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Huit cas de patients, qui avaient subi une opération au cerveau dans l’enfance et qui ont eu une hémorragie cérébrale à l’âge adulte suite à une angiopathie amyloïde, ont confirmé l’hypothèse de chercheurs britanniques, selon laquelle la maladie d’Alzheimer serait une maladie transmissible.

L'accumulation de bêta-amyloïdes, responsables du développement d'une démence progressive, constitue l'une des caractéristiques principales de la maladie d'Alzheimer. Compte tenu du fait que les protéines en question sont susceptibles de se propager de manière analogue comme les protéines typiques de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ), certains médecins supposent que la maladie d'Alzheimer serait également transmissible, sauf que le risque de contagion serait en l'occurrence minimal, les bêta-amyloïdes étant isolés hermétiquement du milieu extérieur sous la boîte crânienne. 

Une exception concerne néanmoins certaines opérations cérébrales. Les protéines infectieuses peuvent contaminer les outils chirurgicaux et en cas de nettoyage négligé, être transmises à d'autres patients, si bien qu'il suffirait de «transmettre» quelques protéines de ce genre afin de déclencher une réaction en chaîne fatale, rappelle le journal Ärzteblatt. C'est un fait avéré que les protéines pathogènes de la MCJ peuvent être transmises d'une manière iatrogène, notamment — ce qui était le cas jusque dans les années 80 — par la greffe de dure-mère ou suite à un traitement par l'hormone de croissance en provenance de la glande pituitaire d'un donateur décédé. 

En outre, on a récemment découvert qu'en cas de MCJ iatrogènes, des bêta-amyloïdes figuraient parmi les prions infectieux, ce qu'a par ailleurs confirmé l'autopsie des parois vasculaires des patients concernés. La présence de bêta-amyloïdes dans les vasculaires constitue l'une des caractéristiques principales de l'angiopathie amyloïde, qui pourrait — comme l'affirment certains chercheurs — être une variante de la maladie d'Alzheimer. L'angiopathie amyloïde peut provoquer une importante hémorragie cérébrale et se manifeste normalement comme la maladie d'Alzheimer seulement chez les personnes âgées.

Ainsi, une équipe de chercheurs sous la houlette de Sebastian Brandner de l'Institute of Neurology à Londres, spécialisée principalement dans les maladies à prions, ont minutieusement étudié les cas de huit patients, qui ont eu dans l'enfance une angiopathie amyloïde cérébrale, relate la revue Acta Neuropathologica. Parmi eux, il y avait quatre patients qui ont eu un accident vasculaire cérébral à l'âge de respectivement 31, 37, 39 et 57 ans, ce qui constitue une conséquence typique de l'angiopathie amyloïde. Dans les ouvrages de référence, les scientifiques ont retrouvé les quatre autres patients chez lesquels la maladie s'est manifestée entre 32 et 46 ans.  

À en croire Brandner, aucun de ces patients n'a de prédisposition génétiques, susceptibles d'éclairer la manifestation de la maladie à un âge si précoce. Toujours est-il que chacun des huit patients a subi en bas âge une opération du cerveau. En comparaison, chez un groupe de 50 patients du même âge, qui avait subi une biopsie cérébrale pour d'autres raisons, aucune bêta-amyloïde n'a été retrouvée ni dans leurs parois vasculaires ni dans leur parenchyme cérébrale. Dans ce groupe, seulement trois patients avaient subi une opération cérébrale dans l'enfance. 

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Tags:
maladie Alzheimer, opération, cerveau, Londres
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