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    Le volcan Calbuco, au Chili, image d'illustration

    «La civilisation n'a peut-être pas besoin de volcan meurtrier pour être détruite»

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    Un super-volcan sous-marin vieux de plusieurs milliers d’années situé au Japon pourrait tuer 100 millions de personnes s’il entrait en éruption, ont expliqué des scientifiques du Centre d'exploration océanique de Kobe à Sputnik.

    Un important super-volcan sous-marin au Japon pourrait tuer 100 millions de personnes en cas d'éruption, avertissent des scientifiques au fait de son évolution dans un entretien avec Sputnik.

    Pour prédire les éruptions volcaniques, y compris les éruptions massives, il est important de localiser avec précision la poche de magma ainsi que sa taille et sa forme.

    «Nous avons donc choisi la caldeira de Kikai, le seul endroit dans la zone maritime autour de l'archipel japonais, où une gigantesque éruption d'un ancien volcan sous-marin a eu lieu il y a 7.300 ans», a déclaré à Sputnik Yoshiyuki Tatsumi du Centre d'exploration océanique de Kobe.

    Commentant un rapport indiquant que la probabilité que le super-volcan de la caldeira de Kikai entre en éruption au cours des 100 prochaines années était de 1%, le scientifique a fait savoir que:

    «la probabilité d‘une éruption est assez élevée, et je n'exclus pas que cela puisse se produire demain, même si l'éruption d'un volcan géant n'est pas reconnue comme une catastrophe naturelle», avant de faire un parallèle avec les tremblements de terre meurtriers à Kobe et Kumamoto en 1995 et 2016, qui, a-t-il rappelé, avaient été prédit un jour avant qu'ils aient lieu.

    Tatsumi a également rejeté l'affirmation selon laquelle l'activité volcanique pourrait être alimentée par le réchauffement climatique ou par les essais nucléaires menés par la Corée du Nord. «C'est l'état de la croûte terrestre qui a le plus d'impact sur l'activité volcanique», a expliqué Tatsumi.

    Le sismologue russe Alexey Lyubushin a pour sa part rappelé que les catastrophes géologiques massives avaient une période de récurrence, une échelle de temps, qui s'étalait sur des centaines de milliers d'années, voire des millions d'années. «C'est pourquoi la probabilité que l'éruption se produise au cours de notre vie ou au cours des deux ou trois prochaines générations qui nous succéderont est négligeable», a déclaré Lyubushin à Sputnik.

    Éruption du volcan Mayon aux Philippines
    © AP Photo / Earl Recamunda
    L'éveil du super-volcan est un processus plutôt lent pouvant durer plusieurs jours et même plusieurs mois, ce qui permet en théorie à la population de se préparer à l'éruption, a expliqué Lyubushin. «Compte tenu du temps très long entre les éruptions de super-volcans, une civilisation [humaine] pourrait se développer de telle manière pendant cette période qu'il lui serait facile de faire face à une telle catastrophe. Dans le cas contraire, la civilisation pourrait être détruite», a-t-il conclu.

    Le super-volcan sous-marin de la caldeira de Kikai, situé au sud de l'île de Kyushu, au Japon, contient plus de 32 kilomètres cubes de magma, selon les estimations des chercheurs du Centre d'exploration océanique de Kobe. Ces scientifiques ont averti à cet égard que le super-volcan, qui est entré en éruption pour la dernière fois il y a 7.300 ans, pourrait tuer jusqu'à 100 millions de personnes s'il recommençait.

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    Tags:
    civilisation, destruction, meurtrier, volcan, Japon
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