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    La bactérie à l’origine d’une peste médiévale ayant coûté la vie à 100 millions de personnes mise à nue

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    Des scientifiques ont réussi à reconstituer le génome de huit souches de la bactérie Yersinia pestis, responsable d’une pandémie ravageuse de peste au début du Moyen-Âge.

    Des chercheurs ont découvert des traces de la fameuse peste justinienne (541-544) non seulement à Byzance mais aussi en Grande-Bretagne, en France, et dans d’autres coins de l’Europe médiévale, apprend-on d’une étude publiée dans la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

    La première pandémie historiquement attribuée à la bactérie Yersinia pestis a débuté avec la peste justinienne et s'est poursuivie pendant environ 200 ans sous le nom de «première pandémie». Pendant les cinq premières années, elle a fait près de 100 millions de morts. À ce jour, seule une souche de Y. pestis provenant de cette pandémie a été reconstituée à l'aide d'un ADN ancien. Dans cette étude, les chercheurs présentent huit génomes provenant de Grande-Bretagne, de France, d'Allemagne et d'Espagne, démontrant l'étendue géographique de la peste pendant la première pandémie.

    La première pandémie historiquement documentée causée par Yersinia pestis, l'agent responsable de la peste, a débuté sous le nom de peste justinienne en 541 au sein de l'Empire byzantin et s'est poursuivie jusqu'en 750. On ignore encore la propagation de la bactérie Yersinia pestis, qui en était la cause, sa diversité et son histoire génétique, précisent les chercheurs. Pour élucider la microévolution de la bactérie au cours de cette période, ils ont examiné les restes humains de 21 sites en Autriche, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en France et en Espagne.

    Peste. Image d'illustration
    © Photo. Public Domain / Desconocido / Deutsches Historisches Museum Berlin
    L'analyse phylogénétique sur les huit génomes reconstruits révèle l'existence d'une diversité de Y. pestis jusque-là non documentée entre le sixième et le huitième siècle, et fournit la preuve de la présence de multiples souches distinctes de Y. pestis en Europe.

    La peste justinienne était présente dans les îles britanniques, et parallèlement de multiples souches dérivées étaient présentes dans le centre et le sud de la France, en Espagne et dans le sud de l’Allemagne.

    La peste justinienne a été suivie par une deuxième pandémie, qui a débuté avec la peste noire de 1346 à 1353 et a persisté en Europe jusqu'au XVIIIe siècle. L'agent pathogène s'est ensuite répandu dans le monde entier à la fin du XIXe siècle à travers la troisième pandémie qui a débuté en 1855 dans le Yunnan (Chine), créant de nouveaux foyers locaux en Afrique et dans les Amériques. À ce jour, Y. pestis est chaque année à l'origine d'infections sporadiques et d'épidémies locales récurrentes, raconte l’article.

    Tags:
    maladies, Moyen-Âge, étude, peste, science, bactérie
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