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    chercheurs russes

    Pour la 1ère fois, des chercheurs russes transplantent le «cœur» du système immunitaire

    © Sputnik. Cyril Braga
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    Dans le cadre du projet du Fonds de recherches avancées (FPI), des chercheurs russes ont été les premiers au monde à développer une méthode efficace qui permet de transplanter sans rejet un thymus étranger (organe responsable du développement des cellules du système immunitaire).

    «Dans le cadre des projets du FPI, les chercheurs russes sont parvenus à élaborer de nouvelles approches expérimentales pour surmonter l'immunité à la transplantation. Un groupe de recherche de l'Institut d'immunologie affilié à la FMBA a développé pour la première fois dans le monde une méthode expérimentale de remplacement ciblé des tissus du système immunitaire d'animaux de laboratoire par des tissus génétiquement étrangers», a déclaré Maxim Zabeline, directeur adjoint de l'Agence fédérale médico-biologique russe (FMBA).

    Succès sur les souris

    D'après lui, la transplantation du thymus génétiquement étranger assure la formation d'un nouveau système immunitaire fonctionnel à part entière. A l'heure actuelle, la plupart des recherches sur la régénération du thymus sont menées sur des souris de laboratoire.

    La tâche actuelle et future consistera à découvrir si ces méthodes fonctionnent sur l'homme, note le chercheur.

    «Nous sommes déjà parvenus à préserver dans sa totalité la fonctionnalité et la structure de l'organe pendant une période comparable à la durée de vie des animaux», ajoute Maxim Zabeline.

    «Il faut noter, poursuit le chef du groupe et du projet du FPI Alexandre Varlatchev, qu'après la transplantation il n'est pas nécessaire d'utiliser des moyens et des méthodes supplémentaires d'immunosuppression, comme c'est le cas actuellement dans toutes les procédures de transplantation de tissus étrangers afin de surmonter leur rejet par le système immunitaire du receveur».

    «Actuellement, les recherches sur le développement de nouvelles méthodes d'immunocorrection se poursuivent. Un groupe de chercheur y travaille à l'Institut d'immunologie de la FMBA avec le soutien du FPI, et un nouveau laboratoire a été formé. L'Institut d'immunologie ne mène pas seulement des recherches fondamentales mais fait également partie des principaux établissements médicaux du pays en matière d'immunologie et d'allergologie», précise le FPI.

    Thymus et longévité

    Le système immunitaire assure la protection de l'homme contre les infections et la régénération de ses propres cellules en cellules cancéreuses, mais son organe central, le thymus, diminue en taille à partir de l'âge de 16 ans pour se transformer vers la fin de la vie en îlots de tissu adipeux. A 75 ans, la masse du thymus ne dépasse pas 6 grammes, tandis que le poids normal de cet organe avoisine les 37 grammes à 16 ans. Sachant que le vieillissement se traduit, dans le thymus, par une dégénérescence morphologique aussi bien que fonctionnelle.

    «En dépit des progrès de la médecine contemporaine, il n'existe pas encore de méthodes efficaces pour le rétablissement du thymus, même si leur élaboration permettrait de régler de nombreux problèmes liés à la réduction de l'immunité», précise le FPI.

    De nombreux scientifiques à travers le monde recherchent comment rétablir le système immunitaire, y compris le thymus. En Europe, ces recherches sont coordonnées dans le cadre du projet Thymistern de l'université d'Édimbourg. La possibilité de transplanter un thymus cultivé artificiellement aux personnes âgées et aux patients après une transplantation d'organes est considérée comme l'une des directions les plus prometteuses de ce projet.

    Aujourd'hui, la transplantation du thymus, tout comme d'autres organes génétiquement étrangers, est inefficace dans pratiquement tous les cas: les cellules T des receveurs ayant (ou qui ont eu) leur propre thymus attaquent l'implant et provoquent son rejet. Le problème du rejet du tissu étranger est l'une des barrières insurmontables aujourd'hui pour le développement de plusieurs domaines biomédicaux.

    «Le problème de déficit immunitaire à l'échelle mondiale s'explique par l'augmentation rapide de la population ayant besoin d'une correction de leur immunité — les patients avec un déficit immunitaire congénital, des pathologies auto-immunitaires, des personnes atteintes de maladies onco-hématologiques qui nécessitent une transplantation de la moelle épinière d'un donneur, et simplement des personnes d'un âge avancé chez qui la fonction du thymus se réduit pour des raisons naturelles», conclut le FPI.

    Le Fonds de recherches avancées a été créé en 2012 pour contribuer aux recherches et aux élaborations scientifiques pour la défense et la sécurité du pays. L'activité est menée dans trois domaines principaux: chimico-biologique et médical, physico-technique, et informatique. Fin 2015 a été créé le Centre national de développement des technologies et des éléments de base de la robotique au sein du fonds. Actuellement, le fonds travaille sur plus de 50 projets pour lesquels plus de 40 laboratoires ont été créés dans les grandes universités, centres de recherche et entreprises de défense.

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    Tags:
    science, recherche, immunité, Fonds des projets de recherche avancés (FPI)
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