12:22 09 2019
      éprouvette. Image d'illustration

      Les vaches pourraient nous sauver du VIH

      © Fotolia / Angellodeco
      Sci-tech
      72

      Les vaches produisent des anticorps neutralisant 96% des variétés de VIH. La mise au point d'un vaccin contre ce virus est donc envisageable, indique un article paru dans le magazine Nature.

      «La réaction particulièrement forte du système immunitaire des vaches aux particules virales que nous avons injectées sous forme de «moulages» nous a fortement surpris, compte tenu du délai réduit qui a été nécessaire pour fabriquer des anticorps universels. Contrairement aux analogues humains, les anticorps des vaches étaient plus souvent structurés de manière unique et traitaient mieux même les «moulages» les plus complexes de virus», explique Dennis Burton de l'Institut de recherche Scripps de La Jolla (USA).

      Le virus de l'immunodéficience pénètre dans les cellules humaines à l'aide de plusieurs protéines situées à la surface de son enveloppe. Leur structure et le fonctionnement du «bouclier» d'hydrocarbures qui les protège change avec chaque nouvelle génération de VIH, ce qui force le système immunitaire à élaborer un nouvel ensemble d'anticorps. Dans la grande majorité des cas, le virus sort vainqueur de cette «course aux armements» et c'est cette particularité qui empêche les scientifiques d'élaborer un vaccin contre le VIH.

      Comme l'expliquent les immunologues, 3 ou 4 ans après l'infection par le VIH le système immunitaire commence souvent à synthétiser les anticorps dits neutralisants à large spectre (bnAbs) capables de neutraliser plusieurs variétés de virus à la fois. Cela n'aide pas vraiment l'organisme car à ce moment-là, le virus est déjà parvenu à pénétrer profondément dans tous les tissus du corps et devenir chronique.

      Dennis Burton et d'autres virologues tentent depuis longtemps de «transplanter» ce processus dans les cellules animales non infectées en les adaptant à une large production d'un grand échantillon de bnAbs, et de créer un vaccin capable d'apprendre au système immunitaire à lutter contre toutes les variétés de VIH avant que l'infection ne se produise.

      Dennis Burton explique que les anciennes expériences menées par les scientifiques sur des souris ayant un système immunitaire proche de l'humain et sur des singes ordinaires ont échoué. C'est pourquoi les scientifiques cherchent d'autres méthodes de mise au point d'un vaccin pour forcer le corps à produire des anticorps «universels» contre le VIH.

      En parallèle, les virologues ont étudié la réaction des systèmes immunitaires d'autres animaux rarement utilisés dans les expériences à l'injection d'un «moulage» de VIH composé d'analogues de la protéine Env, base de l'enveloppe du virus de l'immunodéficience.

      En procédant à de telles expériences sur des veaux, Burton et ses collègues ont noté que leur organisme avait commencé à produire des anticorps bnAbs littéralement 1 à 2 mois après le début des injections. En étudiant leur structure les chercheurs ont conclu que certains de ces anticorps se liaient au VIH aussi bien que les meilleurs bnAbs humains. Le meilleur d'entre eux, NC-Cow1, peut à lui seul détruire près de 70% des variétés connues du virus de l'immunodéficience.

      Le groupe d'anticorps cultivés dans l'organisme des vaches pendant un an a réussi à neutraliser près de 96% des souches de VIH, ce qui est un grand pas vers l'élaboration d'un vaccin contre la maladie principale des XXe et XXIe siècles.

      Pourquoi le système immunitaire des veaux parvient-il mieux à se défendre que l'organisme des hommes, des souris et des singes? D'après les experts, cela est dû à deux facteurs: sa ressemblance limitée avec notre système humanitaire et le fait que les vaches doivent constamment combattre les infections pendant la digestion de la nourriture et protéger leur intestin contre la pénétration des microbes de la microflore dans les tissus du corps.

      Ces différences peuvent expliquer, par exemple, pourquoi certaines chaînes d'acides aminés cruciales pour neutraliser le VIH sont bien plus longues dans les anticorps des vaches par rapport à l'homme. Les futures expériences, espèrent les scientifiques, permettront de comprendre comment il est possible de forcer l'immunité de l'homme à fonctionner de la même manière et comment créer des anticorps de vaches sûrs pour les utiliser à des fins médicales.

      Un chien se lance dans une bataille mortelle contre des loups pour sauver son ami – vidéo choc
      Une femme enceinte affronte un «énorme» aigle qui attaque son chien
      Un requin tente de pénétrer dans une cage de plongeurs et trouve la mort – vidéo
      Un magazine allemand présage l'effondrement des bases du commerce mondial d'ici quelques jours
      chercheurs, VIH, vaches