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Scrutée depuis plusieurs années par des satellites, la barrière de Larsen C dans l’Antarctique s’est fracturée cet été et a laissé partir à la dérive un des dix plus gros icebergs jamais observés. Les conséquences de la formation de l’iceberg A-68 ne sont pas toutes négatives, comme on pourrait a priori le penser.

Le 12 juillet 2017, la NASA publiait des photos satellite prises le jour même qui confirmaient l'existence d'une longue fracture sur la barrière de Larsen C et annonçaient l'imminence de la formation d'un méga-iceberg.

Durant l'été, un morceau de 5 800 km2, dont la masse est estimée à plus d'un trillion de tonnes, s'est totalement détaché du plateau continental antarctique et a commencé à lentement dériver vers le nord dans la mer de Weddell. Cet iceberg, qui a reçu le nom de code de A-68, est l'un des dix plus gros jamais observés à ce jour.

Attendue depuis plusieurs années déjà, la formation de cet iceberg aura de lourdes conséquences. D'abord, la descente des glaciers continentaux vers l'océan, devenu plus proche, s'accélérera du fait que le morceau qui s'est détaché de la barrière de Larsen C n'exercera plus sur elle de pression pour les retenir en amont. Ensuite, la dérive puis le fractionnement probable de l'A-68 rendront périlleuse la navigation dans les mers du Sud. Enfin, son déplacement et sa fonte progressive, qui libérera dans l'eau de mer de l'eau douce, modifieront durablement la circulation des courants marins et la température de l'eau. L'écosystème de la région circumpolaire en sera inéluctablement affecté et des changements climatiques se feront sentir sur toute la planète.

Les répercussions de l'apparition de l'iceberg A-68 ne seront pas toute négatives. En effet, cet événement ouvre de grandes perspectives pour la recherche scientifique, notamment,en paléobiologie et en paléoclimatologie. Forer les glaces polaires pour en retirer des carottes reste aujourd'hui encore coûteux et techniquement difficile.

Aussi, toute fracture naturelle de la banquise permet aux chercheurs d'atteindre plus aisément les profondeurs de la glace. En se détachant de la barrière de Larsen C, l'iceberg A-68 y a fait apparaître une falaise d'environ 175 kilomètres de long et 350 mètres de haut. Les paléobiologistes spécialistes des régions polaires espèrent ainsi pouvoir relativement facilement prélever des échantillons de glace puis analyser les organismes et micro-organismes qu'elle a emprisonnés il y a 120 000 ans.

Le statut d' « aire protégée pour la recherche scientifique »imposé par la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l'Antarctique devrait garantir aux chercheurs de pénétrer dans une zone où toute activité humaine autre que la recherche scientifique est interdite. S'ils n'auront pas à y devancer des pêcheurs ou des géologues, les scientifiques de la British Antarctic Survey et leurs confrères allemands et sud-coréens qui préparent une expédition sur la barrière de Larsen C pour le début de l'année 2018, c'est-à-dire durant l'été dans l'hémisphère sud, sont conscients qu'ils sont d'ores et déjà engagés dans une course contre la montre. En effet, le rayonnement solaire finira par stimuler de nouveau l'activité des organismes et micro-organismes prisonniers des glaces depuis des millénaires.

La conservation en l'état des écosystèmes glaciaires est une des principaux défis auxquels sont confrontés dans leurs recherches les paléobiologistes et biologistes spécialistes des zones polaires. Ceux qui se consacrent à l'étude du lac Vostok, au-dessus duquel se trouve la base soviétique puis russe éponyme, ne le savent que trop.

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science, iceberg
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