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    Le dirigeable soviétique URSS-V6

    Top 10 des dirigeables géants, les hauts et les bas de leur histoire

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    Irina Dmitrieva
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    Il y a 92 ans, le premier vol d’un dirigeable vers le Pôle Nord débutait en Europe. L’occasion pour Sputnik de rappeler quels dirigeables ont marqué l’histoire de l’aéronautique en battant des records ou en impressionnant le monde par leurs catastrophes.

    Les dirigeables, ces aérostats dotés de moteurs et capables d’être dirigés, ont été utilisés à des fins militaires et scientifiques, surtout dans la première moitié du XXe siècle où un dirigeable européen a fait un tour du monde et un autre a atteint le Pôle Nord. Mais c’est la taille et la forme imposante des dirigeables qui ont toujours impressionné les gens. Voici les dix plus gros dirigeables du monde.

    1 — Berkout

    Le Berkout est un prototype de dirigeable russe de haute altitude d’un volume de 320.000 m3 destiné à mener des missions de surveillance, à assurer les télécommunications et le transfert de données, d’après son concepteur Augur-RosAeroSystems.

    Ce dirigeable stratosphérique sans pilote peut voler à 22-23 km d’altitude pendant six mois et couvrir plus d’un million de kilomètres carrés. Les appareils de ce type intéressent depuis longtemps les militaires et les opérateurs de téléphonie mobile, d'après des médias russes.

    La famille des dirigeables Berkout comprendra trois appareils adaptés à la zone équatoriale (192.000 m3), aux latitudes moyennes (256.000 m3) et aux hautes altitudes (320.000 m3).

    2 — LZ 129 Hindenburg, le plus grand dirigeable commercial jamais réalisé

    L’Allemagne a dévoilé le dirigeable géant LZ 129 Hindenburg le 4 mars 1936 à Friedrichshafen. D’un volume de 190.000 m3, il avait une longueur de 248 m, un diamètre de 41 m et pouvait transporter 120.000 kg de fret à une vitesse de 135 km/h.

    ​Le Hindenburg était le plus grand dirigeable commercial jamais réalisé et affecté à une ligne régulière reliant l’Europe aux États-Unis. Sa taille s’expliquait par le fait que le projet initial prévoyait de remplir le Hindenburg d’hélium, à la différence des dirigeables existants remplis d’hydrogène hautement inflammable.

    ​Toutefois, l’Allemagne n’a pas réussi à obtenir assez d’hélium en raison d’un embargo sur l’exportation de ce gaz imposé par les États-Unis, qui étaient à l’époque le seul pays fournisseur de ce gaz. Le dirigeable a donc été rempli d’hydrogène.

    ​Après 14 mois de service actif et 63 vols commerciaux, le Hindenburg a pris feu lors de son atterrissage à Lakehurst dans le New Jersey le 6 mai 1937. Le dirigeable en flammes est tombé devant des centaines de badauds, tuant 36 personnes dont une au sol. Ce crash a mis fin à l’exploitation commerciale des dirigeables comme moyen de transport.

    3 — USS Akron, le plus grand dirigeable à hélium

    ​D’un volume de 189.000 m3, l’USS Akron, était le plus grand dirigeable à coque rigide au monde rempli à l’hélium. Initialement conçu pour des missions de reconnaissance, cet appareil de la marine américaine a également servi de dirigeable porte-avions, lançant notamment des avions F9C Sparrowhawk. L'Akron, baptisé ainsi d’après la ville où il avait été construit, a réalisé son vol d'inauguration le 23 septembre 1931.

    ​Le 3 novembre 1931, il a transporté 207 personnes lors d’un vol de démonstration, établissant un record pour le nombre de passagers dans les airs à bord d’un aéronef.

    ​Les dirigeables américains USS Akron (ZRS-4) et son sistership USS Macon (ZRS-5) étaient capables de transporter cinq petits avions de chasse chacun.

    En avril 1933, l’USS Akron, qui effectuait une mission de patrouille le long de la côte de la Nouvelle-Angleterre, a heurté l’eau et s’est disloqué dans l’Atlantique pendant une tempête, tuant 73 des 76 personnes à bord. La perte de l'Akron a marqué le début de la fin des dirigeables au sein de la marine américaine.

    4 — R-101, un dirigeable britannique tombé en France

    Le dirigeable rigide britannique R-101 a pris les airs en 1929 à Londres. Long de 219 mètres, il se déplaçait à une vitesse de 113 km/h. En 1930, ce dirigeable d’un volume de plus de 146.000 m3, était le plus grand appareil de ce type au monde.

    ​Le 5 octobre 1930, le R-101 assurant une liaison entre Londres et Karachi s’est écrasé sur une colline non loin de Beauvais, en France. Les fuites d’hydrogène provoquées par la chute ont incendié l’appareil. Le crash a fait 48 morts.

    ​L'accident du R-101 a marqué la fin de l'aventure britannique dans les dirigeables.

    5 — LZ-127 Graf Zeppelin et son voyage autour du monde

    ​Construit en 1928, le LZ-127 Graf Zeppelin a été le plus grand dirigeable de son époque. Son volume était de 105.000 m3. Il a été baptisé en l’honneur du pionnier allemand des dirigeables Ferdinand von Zeppelin, qui avait le titre allemand de Graf (comte).

    En 1929, cet appareil ayant une vitesse maximale de 135 km/h, a effectué un tour du monde.

    ​Le temps complet de ce record de durée de vol est de 21 jours, 5 heures et 31 minutes, compte tenu du voyage aller-retour entre Friedrichshafen, dans le sud de l’Allemagne, et la base aéronavale américaine de Lakehurst d’où il a entamé officiellement sa circumnavigation aérienne.

    ​Long de 236,6 mètres et capable d’emporter une charge utile de 60 tonnes, ce géant des airs a servi au transport de passagers de 1928 à 1937. En dix ans, il a effectué 143 vols transatlantiques, transportant 13.110 personnes.

    6 — ZPG-3W, le plus grand dirigeable non-rigide

    ​La marine américaine s’est dotée du plus grand dirigeable non-rigide au monde pendant les années 1950. L’appareil long de 104,57 m a servi pour mener des missions de reconnaissance radio. Sa vitesse maximale était de 128 km/h. Au total, les États-Unis avaient quatre dirigeables de cette famille.

    ​Le ZPG-3W est un exemple rare de l’utilisation de l'espace intérieur du dirigeable, une énorme antenne radio se trouvait à l'intérieur de son ballon d’hélium de 23.648 m3.

    Cet appareil a été le dernier dirigeable commandé par l’armée des États-Unis. Le crash du ZPG-3W qui a fait 18 morts le 6 juillet 1960, a remis en question l’utilisation des dirigeables non-rigides.

    7 — Gigant, le plus grand dirigeable de l’Empire russe

    ​En 1915, le Gigant a pris les airs à Saint-Pétersbourg. C’était le plus grand dirigeable de l’Empire russe. Long de 114 mètres, ce dirigeable semi-rigide avait un volume de 20.500 m3. D’ailleurs, sa vitesse n’était pas très grande, 58 km/h, sa fiabilité était également faible. Cet appareil s’est écrasé dès son premier vol d’essai le 10 février 1915.

    Le dirigeable a été ensuite modifié en prenant compte le crash, mais il n’a jamais plus décollé. La Première Guerre mondiale battant son plein, le Grand-Prince Alexandre Mikhaïlovitch Romanov a refusé d’octroyer des fonds pour acheter de l’hydrogène dont avaient aussi besoin les unités d’aérostats russes. En plus, la guerre avait déjà démontré que les avions étaient plus performants que les dirigeables pendant les opérations militaires.

    8 — Norge, explorateur du Pôle Nord

    ​Le dirigeable italien semi-rigide à hydrogène Norge conçu par l’ingénieur aéronautique et explorateur Umberto Nobile a battu un record en 1926 en effectuant le premier vol d’un dirigeable au Pôle Nord.

    L'expédition est partie de Rome le 29 mars 1926, passant par l’Angleterre, la Norvège et le territoire soviétique, traversant la mer de Barents pour arriver à Svalbard, sa dernière escale avant d’atteindre le pôle le 12 mai. L'équipage de l'expédition commandée par Umberto Nobile comprenait seize hommes, dont le marin et explorateur polaire norvégien Roald Amundsen et l’explorateur polaire américain Lincoln Ellsworth.

    Le dirigeable long de 106 mètres avait un volume de 19.000 m3 et pouvait voler à une vitesse de 105 km/h.

    9 — URSS-V6 Osoaviakhim et son plus long vol au monde

    ​Le plus grand dirigeable semi-rigide soviétique a établi un record d’autonomie de vol de 130 heures et 27 minutes en automne 1937. L’appareil long de 104,5 m, qui a décollé à Dolgoproudny, dans la région de Moscou a parcouru 4.800 km au-dessus du territoire soviétique, avant de se poser dans la ville de départ.

    L’URSS-V6 Osoaviakhim a été conçu par l'ingénieur aéronautique italien Umberto Nobile sur la base du dirigeable italien N-4. D’un volume de 19.400 m3, il a effectué son premier vol, le 5 novembre 1934. Sa vitesse maximale était de 93 km/h. Le nom de l'aéronef venait du nom de l’établissement où il a été fabriqué: Société pour la promotion de la défense de l'aviation et de la chimie (donnant l’abréviation russe Osoaviakhim), précise le site Dic.academic.ru.

    En février 1938, le dirigeable, qui devait sauver une mission polaire, a percuté une montagne dans la région de Mourmansk dans des conditions météorologiques très défavorables. 13 des 19 membres d’équipage ont péri et trois ont été blessés.

    ​L’URSS a mis en place l’organisation spéciale Dirijablestroï chargée de créer une escadre de dirigeables. Cette entreprise a construit au total une dizaine de dirigeables avant d’être transformée en usine de chasseurs et de bombardiers Sukhoi et Iakovlev pendant la Seconde Guerre mondiale. Après 1951, elle a produit les premiers missiles sol-air soviétiques.

    10 — Aérostat à coque rigide Spiess, le seul et unique dirigeable rigide français

    ​L’ingénieur français Joseph Spiess a déposé un brevet pour un aérostat à coque rigide en 1873, un an avant Ferdinand von Zeppelin. L'appareil de Spiess, le premier et dernier aérostat rigide français, a été construit en 1913. Son volume était de 12.800 m3. La première apparition du dirigeable Spiess dans le ciel de Paris a provoqué une vive inquiétude: on l’a pris pour un Zeppelin allemand. Mais quand on a appris que c'était une machine française, Spiess a bénéficié d'une renommée nationale et a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en juin 1913.

    Malheureusement, après plusieurs essais, le dirigeable a été laissé à l'abandon dans son hangar de Saint-Cyr. Malgré le contexte géopolitique tendu avant la Première Guerre mondiale, le gouvernement français a refusé de collaborer avec l'ingénieur. Selon lui, les dirigeables de type non rigide et plus petits seraient plus efficaces, théorie contredite par la suprématie des Zeppelin pour la vitesse et la charge embarquée. L’armée française a utilisé le Spiess, notamment pour le réglage de l'artillerie lors des manœuvres militaires de 1914, mais l’aérostat a été détruit vers 1915.

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