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La gestion, soit la conversion et le traitement des déchets ménagers, est un défi de taille pour les sociétés contemporaines, surtout dans les villes surpeuplées de Chine. Le pays a opté pour une solution innovante et naturelle qui consiste notamment à faire «travailler» les cafards. Un agrégé russe de biologie a donné des explications à Sputnik.

À Jinan, capitale de la province du Shandong, dans l'est de la Chine, une ferme d'élevage héberge un milliard de cafards appelés à éliminer les déchets des produits de consommation courante. Gérée par la Shandong Qiaobin Agricultural Technology Co, les habitants de cette ferme engloutissent tous les jours jusqu'à 50 tonnes de déchets de cuisine. Cette méthode a un tel succès que l'entreprise envisage d'ouvrir encore trois autres établissements l'année prochaine, ce qui permettra, selon elle, de traiter un tiers de tous les déchets alimentaires de la ville.

«Il existe un groupe de microorganismes, notamment de décomposeurs qui comprend entre autres des insectes, qui dévorent des débris végétaux et toutes sortes de matières organiques en décomposition, les dégradant en sels minéraux ou les transformant en humus. C'est ce que font notamment les cafards. Autrement dit, ce sont des détritivores naturels», a raconté à Sputnik Sergueï Artemenko, de la chaire d'écologie et de génétique à l'Université de Tioumen (Sibérie).

Et d'ajouter que les cafards qui pouvaient manger à peu près n'importe quoi convenaient très bien pour le rôle d'«incinérateurs d'ordures ménagères», mais étaient très exigeants pour ce qui est de leurs conditions de vie: il leur faut une température et un taux d'humidité de l'air très particuliers.

«L'idée est excellente en soi et ce, d'autant plus qu'il y a dans l'intestin de ces insectes des bactéries qui "digèrent" même la cellulose, qu'il s'agisse des feuilles d'arbre ou du papier. […] Si toutes les conditions sont respectées, on peut bien transformer des montagnes de déchets en engrais très utiles», a estimé l'expert.

Selon ce dernier, on ne doit toutefois pas exclure un risque d'accident quand des milliards de cafards pourraient par exemple s'évader de la ferme.

À Jinan, on y a pensé dès le départ. On a creusé un fossé spécial qui a été rempli d'eau. Si les cafards fuient, ils ne manqueront pas de tomber dans ce piège et seront dévorés par les poissons qui y pullulent.

Les usagers de Weibo ont réagi différemment à l'information sur des fermes d'élevage de cafards. Les uns ont exprimé des craintes, d'autres y ont vu l'occasion de rigoler:

«Leur cavale [de milliards de cafards dans la nature, ndlr] pourrait servir d'excellente idée pour un film-catastrophe».

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défis, traitement, déchets, cafards, Université de Tioumen, Sputnik, Shandong Qiaobin Agricultural Technology Co, Sergueï Artemenko, province de Shandong, Jinan, Sibérie, Tioumen, Russie, Chine
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