des températures plus importantes sur la surface ou dans un océan d'oléum (acide sulfurique sans eau). De telles conditions existent sur Vénus dont l'atmosphère ne contient pratiquement pas d'oxygène: 95% de gaz carbonique et 5% d'azote. La température à sa surface atteint 460 °C.

Léonid Ksanfomaliti, docteur ès sciences physiques et mathématiques, professeur, scientifique émérite de la Fédération de Russie et membre du Conseil scientifique d'astrobiologie de l'Académie des sciences de Russie, souligne la possibilité de l'existence de la vie sur Vénus:

"Il est pratiquement impossible de s'imaginer l'existence de la vie dans un environnement proche de la chaleur rouge. Quoi qu'il en soit, les appareils soviétiques Venera-9, Venera-10, Venera-13 et Venera-14 nous ont permis de voir la flore et la faune de Vénus. Pourtant, comme ces images sont très mauvaises, il nous faudra de nouvelles recherches pour confirmer l'existence d'êtres vivants".

Mais quel est le substitut possible du carbone? Le silicium est l'un des candidats les plus probables. Ses composés ne peuvent évidemment pas être aussi divers que ceux du carbone, mais la vie silicique peut exister sur des planètes beaucoup plus chaudes que la Terre.

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Tags:
vie extraterrestre, vie, chercheurs
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