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    Fissures au sol

    «Dieu créa la Terre», l'Homme la détruit et les scientifiques de Samara la soignent

    CC0 / Pixabay/That_Soham
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    Oxana Bobrovitch
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    Les scientifiques russes de Samara ont mis le turbo pour sauver la planète. Leur deuxième invention magistrale dévoilée en un mois: des médicaments et des vitamines uniques pour les sols maigres, épuisés ou pollués. Vlada Zabolotskikh, qui dirige un groupe de recherche de l'Université technique de la ville, détaille cette percée à Sputnik France.

    «Source vivante de fertilité» ou «JIP» dans son abréviation russe utilisée par un groupe de scientifiques de Samara, sur les bords de la Volga, pour designer un mélange complexe de bioadditifs qui permet aux sols souillés, maigres ou épuisés de s'auto-épurer et de s'auto-guérir.
    Ce complexe biotechnologique très efficace déclenche des processus d'humification- la formation d'humus et l'activation de la microflore du sol, sans aucune utilisation de produits chimiques.

    Les scientifiques de Samara créent une technologie de «guérison des sols»
    © Photo. Presse. L’Université technique de Samara
    Les scientifiques de Samara créent une technologie de «guérison des sols»

    L'approche des scientifiques de Samara propose une solution pour sortir du cercle vicieux d'utilisation d'herbicides et d'engrais dans les zones d'agriculture industrielle. «Nous proposons une méthode de l'agriculture biologique, dont l'essence est de "nourrir" le sol et non les plantes. C'est particulièrement pertinent dans la situation actuelle», explique la responsable du projet, professeur associée au département de technologie chimique et d'écologie industrielle, Vlada Zabolotskikh.

    «Chaque sol, en tant que système vivant, possède son immunité et donc, il nous faut une approche personnelle pour l'"activer", explique à Sputnik France Vlada Zabolotskikh. Comme pour une maladie humaine, pour chaque sol on sélectionne ses propres "médicaments", vitamines et additifs nutritionnels.»

    Les films comestibles, à la base de pomme, créés à l'Université de Samara
    © Photo. Presse de l'Université technique d'État de Samara
    Les scientifiques ont réussi à multiplier la vitesse de formation d'humus des dizaines et même des centaines de fois. Ils obtiennent un sol fertile sur lequel on peut cultiver des plantes saines, résistantes et sans nitrates. Un autre aspect du procédé inventé par les scientifiques de Samara est particulièrement utile pour l'humanité «développée», qui s'étouffe dans ses propres déchets. Incinération ou enfouissement- tel est le choix restreint qui se présente à l'échelle planétaire. À Samara, les premières recherches sur la désintoxication des sols ont commencé en 2012 avec des travaux d'étudiants. Leurs études, en s'amplifiant, ont mené aujourd'hui trois doctorants au stade de brevets déposés.

    «Le processus de "détoxication des sols" est le suivant: d'abord, on baisse la pollution en transformant les substances toxiques en formes assimilables à travers la biotransformation, puis, on augmente leur fertilité,» explique Vlada Zabolotskikh.

    Ces technologies ont été surtout utilisées pour la réhabilitation de terres polluées: les travaux portent sur le compost toxique souillé par des déchets ménagers dans les sites d'enfouissement. Les expériences ont déjà quitté des murs de l'Université technique de Samara:

    «Nous avons testé nos procédés en laboratoire et sur des sites expérimentaux», précise la scientifique.

    Les travaux des scientifiques russes ont été remarqués au niveau national et actuellement, le laboratoire est en train de négocier une coopération avec une entreprise d'enfouissement de déchets. Dans la logique du développement des «villes vertes», leur technologie a l'air d'avoir de beaux jours devant elle:

    «Nous avons également en tête de petits complexes de réhabilitation des terres pour les fermes, s'entousiasmeVlada Zabolotskikh. On pourrait les utiliser aussi bien dans une exploitation fermière qu'en tant qu'installation de réhabilitation dans un lotissement de maisons individuelles. On récupérerait des déchets pour relancer le cycle de réhabilitation des terres, d'où le titre "la Source Vivante de Fertilité".»

    Pour l'Université technique de Samara, l'ouverture vers la coopération internationale est la suite logique de leurs travaux de recherche. L'établissement, dont les liens solides avec les Universités de Gènes et de Padoue tout comme avec l'université Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre, sont solides, compte sur ses bancs des étudiants et scientifiques camerounais, syriens, nigérians, colombiens, somaliens et de Côte d'Ivoire… Est-ce une porte ouverte pour une exportation des technologies russes créées en collaboration avec des cadres scientifiques d'autres pays?

    «Nous sommes ouverts à toute collaboration et pouvons même créer une recette individuelle de fertilisations de sols… notamment en Afrique», détaille Vlada Zabolotskikh.

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    Tags:
    Université technique d'État de Samara, incinérateur, enfouissement, humus, fertilité, engrais, décharge, terres agricoles, biotechnologies, herbicides, déchets, pollution, agriculture, Vlada Zabolotskikh, Volga, Samara, Russie
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