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    Où déménagera l'humanité après l'extinction du Soleil?

    © Photo. NASA / JPLCaltech/T. Pyle
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    D'après les scientifiques, le Soleil vivra pendant encore environ 5 milliards d'années. Mais avant de s'éteindre il se transformera en géante rouge et brûlera les planètes à proximité. Les chercheurs proposent dès à présent chercher pour l'humanité un endroit convenable en dehors du système solaire.

    Fin août, des astronomes ont annoncé la découverte d'une nouvelle exoplanète. Elle est trois fois plus lourde que Jupiter et ne ressemble à aucune autre planète découverte jusqu'ici. Son orbite est très elliptique, et son apoapse (le point le plus éloigné du foyer de l'orbite) est très éloigné. Si cette exoplanète faisait partie du système solaire, elle s'approcherait d'abord de la ceinture d'astéroïdes, puis partirait derrière l'orbite de Neptune.

    Trois mois plus tôt, des astronomes ont découvert une exoplanète qui ne peut tout simplement pas exister, selon leurs calculs. Et avant cela ils ont remarqué un système de trois petites exoplanètes à la fois et d'une naine rouge lumineuse à 73 années-lumière de nous.

    Comme l'a expliqué à Sputnik Vladimir Kouznetsov, directeur de l'Institut du magnétisme terrestre, de l'ionosphère et de la propagation des ondes radio Pouchkov, plus de 4.000 exoplanètes sont connues aujourd'hui. Et à en juger par la composition de l'atmosphère, seulement quelques dizaines ressemblent à la Terre.

    Les doublures de la Terre

    Les planètes en dehors du système solaire sont généralement découvertes selon des indices indirects. Le plus souvent à l'aide de la méthode des vitesses radiales et du transit. Dans le premier cas, les chercheurs analysent les oscillations de la projection de la vitesse d'une étoile sur le rayon de vision engendrées par le mouvement autour d'un centre de masses commun avec la planète. Dans le second cas l'accent est fait sur les changements mineurs de luminosité lors du passage de la planète sur disque de l'étoile «mère».

    L'habitabilité de la planète est évaluée généralement selon l'indice de similarité avec la Terre (IST) et l'indice d'habitabilité planétaire (PHI). Les critères principaux sont la taille, la masse, la densité, la distance jusqu'à l'étoile, la température à la surface, la capacité de retenir l'atmosphère, la présence de l'eau.

    Selon les calculs des chercheurs de l'université de Porto Rico à Arecibo, 41 exoplanètes sont potentiellement habitables. Toutefois, cela reste impossible à vérifier pour le moment.

    «Il faut savoir que les exoplanètes les plus proches et les étoiles autour desquelles elles se situent se trouvent souvent très loin – à des dizaines et des centaines d'années-lumière. Une année-lumière est la distance parcourue par la lumière en 365 jours. Elle franchit en sept minutes la distance entre le Soleil et la Terre. Or en l'occurrence il est question d'années. Dans 4,5 milliards d'années, quand le Soleil commencera à s'élargir rapidement en brûlant toutes les planètes de son système, l'humanité inventera probablement des vaisseaux qui se déplacent à une vitesse proche de la lumière. C'est le seul moyen pour atteindre d'autres étoiles et planètes habitées autour d'elles», a précisé Vladimir Kouznetsov.

    La constellation de la Baleine

    L'une des planètes extrasolaires les plus proches de la Terre est Tau Ceti e, dont l'étoile-mère se situe dans la constellation de la Baleine. Elle se trouve à environ 12 années-lumière, ce qui prendrait des centaines de siècles avec les technologies actuelles.

    Tau Ceti e est considérée comme potentiellement habitable. Sa masse est quatre fois supérieure à celle de la Terre. La planète reçoit presque 60% de plus de lumière de sa propre étoile que la Terre du Soleil. Si Tau Ceti e possède une atmosphère semblable à la terrestre, alors la température à sa surface avoisine 70°C. Ce sont des conditions convenables pour l'apparition d'organismes thermophiles – des extrêmophiles capables de vivre avec les températures entre 45 et 122 degrés. Mais cela reste trop élevé pour l'homme. La température moyenne à la surface de la Terre est d'environ 15°C.

    Néanmoins, l'indice de similitude avec la Terre de Tau Ceti e est assez élevé – 0,77.

    Dans l'ombre d'une naine rouge

    A 22 années-lumière de nous se situe l'exoplanète Gliese 667C e du système stellaire Gliese 667C dans la constellation du Scorpion.

    Des chercheurs allemands et britanniques supposent que ses conditions conviennent pour la vie. Sa masse fait 2,7 fois celle de la Terre. L'année y dure 62 jours terrestres, son rayon est 1,8 fois plus élevé. Gliese 667C e se situe dans la zone d'habitabilité, par conséquent l'eau liquide pourrait être présente sur sa surface. De plus, son étoile-mère supposée est une naine rouge et émet beaucoup d'énergie dans le spectre infrarouge (thermique), dû à quoi la température sur la planète est approximativement la même que sur Terre.

    Mais à cause des particularités de son orbite, une face de Gliese 667C est probablement très chaude, parce qu'elle est constamment tournée vers l'étoile. Et l'autre, au contraire, est très froide. Cependant, cela n'empêche pas considérer cette planète comme potentiellement habitable.

    Sept colonies possibles

    A 39 années-lumière du système solaire se trouve l'étoile TRAPPIST-1 autour de laquelle les astronomes ont compté sept similaires à la Terre avec probablement des réserves d'eau liquide. Tout font une taille terrestre et se situent assez proches les unes des autres – le diamètre du système planétaire ne dépasse pas 0,06 de la distance Terre-Soleil.

    Les chercheurs supposent que ces planètes doivent posséder une atmosphère assez dense avec une couche d'ozone protégeant la surface contre un rayonnement ultraviolet puissant. Les deux planètes les plus proches de l'étoile et l'une qui est la plus éloignée ne conviennent pas pour la vie à cause de la température. Sur les quatre options restantes le candidat le plus probable pour devenir la nouvelle maison de l'humanité est TRAPPIST-1 d avec un indice de similitude de presque 0,9.

    Le projet de Tsiolkovski

    En 2015, à l'aide du télescope orbital Kepler les chercheurs ont découvert une exoplanète très prometteuse dans la constellation de la Lyre – à 473 années-lumière de nous.

    Kepler-438 b est 12% plus grande que la Terre et environ 4 fois plus lourde. Les spécialistes supposent que la surface de la planète est rocheuse, et qu'elle ne se trouve pas trop près ni trop loin de l'étoile-mère, c'est-à-dire dans une zone habitable. Par conséquent, l'eau liquide pourrait être tout à fait présente sur Kepler-438 b.

    Toutefois, la température moyenne à sa surface est de seulement 3°C. Cela convient pour la naissance et le développement de formes de vie précoces, mais ce climat ne serait pas confortable pour l'homme.

    En même temps, d'ici à ce que l'humanité soit obligée de quitter la Terre, les technologies lui permettront certainement de s'adapter aux conditions aussi austères.

    «Le Soleil vivra encore près de 5 milliards d'années. C'est une immense période, et il est impossible d'imaginer quelle sera la civilisation humaine d'ici là. Mais je pense qu'il y a de grandes chances pour la colonisation d'autres planètes. Tsiolkovski ne doutait pas que l'humanité partirait dans l'espace et coloniserait le système solaire, puis au-delà. On l'appelle le projet de Tsiolkovski. Selon lui, l'humanité cherchera à se préserver quand la Terre ne sera plus habitable», a conclu Vladimir Kouznetsov.

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