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    Un rebondissement dans l'analyse des «signaux radio extraterrestres»

    © AP Photo / Natacha Pisarenko
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    De nouvelles observations des sursauts radio rapides suggèrent que ces derniers pourraient être émis par la même source plusieurs fois pendant son existence, excluant ainsi l'hypothèse selon laquelle ils proviendraient de supernovas ou de la fusion de trous noirs.

    «Nous ne connaissons pour le moment que deux sources de sursauts radio rapides (FRB) répétés, et la nature des 70 autres reste inconnue. J’ai réussi à démontrer que la plupart de ces derniers devaient provenir de sources qui émettent plusieurs signaux de ce type pendant toute leur existence», estime Vikram Ravi, astronome de l’Université de Harvard. Les conclusions des chercheurs sont publiées dans la revue Nature. 

    L’existence des sursauts radio rapides a été évoquée pour la première fois par les astronomes en 2007: ces phénomènes mystérieux ont été découverts par hasard au cours d'observations des pulsars radio à l’aide du télescope Parkes (Australie).

    Les scientifiques avaient ensuite découvert les traces d’une trentaine d’autres émissions de ce type, dont la comparaison a démontré qu’elles pouvaient être artificielles, voire même être des signaux de civilisations extraterrestres (compte tenu du caractère périodique inexplicable de leur structure).    

    Toutes ces émissions avaient un point commun: leur puissance extrêmement forte et la distance inhabituellement importante de leur source. C’est pourquoi les astronomes estimaient initialement que ces sursauts étaient produits par la fusion d'étoiles à neutrons ou d’autres objets compacts qui se transformaient en trou noir.

    Les scientifiques ont cependant trouvé il y a deux ans les premiers indices soulignant que cela n’était pas le cas. Ainsi, le télescope Parkes a enregistré des éclairs répétés dans la région de l’un des premiers sursauts radio rapides - FRB 121102 - découvert il y a six ans. Cela a rendu les «signaux extraterrestres» encore plus mystérieux et intéressants du point de vue de la phénoménologie spatiale.

    Les astronomes ont réussi plus tard à localiser la source de ce flash: une galaxie naine invisible dans la constellation du Cocher, à 3 milliards d’années-lumière de la Terre. Ils n'ont toutefois réussi à déterminer la position exacte et la nature d’aucun sursaut unique, ce qui a provoqué des débats acharnés sur leur différence par rapport au signal FRB 121102. 

    Vikram Ravi estime que les sources des «signaux extraterrestres» uniques sont tout à fait similaires à celles de FRB 121102 et de FRB 180814, un autre sursaut répété. Il a notamment utilisé les données recueillies par deux radiotélescopes relativement récents, le canadien CHIME et l’australien ASKAP.

    Comme ces deux dispositifs couvrent des zones assez larges du ciel nocturne, ils ont réussi à enregistrer plusieurs dizaines de FRB au cours de leurs premiers mois de fonctionnement. Cela a plus que doublé le total des phénomènes observés et a poussé les scientifiques à réfléchir à la fréquence réelle des «appels» extraterrestres.

    Le fait est que cette fréquence varie fortement selon les données de CHIME et d’ASKAP. Ainsi, l’observatoire canadien a trouvé environ dix fois plus de sursauts que son «rival» australien. Cela a semé chez les scientifiques des doutes quant au fait que toutes les observations des FRB correspondaient à la réalité des faits.

    Selon les calculs de Vikram Ravi, cette divergence n’est pas liée aux erreurs des astronomes ou à des défaillances techniques, mais au fait qu’ASKAP captait peu efficacement les «signaux extraterrestres» apparus à une distance importante de la Voie lactée. Cette découverte a permis à l’astronome de rassembler les résultats des observations et d’établir assez précisément la fréquence des FRB dans le ciel nocturne.

    Il s’est avéré que ces événements étaient étonnement fréquents. Leur nombre dépasse grandement - même dans les cas les plus extrêmes - celui des fusions des étoiles à neutrons et des naines blanches, des supernovas rares et ordinaires ou d’autres cataclysmes spatiaux.

    Selon Vikram Ravi, cela indique que tous les FRB (ou la plupart de ces derniers) sont produits par des sources capables d’émettre plusieurs signaux de ce type. Leur nombre total pourrait être assez peu important - environ 100 événements pendant tout l’existence de l’Univers - pour expliquer la fréquence des sursauts enregistrés par le télescope CHIME.

    Ce qui pose aux scientifiques une nouvelle question: pourquoi n’a-t-on découvert ces qualités que chez deux des 70 FRB connus? D’après Vikram Ravi, on pourrait trouver la réponse si l’on établissait de quelles régions de la galaxie provenaient les sursauts radio rapides.

    Nous ne disposons pour l'instant de ce type d'information que pour FRB 121102 et encore un sursaut unique découvert en septembre 2018, ce qui ne permet pour l’instant de tirer aucune conclusion sur la nature de ces phénomènes.

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    Tags:
    chercheurs, espace, sursauts radio rapides (FRB)
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