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    Quand les animaux disparus refont leur apparition

    CC BY 2.0 / Neil McIntosh / Dhol with intent stare
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    Les espèces d’animaux sont déclarées éteintes après plusieurs décennies de recherches infructueuses. Mais c’est insuffisant pour s'assurer de leur extinction définitive: on pensait ainsi que les Crossoptérygiens avaient disparu il y a 56 millions d'années, jusqu'à ce qu'un poisson de cette espèce soit repêché en 1938. Et son cas n’est pas isolé.

    Un «mammifère» venimeux

    En général, les morsures des mammifères ne sont pas venimeuses. L'une des rares exceptions est le solenodon, animal nocturne qui ressemble à un rat au nez très prononcé. Pendant la chasse, il mord ses victimes (généralement des insectes) pour leur injecter une portion de salive avec des neurotoxines.

    ​Il y a 50 millions d'années, les solenodons vivaient partout en Amérique du Nord. De nos jours, il n'en reste plus qu'à Haïti et à Cuba, c'est pourquoi on les appelle «fossiles vivants».

    On s'apprêtait à reconnaître les solenodons de Cuba comme disparus parce qu'ils n'avaient pas été vus dans la nature depuis la fin du XIXe siècle. Mais en 1975, plusieurs spécimens ont été aperçus.

    Les prochaines rencontres ont eu lieu en 2003 et, après des recherches ciblées, en 2012. Les spécialistes ont alors prélevé des échantillons d'ADN à ces animaux pour découvrir leur position exacte dans l'arbre de l'évolution.

    Le dernier représentant de la mégafaune australienne

    En 1932, le dernier loup marsupial (thylacine) de la planète est mort de vieillesse. Depuis, ce représentant de la mégafaune australienne qui régnait à l'époque des mammouths est considéré comme éteint.

    Thylacine
    CC0 / Public domain/Baker; E.J. Keller. / Report of the Smithsonian Institution. 1904 from the Smithsonian Institution archives.
    Thylacine

    Plusieurs rencontres sensationnelles avec cet animal ont été rapportées, mais les chercheurs ne reconnaissent pas la véracité de cette information. En 2016-2017, une vidéo a été diffusée sur internet en prétendant qu'il s'agissait d'un loup marsupial dans la forêt australienne (d'où il a disparu il y a près de 2.000 ans), mais elle était trop floue pour y voir avec certitude un thylacine.

    Les spécialistes de la modélisation estiment que l'animal a pu vivre dans cette région jusqu'en 1956, mais qu'il s'est éteint ensuite parce que sa population était trop réduite.

    Mais les enthousiastes et les écologistes espèrent encore retrouver sa trace.

    «Dans les endroits peu étudiés, c'est tout à fait possible. Les animaux savent s'adapter aux conditions changeantes. Beaucoup d'entre eux sont suffisamment intelligents pour éviter la traque en se cachant dans les zones éloignées et difficiles d'accès. Pour la confirmation de l'existence d'une espèce, il suffit parfois de voir non seulement un spécimen vivant, mais même des traces, des déjections ou d'autres signes d'activité», explique Alexeï Zimenko, directeur général du Centre de protection de la nature sauvage.

    L'expert rappelle qu'il est strictement interdit de capturer des animaux potentiellement disparus et rares, car cela pourrait accélérer leur extinction. Les spécialistes ne font qu'enregistrer en photo ou en vidéo l'espèce observée ou les traces de son activité. Tout cela aide à élaborer les mesures adéquates pour la préserver.

    Le cas de Latimeria 

    «L'affirmation qu'un animal a disparu nécessite l'absence totale de données véridiques de son existence sous telle ou telle forme sur terre pendant au moins trente ans. Mais de telles informations peuvent être obtenues seulement à l'issue d'études spéciales qui, souvent, ne sont pas organisées à cause de leur complexité ou risque», poursuit Alexeï Zimenko.

    Il cite l'exemple du tigre de la Capsienne, qui habitait en Asie centrale, en Transcaucasie et dans les régions voisines. Les derniers représentants de l'espèce ont été aperçus en URSS au début des années 1970. L'animal est considéré comme disparu depuis 2003.

    Cependant, le tigre de la Caspienne pourrait encore résider sur le territoire de l'Afghanistan, où les recherches sont difficiles, estime Alexeï Zimenko.

    «Du moins, en 1985, des zoologues ont aperçu une tigresse avec des petits à la frontière afghane. Dans ce genre e cas il est prématuré de considérer l'espèce comme éteinte. Et c'est contre-productif en termes de sa préservation», déclare l'expert.

    Mais parfois une espère reconnue éteinte se retrouve mystérieusement dans la nature. L'exemple le plus connu est celui des Crossoptérygiens Latimeria. Les paléontologues affirmaient que ce poisson avait disparu il y a 65 millions d'années avec les dinosaures. Mais en 1938, un spécimen a été pêché dans un fleuve en Afrique du Sud. Et un autre 20 ans plus tard.

    Le pic à bec ivoire résidant en Amérique Nord et à Cuba a été aperçu pour la dernière fois en 1944. La communauté scientifique était prête à reconnaître l'extinction de l'espèce. Mais en 2004, une trace de cet oiseau a été aperçue dans l'est de l'Arkansas, et depuis il a été rapporté plusieurs fois. Ces informations sont controversées et peu convaincantes pour les spécialistes. Néanmoins, le pic à bec ivoire a été déplacé dans la catégorie «probablement disparu». Ses recherches se poursuivent.

    Dans la liste rouge des espèces menacées

    Le Livre rouge des espèces menacées de la Russie recense neuf espèces d'animaux disparus sur le territoire du pays. La plupart n'ont pas été aperçus dans la nature depuis le XIXe siècle.

    Parmi les espèces éteintes depuis relativement peu de temps – le phoque moine. Il a été vu pour la dernière fois dans les eaux territoriales russes de la mer Noire au milieu du XXe siècle. Des représentants de cette espère vivent encore en Méditerranée.

    Le pygargue noir qui volait en Primorié [Sud-Est de l'Extrême-Orient russe, ndlr] est proclamée éteinte. Son unique représentant est la femelle qui vit dans le zoo de Berlin. Dans la nature sauvage le pygargue noir a été aperçu en 1968 en Corée. Les spécialistes n'excluent pas qu'il puisse rester dans le nord de la péninsule.

    Saïga
    © Sputnik . Vyacheslav Bobkov
    Saïga

     

     

    La dernière édition du Livre rouge russe date de 2001. Selon Alexeï Zimenko, l'édition nationale doit être mise à jour au moins tous les dix ans. La Russie est très en retard sur la nouvelle édition, c'est pourquoi il est impossible pour l'instant de comprendre comment la liste officielle des espèces et sous-espèces disparues a changé. Il existe seulement des informations préliminaires.

    «La nouvelle liste était convenue l'année dernière et en partie cette année, mais elle n'a toujours pas été validée», indique l'expert.

    Les informations pour le Livre rouge parviennent de nombreuses sources scientifiques. La rédaction de la liste est prise en charge par la Commission pour les animaux, plantes et champignons rares ou menacés d'extinction auprès du ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement.

    Les membres de la commission ont suggéré d'ajouter dans le Livre rouge des espèces et des sous-espèces d'oiseaux dont la population s'est considérablement réduite ces dernières années. Par exemple, sur presque 5 millions de tourterelles ordinaires, en 2015 seulement 160.000 spécimens ont été comptés.

    Les experts ont l'intention d'inscrire dans le Livre rouge plusieurs mammifères (notamment le phoque de la Caspienne, le saïga, l'orque) et des poissons.

    Dans le projet du Livre rouge des animaux de 2012 publié sur le site du ministère des Ressources naturelles, cinq espèces sont mentionnées dans la catégorie «probablement disparus».

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    Tags:
    mammouths, dinosaures, science, disparition, extinction, animaux, ADN, mer Noire, Russie, URSS, Afghanistan, Amérique du Sud, Afrique, Terre
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