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Un ordinateur à un prix imbattable doté de toutes les fonctionnalités essentielles, y compris multimédia, sans superflu imposé: c’est possible et ça porte un nom, Raspberry Pi. Certes, ce n’est pas pour tout le monde, mais les applications de cette drôle de machine pourraient vous surprendre. Sputnik vous dit tout sur l’ordinateur frugal.

Pour tous ceux qui font une indigestion de pomme, changez de régime fruitier et passez à la framboise. Face à des constructeurs informatiques proposant des modèles toujours plus puissants et design, Raspberry Pi propose une approche pour le moins spartiate de l’informatique: un ordinateur réduit à sa plus simple expression.

Une démarche à l’opposé des sociétés lucratives du secteur, qui entendent vous garder captif dans un schéma de dépendance technologique insidieusement imposé, reposant sur deux leviers. Le premier joue sur l’envie, du fait de la débauche de technologies toujours plus athlétiques –et intrusives–, faussant la perception d’obsolescence. Le second vous piège par l’habitude de consommation, avec la mise en place d’un écosystème à la fois ergonomique et aliénant, brouillant la frontière entre fidélité et captivité.

Raspberry Pi, c’est tout le contraire.

L’idée du projet est amorcée en 2009 avec la création d’une fondation pour enseigner l’informatique dans les écoles britanniques. En son sein, des personnalités du monde universitaire et de l’industrie informatique, notamment un certain David Braben, développeur passé à la postérité pour avoir conçu des titres comme Elite ou Dog’s Life, qui continue par ailleurs de travailler dans le secteur vidéoludique.

Le projet reposait sur un cahier des charges assez limpide: doter les écoles et lycées d’un ordinateur reposant sur l’optimisation de technologies anciennes –sans être préhistoriques pour autant– afin de servir d’initiation à l’informatique pour leurs élèves. Le lancement de la première série en février 2012 fut un réel succès, au point qu’il fut nécessaire d’envisager une orientation non prévue à l’origine, celle de son évolutivité.

En effet, le Raspberry Pi s’est développé au fil des années. Il est ainsi devenu plus compliqué dorénavant pour le profane de s’y retrouver dans une gamme variée s’efforçant de contenter plusieurs publics, alors qu’à ses débuts le propos était surtout de fournir à tous un matériel simple à brancher, à utiliser et à emporter. Sans omettre de préciser que toute une communauté s’est agrégée autour de ce nano ordinateur avec la création et la vente de périphériques non prévus à l’origine: citons pêle-mêle un bouton d’alimentation, un écran tactile, un hub USB, une plate-forme de capteurs et des coques.

Oui, des coques, car pour entrer dans les détails, cet ensemble informatique est une carte mère nue avec quelques ports de connexion, sans aucune protection. Spartiate, vous dit-on. Par exemple, le modèle de base RPi 1 Model B est composé d’un processeur sous architecture ARM, d’un processeur graphique Broadcom, d’une mémoire vive de 512 mégaoctets (de 256 mégaoctets à 4 gigaoctets selon le modèle), d’un port de carte SD et de deux ports USB 2.0 (de 1 à 4 selon les autres références). Le tout condensé dans une surface de de 85 X 56 mm (voire 65 X 30 mm pour la version lilliputienne Zero).

Hé oui, en contrepartie pas d’écran, de clavier ou d’alimentation fournie: il faut utiliser pour cela un câble avec sortie vidéo pour branchement sur moniteur et une prise électrique raccordée, il va de soi, à une source d’énergie. Mais ce minimalisme s’octroie un prix défiant toute concurrence: 35$ (soit 32€ environ). Aucun fournisseur de matériel informatique ne peut s’y frotter raisonnablement.

Et le système d’exploitation me demandez-vous? C’est à base Linux, sans trop de surprise, et appelé opportunément Raspbian (car dérivé de la distribution Debian), mais cohabitant avec d’autres systèmes d’exploitation selon les fonctionnalités attendues (tels RISC OS ou Windows 10 IoT Core). Preuve de cette volonté tenace d’être accessible, les fondateurs ont intégré l’interface de gestion NOOBS (New Out Of Box Software, l’acronyme renvoyant malicieusement à l’argot informatique pour désigner des novices), laissant ensuite les béotiens migrer ultérieurement vers Raspbian.

Concernant la connexion Internet, si elle n’était pas présente à ses débuts sur l’appareil, elle est désormais accessible en ses dernières versions et pour les premières peut être suppléée par un périphérique dédié (sous forme d’antenne). Alors oui, tout n’est pas parfait, car il faut des périphériques pour exploiter au mieux le Raspberry Pi comme un clavier, une souris, une centrale USB, un moniteur, une prise d’alimentation, etc. Mais en réalité, tout dépend ce que l’on en attend. Car pour répondre à la question: à quoi ça sert un nano ordinateur?

On peut y répondre de la façon, suivante: à tout!

Plus concrètement: avec un peu d’inventivité et de perspicacité, le Raspberry Pi peut servir à différentes applications comme une borne d’émulation pour anciens jeux vidéo; un centre de gestion de vidéosurveillance; un navigateur pour drone; un système de CAO connectée à une imprimante 3D ou encore en tant qu’horloge ou baromètre. Les possibilités sont très étendues, de l’application ludique à la recherche scientifique, en passant par l’automatisme industriel. Le principe est simple: pourquoi investir plusieurs centaines d’euros dans un appareil qui sera de toute façon monotâche et ne sera jamais exploité à plus de 50% de son potentiel dans le meilleur des cas?

On devine aisément les économies d’échelle, tant pour les administrations que les entreprises avec pareille approche. Et c’est bien pourquoi ce nano ordinateur progresse en de nombreux environnements, séduits par sa praticité à défaut de son esthétique. Joli cadeau de Noël pour geek, n’est-il pas?

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