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Appliquée à des cultures agricoles, une technique d’édition du génome CRISPR/Cas9 pourrait sous peu aider à nourrir la population de la Chine, suppose la revue américaine Science, se référant à une biologiste chinoise connue dans le monde entier. Sputnik s’est entretenu avec un universitaire chinois.

En 2013, avec son équipe de chercheurs, la généticienne chinoise Gao Caixia a été la première à appliquer CRISPR-Cas9, une technique d’édition du génome, à la modification des végétaux. Néanmoins, cette éditrice des plantes n’est pas seule, loin de là, qui s’est engagée dans le développement de cet outil de modification du génome, a indiqué à Sputnik Ma Jiayang, professeur associé au Collège d'agronomie près l’Université d'agriculture de Chine.

Des risques ne sont pas exclus

«La technique CRISPR est plus facile et plus rapide à utiliser que les techniques antérieures. […] On ne doit toutefois pas oublier qu’il s’agit d’une technique nouvelle et que des risques n’y sont pas à exclure», a prévenu le spécialiste.

Et d’expliquer que l’utilisation de certains instruments de modification du génome pouvait toujours déboucher sur un «résultat indésirable».

«Pour le moment, on ignore si cela pourrait ou non se solder par des conséquences irrémédiables», a relevé Ma Jiayang, parlant d’un impact éventuel sur l’écosystème de l’utilisation de la technique CRISPR-Cas9 à l’échelle industrielle.

Selon l’expert, bien que cette technique ne vise pas à modifier le gène lui-même, mais seulement à retirer et remplacer certaines de ses portions inutiles, le risque de mutations parallèles existe toujours.

Prévenir une pénurie alimentaire

Un jour, la Chine pourrait bien avoir besoin de plantes modifiées selon la technique CRISPR-Cas9 pour approvisionner son immense population en denrées alimentaires, écrit la revue scientifique Science, reprenant les propos tenus par Li Jiayang, ancien président de l'Académie chinoise des sciences agricoles (CAAS).

En 2018, la Cour européenne a statué que les plantes modifiées selon la technique CRISPR-Cas9 étaient des organismes génétiquement modifiés (OGM). Or les consommateurs chinois redoutent de manière générale de tels produits alimentaires. La papaye est le seul fruit génétiquement modifié cultivé en Chine.

«Pour le moment, on ignore si de tels produits deviendraient plus chères que les denrées ordinaires. Quoi qu’il en soit, l’utilisation de CRISPR revient plusieurs fois meilleur marché que celle des techniques traditionnelles de modification génétique», a-t-il résumé.

Souvent comparée à des ciseaux moléculaires, la technique CRISPR révolutionne la génétique depuis cinq ans. Elle permet de sélectionner une portion précise de l’ADN des cellules pour l’inactiver, ou la remplacer par une autre. Bref, le système CRISPR/Cas9 est un nouveau système simple, rapide et efficace pour couper l’ADN à un endroit précis du génome, dans n’importe quelle cellule.

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Tags:
génome, OGM, Chine
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